ARRAS, 7 JCILLET 1793. CARNOT, DELBRKL ET DESACY
ADX ADMINISTRATEORS DU DEPARTEMENT DU PAS-DE-CALAIS
Arras, le 7 juillet 1793, l'an n de la République, une et indivisible.
LES REPRËSBSTANTS DU PEUPLE EXVOïÉs PRES L'ARMEE DU «ORD , AUX ADMINISTRATEURS DU DEPARTEMEXT DU PAS-DE-CALAIS.
Citoyens administrateurs,
Il est urgent d'organiser les tribunaux militaires. De cette organisation dépend le rétablissement de la discipline; et la discipline fait
de Dumouriez, dont il a manqué être la victime, loin de l'ébranler, l'ont plus que Jamais alfaclié à la République. Dans ces moments dilFiciles, il a arrêté l'effel de complots liberticides. A Poperinghe , à Fumes , il a vaincu à la tête de nos armées, et si un renfort arrivé à Fumes, sous d'autres ordres que les siens, a empêché par sa mauvaise organisation les suites de celte première victoire, il a du moins eu l'avantage de verser dans la caisse nationale 33,000 livres en numéraire pris aux ennemis, avec deux magasins de vivres; il a arrêté les brigandages de celte troupe indisciplinée et l'a fait replier à temps pour éviter un affront à la République par la perte totale de ce corps, composé en partie de gendarmes qui servent si mal la République.
(rLe général Stettenlioffen est le seul des officiers généraux qui ait fait prélever sur son traitement a5o livres par mois pour les frais de la guerre; et cependant il n'a que ses appointements pour toute fortune. Il demande punition s'il est coupable, juslice, rélialjililalion et retraite, s'il est innocent.
ftPar quelle fatalité, citoyens mes collègues, perdrions-nous la République par des destitutions sans nombre, sans cause et sans fondement? Camot, notre collègue, m'a dit bier vous avoir parlé de ce général et vous avoir démontré l'avantage pour la Républi([ue de l'employer pour la confiance générale dont il jouit. Le corps d'année
qu'il commandait , les aulorités constituées du pays , les citoyens soldats , les représentants du peuple auprès de cette armée, tous rendent justice à ses talents et à son civisme. Vous n'avez devers vous aucune plainte contre ce général , et sa suspension tient encore, et nos armées sans généraux se dissipent et s'anéantissent ; et le Comité de salut public voit ces malheurs sans y apporter remède. Il voit les prisons pleines de chefs, et il n'a pas le courage de les faire punir, s'ils sont coupables , ou de leur rendre une justice éclatante , s'ils ne le sont pas.
!T Citoyens collègues, si StettenholTen est coupable, livrez-le au Tribunal, mais s'il ne l'est pas et que sa suspension ne soit que l'effet de préventions mal fondées, soyez justes en récompensant d'après nos lois SCS anciens services et ne réduisez pas à la mendicité un citoyen qui a servi l'État pendant trente années et en faveur duquel tout se réunit.
«Ne croyez pas que ce soit pour cet individu que je vous écris. Je gémis de voir nos prisons remplies de généraux, d'administrateurs et de citoyens de toutes les classes, et aucun de jugé. Je vous écris pour tous : le salut public exige une bomie et prompte justice. Autrement point de République ni aucune espèce de gouvernement. itL. Le CoiSTKE.n
Le as septembre 1793 Laurent Le Coinlro écrivit à Carnol de presser le rapport sur le général Stelteiiiiolfen (Arch. do la guerre,
[yjLiL. 179.3.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. 379
la force des armées. Vous avez reçu une copie de l'arrêté que nous avons pris sur ce sujet, les deux premiers articles sont ainsi conçus :
«Article premieb. Au reçu du présent arrêté les administrateurs des départements du Nord et du Pas-de-Calais formeront une liste de vingt-cin(j citoyens dont ils connaîti'ont le civisme pur et désintéressé , les lumières, la capacité, l'intégrité et l'activité; ils l'adresseront, dans les vingt-quatre heures, par des ordonnances aux représentants du peuple près de l'armée.
«Art. 2. Sur cette liste de candidats ou en dehors, dans le cas où il serait jugé convenable d'en rejeter plusieurs de ceux présentés, les représentants du peuple nommeront quinze juges de paLx et deux accusateurs militaires avec le nombre de suppléants qui sera jugé nécessaire. r>
Nous vous prions, citoyens administrateurs, de ne pas différer de nous envoyer cette liste de candidats, vous en sentez et l'importance et l'urgence.
Salut et fraternité.