AUX REPRÉSENTANTS DV PEIPLE COMPOSANT LE COMITE DE SALIT PUBLIC
Citoyens '",
Je vous envoie une pétition qui intéresse infiniment le commerce national et vous prie d'y donner toute votre attention.
Je vous rappellerai à cette occasion une proposition que je vous ai déjà faite et qui est de la plus haute importance, c'est d'envoyer deux ou trois frégates dans la mer Baltique pour prendre les vaisseaux anglais qui vont y chercher les matières nécessaires à leur marine. Ce coup paraît immanquable; il est très peu dispendieux et porte une atteinte mortelle à notre rivale. Je vous conjure de faire rechercher la lettre où je vous ai donné les d(;tails relatifs à cet objet; elle peut avoir six semaines de date.
Mon collègue Duquesnoy me mande aujourd'hui de Béthune qu'il y est malade et qu'il n'a pu aller jusqu'à Douai. Cela me paralyse, parce que nous ne pouvons rien faire d'important que nous ne soyons deux'-'; cependant le salut de la chose publique me force quelques fois à opérer
''' La date et les l'omiules jusqu'à ce présentant du peuple près l'armée du Nord ,
mot ciloyent sont de la main de Carnot. est malade et hors d'état de remplir sa
'*' Le Comité de salut public statua en mission, le (lomité arrête qu'il sera procès termes sur ia demande de Carnot dans posé à la Convention de le remplacer par sa séance du 19 juin 1798 : «Sur l'obscr- le citoyen Méaulle.n — Duquesnoy se révation faite que le citoyen Duquesnoy, re- lablit et resta à l'armée du Nord.
[lo Jim 1793.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. 3Si)
seul. Nous retrouverons difficilement l'occasion de tenter de nouveau l'expédition d'Ostende; les ennemis se sont renforcés considérablement. On assure qu'ils ont auprès de Loo , entre Furnes et Ypres ,7,000 hommes et i8 pièces de canon. Il faudrait faire de ce côté une puissante diversion en s'emparant tout à la fois d'Ypres et d'Ostende , chose très facile , si l'on voulait s'entendre; mais les généraux ne mettent point d'ensemble dans leurs opérations. L'égoïsme s'en mêle. La Marlière et Stettenhoffen , fort bons chacun en particulier, ne sauraient se souffrir; il serait important de les éloigner l'un de l'autre *".