LE GÉNÉIIAL RICHARDOT AU GENERAL O'MORAN
Ghyvelde, ie a juin 1798, Tan 11 de la R(5j)ul)li([U0 française.
Mon général.
Je vous dirai que j'ai appris par le lieutenant-colonel Ruffin que le général Stellcnhoffen avait fait passer la réponse à Furnes par un trompette qui a passé h midi à Ilondschoote et tpii h h heures n'était pas encore de retour.
D'après vos ordres j'ai fuit partir sur-le-chaiiq) lui sous-officier et un trompette
C Le nom de ce colonel est fourni par une lellre da hii écrile au [jéncral O'Moran le 29 mai 1 71)3 ( Vicli. mit. , AF 11 55 , 1 85 , n" 375).
pour aller porter aux avant-postes ennemis la lollre des officiers inunicipan\ do Dunkerqiie.
Nous avons ce soir tiré quehjues coups de carabine avec la cavalei'ie hollandaise, mais le jeu a été court; ils se sont retirés sur-le-champ; personne n'a été lilessé ni tué. J'ig'uore si nous avons fait mal aux Hollandais.
D'après vos ordres, j'ai arrêté toutes les permissions pour demain, sans me .servir de terme de consij[ne, mais en parlant de revue jjénéi'ale.
Je n'ai pas osé re(jiiérir les chevaux des municipalités circonvoisines ; ce n'est pas de mon rcs.sort. mais j'ai requis le citoyen coiruiiissaire lléhert, rpii a fait son devoir et qui a aussi ordonné que les chevaux de Dunkerque rentrassent sur-lechamp.
J'apprends avec étonnement que le bruit court que nous avons perdu du monde, cpie l'ennemi nous a fait beaucoup de prisonniers et qu'enfin j'ai été obligé de replier mes avant-postes. Le bruit court aussi (pie le camp est en insurrection. Soyez tranquille, mon général, tout est faux, nous n'avons perdu personne, le camp est tranquille, la subordination y rèjfue au point (pi'on me ramène les chevaux volés , qu'on m'apporte partie des effets volés et qu'enfin , (piand je passe au camp, les gendarmes et volontaires sortent des tentes et courent se mettre en haie sur le front du camp. Cela m'est ari-ivé encore ce soir, étant avec le citoyen Morel et partant pour mon nouvel établissement, <pie je (piilterai, si vous le jugez à propos, pour reprendre le chenil oîi je m'étais mis, dans le(piel il m'était impossible de travailler, do manger et do dormir, mais je serai au camp demain de grand matin, on cas qu'il y ait du nouveau.
Je suis avec respect, mon général'''.
RiCIIABDOT.
(Orig. aut., Arcb. nat., AFu 55, i85, u° a85.)