‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 239 sur 388 · LES OFFICIERS DU PBEM1EH BATAILLON DU FIMSTÈRK AUX COMMISSAIRES · texte numérisé non relu

LES OFFICIERS DU PBEM1EH BATAILLON DU FIMSTÈRK AUX COMMISSAIRES

Au camp de Casscl, le 1" juin I7<j3, l'an 11 de ia Képublique française.

Citoyens reprcîsenlanls ,

La nature vient d'être ofTensi-'c, ses cris retentissent au fond de nos cœurs et nous ne pouvons goûter de repos jusqu'à ce qu'une réparation authentique n'efface ;i jamais i'outragc qu'on vient de iui faire.

Nous sommes français , nous sommes républicains , et , pour conserver toujours d'aussi beaux titres , il faut toujours en être digne.

Dans les siècles de barbarie, la férocité tenait lieu d'héro'israe ; dans le siècle de ia raison , l'humanité , la justice , la probité doivent toujours accompagner le courage.

Tels sont les principes de la majeure partie des défenseurs de la li!)erlé, vous pouvez le croire, citoyens législateurs. Mais, nous l'avouerons en frémissant, il existe parmi nous de faux frères dont l'âme vile et corrompue ne connut jamais ces élans sublimes, ce vertueux enthousiasme, fruits dn vrai patriotisme. Ce sont ces éties méprisables qui, foulant aux pieds tous sentiments de délicatesse et de générosité , ont commis cbez les malheureux haijilanls de Furnes les excès , pour ne pas dire les crimes, dont sans doute on vous a déjà fait le récit accablant.

!\ous ne vous retracerons pas ici un tableau (]ui fait saigner nos cœurs; nous serions cruels envers vous, nous serions ci-uels envers nous-mêmes. Les moments sont précieux, il ne faut pas délib :'rer, il faut agir. Des Français ne peuvent soutenir un instant l'idée d'êti-e mésestimés, même de leurs ennemis. Quand nous avons juré guerre aux lyi'ans cl h leurs satellites, nous jurâmes aussi paix aux chaumières et respect pour les propriétés. C'est donc autant pour remplir nos Ferments que pour notre satisfaction personnelle que nous venons déposer en vos mains, cilovens représentants, une somme de iC'j livres, dont h8 livres en uuméraii-c, destinée à réparer les maux causés aux infortunés habitants de Furnes, dans la journée du 3i mai dernier. Qu'elles voient au moins, ces malheureuses victimes de ia rapacité de quelques honmies pervers, que les Français ont toujours leur même caractère et que leur sollicitude s'étend , non-seulement sur leur patrie , mais aussi sur tous les bons citoyens du globe.

Puisse toute l'armée suivre notre exenq)le et puissions-nous faire dire aux habilanls de Furnes : nous nous sommes trompés, les Français sont toujours les mêmes, ils sou', dignes de la liberté.

Capelle, lieutenant-colonel; Filon, chef du bataillon; Escoffier, adjudant-major; Chasseraux; Jolly, capitaine; Mahiel', cliirurgien-niajnr; Gérond; Polliglex, capitaine; Raymond, capitaine; Vry, sous-lieutenant; Lecor aîné, lieutenant; Moyen, lieutenant; Roland, adjudant; Le Roix, lieutenant; Requet, capitaine; Legrys; Gallet; Auguste Brehier, lieutenant; Marchand, sous-lieutenant; Marteville, quartier-maître.

(Orij;. , Arcli. de la (;uerre. armée du Nord et des Ardcnncs.)

[i"jiiN 179.3.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. 305

GIIYVELDE, r'jLIN fj'j'i- PLACAnD IMPniMÉ SUIl LES EXCES COMMIS À FCRNES.

Du camp ic. GliyvoUlc^, le i" juin, l'an ii de Ja Uépubliquo française.

LE PETIT-FILS DU VÉRITABLE PÈUE nVCIIKSE À SES FnÈnBS D'ARMES, At; CÀill' DE GIIYVELDE.

Savez-vous, mes braves camaradns, que nous nous sommes permis quelque chose plus (juc de In licence dans notre expt^dilion de Fumes. Comment se persuader que des soldats r(^publicains aient pu commettre de tels excès? La posiérité aura peine à le croire. On aura beau dire que les Autrichiens se sont permis de grands excès lors de notre sortie de la Belgique, et double nom de Dieu, est-ce en en conuneltanl de pareils que nous parviendrons h faire respecter les principes de notre sainte et sublime Constitution? Nous ne pourrons ramener tel esprit égaré ([ne ce soit qu'en portant l'esprit de paix partout où nous irons. Je suis entièrement de l'avis de grand-père Voltaire, qui dit dans certain passage, it est brait, il esl ffrniid dfl/dtre des tiiffrats. Savez-vous, mes bons amis, que notre expi'dilion |)ouvail tourner au point de faire lever le siège de Condé et de Valenciennes; nous citions sûrs de prendre le même soir Nieuport et Oslende; jugez de (juel avantage cela serait à nos frères assii'gc^s, qui peut-être sont réduits à manger du cheval. Je ne vous en dirai pas davantage; il n'y a plus de bon Dieu pour la République si nous recommençons dans la prochaine rentrée. N'avons-nous |)as fait serment le plus inviolable de maintenir les propriétés, et nous allons piller de pauvres bougres, que si nous étions chez eux présentement nous aurions tout h meilleur marché, et nous ne serions pas à nous gratter au soleil. Tout cela ne doit pas s'accorder avec le cai'actère français.

P. S. J'oubliais de vous dire que les en(h-()its dans lesquels nous allons entrer font déjà partie de la République, sous lenom du (lé|)arlenient de Jemappes.

(Placard imprimé, Arch. de la guerre, armée du Nord ol des Ardonncs.)

BEnCUE.S, i" JUIN «793. nAPPORT DE CARNOT-FEUUNT

Page 1