‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 240 sur 388 · AD MIMSTRE DE I,A GCEIIRE SUR 1,'EXPÉDITION DE FURNES · texte numérisé non relu

AD MIMSTRE DE I,A GCEIIRE SUR 1,'EXPÉDITION DE FURNES

ABerguc», le i" juin 179.1, l'an i" ilc la République française nne el indivisible.

CABXOT, COMMISSAIRB DV CO\SEII, EïÉCVTIF À L'ARmÉE DU KORD, AU CITOÏES BDLCIIOTTB, IIIXISTRE DE LA GUERRE.

Citoyen ministre,

Lt première colonne <ie l'armée, aux ordres du général Stettenhoffcn , destinée à entreprendre une expédition dans la partie maritime de la Belgique, partit avant-hier à 1 1 heures du soir de Bergues, ayant à sa tête les représentants du ])euple que j'accompagnais , d'après leur réquisition, ainsi que je vous l'ai mandé

306 CORRESPONDANCE GENERALE DE CARNOT. [i-'juiMygS.J

le mônio jour. Après avoii' surmonte plusieurs cli(ricult(5s , fpi'pllc ronpontr.'i sur sa ron(c, celle colonne commença son atlaque au villajje de Bulscainj), à une lieue, de Fumes, vers G heures du malin.

Les postes que l'ennemi y occupait furent bientôt replids et il fut poursuivi jusqu'à Fnrnes, à travers fous les obstacles qu'il avait semés sur la roule, tant par la ru[)Uu'e des clieiiiins que par celle des ponts, avec la vivacité et la bravoure qui napjiarlient qu'à des soldats français et républicains. Arrivés devant cette ville, ils y déployèrent une nouvelle énerg-ie et ils l'emporlèrenl de vive force, sur les huit heures et demie, après une canonnade et une fusillade assez vives. Avec un peu plus de moyens, il eût clé facile d'établir un pont sur le canal de Loo. près de Furnes, et alors la garnison, qui était d'environ de 1,900 hommes, aurait été infailliblement prisonnière de guerre ; niais il fut impossible d'établir le pont avant l'évacuation précipitée de l'ennemi , sur lequel l'on ne fit (pie quclcpics |)risonnicrs.

Sur les dix heures et demie l'armée se remit en marche pour le poursuivre et s'emparer do Nieuport, ce qui aurait facilité pour aujourd'hui une expédition extrêmement avantageuse sur Ostende, mais à quelque distance de Fui'nes. la retraite fut ordonnée. Do retour dans cette ville avec l'armée, je me suis de nouveau rendu à Bcrgues , avec les représentants du peuple, qui instruisent le Comité de salut public de tous les détails de cette étonnante affaire. Je laisse aux généraux, citoyen ministre, le pénible devoir de vous en instruire vous même. Mon cœur saigne en songeant à ce qu'il était possible à cette armée de faire pour les intérêts de la Républicjue et à ce ({u'elle a fait. La valeur seule ne suffit pas à un soldat, quel que soit d'ailleurs son grade, pour faire de grandes choses; il est encore des vertus, moins brillantes peut-être, mais qui ne lui sont pas moins essentielles, pour assurer des succès et soutenir ainsi le sublime édifice de la liberté et du bonheur du peuple.

Le chef de bataillon au corps duffénie,

G. M. CAnNOT.

(Orig. nul., Arcli. do la guprrf, nrméc du Nord H des Ardcnnos.)

DUNKERQUE, l"jUIIN 1793.

nEQlTKTE DE LA MUNICIPALITÉ DE DUKKERQUE AL GÉNÉRAL O'MORAN.

La munici|)alilé jirie le général O'Moran de voidoir faire donner des ordres pour que les chevaux enlevés dans les environs de F'urnes, arrêtés et mis en fourrière, en vertu de la réquisition des généraux, soient noums des fourrages de la nation jusqu'à ce ((u'il soit statué sur la pi-opriété de ces chevaux.

Dunkerque, i" juin 1798, l'an n de la République.

Emmery, maire; Louis De Baecque, E. Amano Morel; le procureur de la commune, Varlet.

(Orij;., Aich. nnl., AF n 56, 187, 11° 8a.)

[i"niM793.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. 307

IlERCliKS, l" JUIN 1 71)3.

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