‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 317 sur 388 · OOST-CAPPEL, 8 JUILLET · texte numérisé non relu

OOST-CAPPEL, 8 JUILLET

FEllBAT, COMMANDANT DU 0° BATAILLON DE RHÔNE-ET-LOIRE , AU GÉNÉRAL O'MORAN.

Oost-Cappel , le 8 juillet 1 793, l'an 11 de la Républinuc , 1 1 heures du matin.

Mon générai,

J'ai été attaqué co matin à a heures sur tous les points de mon cantonnement. Tous mes postes ont été forcés , à rexception de celui (Ki moulin , (pii a résisté. Dans le moment de l'attaque l'ennemi est tondjé en très grand nombre sur le flanc gauche d'Oost-Cappcl ; la fusillade a été horrible et à bout portant. Enfin , après deux heures d'action, nous sommes parvenus à reprendre nos postes et repousser l'ennemi''*.

Je puis vous assurer que cette affaire a été terrible; on s'est battu avec acharnement, en plus grande partie homme à homme et à coups de sabre. Dans différentes maisons les Autrichiens se sont trouvés pêle-mêle avec nos volontaires.

L'ennemi a eunnené quatre voitures de blessés; ils ont laiss(î sur le carreau un ollicier, huit hommes tués ou blessés et trois prisonniers. De mon côté, j'ai un sotislieutenant blessé et environ vingt hommes de tués ou blessés , sans y comprendre dix ou douze du bataillon de fOrne '*'. Toutes les blessures sont mortelles. J'ai des hommes hachés à coups de sabre.

<'' L'aiïaire d'Oosl-Cappel donna lieu à doux I rails d'héroïsme. Lorsque l'ounonii attaqua le poste, il régnait un lirouillard épais. I,e capitaine Haberl , du 5° bataillon de Rhône-el-Ijoire, envoie à la dérouvorle le caporal Morel, qui, se heurtant presque aussitôt aux Autrichiens, s'écrie de toutes ses forces : r Capitaine, feu, feu sur l'eanemi,» et tombe percé de coups. A col appel le capitaine Habert rassemble sa compajjnie et dit à ses soldats : ttMes amis, voilà notre cimetière, il faut périr dans ce

relranchemont plutôt que de l'abandonner.» Il répond au fou de l'ennemi, se débat au milieu des Autrichiens qui le pressent, en tue trois, mais il allait périr accablé sous le nond>re, quand lo roslo de la garnison, éveillé par la fusillade, vint le délivrer, lui et SOS compagnons. (Arch. de la guerre, armée du Nord.) — C.f. la lettre de Carnot du 17 juillet 1793.

'*' Le 1" bataillon de l'Orne avait deux comp.ignios à Oost - Cappol , comme nous l'apprend la lettre suivante de son com-

[8 jciL. 1793.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. 385

Loin- projet ôtait dV'goi-jjer \o poslo. Ils ont âl^ conduits par un vojonlairn, qui m'est déserte hier matin; ils ont répondu à toutes les gardes sous le nom de 5' bataillon de Rhône-et-Loire. J'ai eu l'honneur de vous dire que le combat a eu lieu en plus grande partie, corps à corps. Mes volontaires ont arraché aux Autrichiens 3o ou 36 fusils.

Je viens de faire une patrouille dans Rousbrugge, il est actuellement libre; l'ennemi s'est replié dans les bois, siu- ma gauche.

J'ai l'honneur d'être , mon général ,

Le eomnumdanl du 5' bataillon de Rhône-el-Loire , Fkrrat '''.

P. S. Je viens de renvoyer le bataillon de l'Orne qui m'est venu renforcer. Dans le moment de la surprise, tout occupé du soin de rassend)ler mes volontaires, je n'ai pas eu le loisir d'écrire la demande de secoui-s que j'ai fait à ce bataillon. Je n'ai q\ie îles éloges à faire de la troupe qui est sous mes ordi'cs '*'.

On vient de m'apporter une sentinelle égorgée.

(Orig., Arch. liai., \Fii55, i8G, n' aig.)

mandant Fromentin, écrite de Roxpoèdc, le i8 juin 179.^, au général O'Moran (Orig. , Arcli. nal., AK u 55, 186, n" aôa) : (t Général ,

tr J'ai reçu votre ordre en date de ce jour, par lequel vous m'ordonnez de détacher a 00 hommes de mon bataillon pour occuper le poste d'Oost-Cap|)el et de les relever tous les cinq jours. Il m'est impossible d'effectuer cet ordre, n'ayant que 3ôo hommes, y compris les hôpitaux et les galeux. J'ai envoyé à ce poste deux compagnies suivant l'ordre que j'ai reçu ce matin du général Barthel ; je vous prie de me faire passer vos ordres ultérieurs.

» Le premier chef

du t" bataillon de l'Orne,

(tFbobïsti."».

(tA Rexpoède, le 18 juin 1798, l'an n de la République. B

(" Pierre-Marie Ferrât, né à l'ArbresIe (Rliôue) le a8 novembre 1764, soldat provincial en 1786, libéré le lOjuin 179a, soldat au 5* bataillon de Rhônc-cl-Loirc le

1" août 1793, capitaine au même bataillon le II (lu même mois, lieutenant -colonel commandant le 1 a' bataillou des volontaires nationaux le 11 septembre 179a, commandant de la place et du port d'Os- Icnde en mars i793(cf. Moniteur, xv,833), chef de bataillon h la 'l'i" demi-brigade le 1" vendémiaire an ni (aa septembre 179'!) et à la a a' demi-brigade le a 8 ventôse an IT (18 mars 179I)), chef de la aa' demibrigade, tué à la prise d'Ivice, au début de la campagne de Marengo, le aS mai 1800. (Cf. Victoire$ et conquête» de» Fronçait, VII, a/i.)

C Les administrateurs du district de Bergues adressèrent à la Convention, le 9 juillet, un rapport fait sur l'adaire d'Oost- Cappel par les capitaines Gérard et Gauthier, du 5" bataillon de Rhonc-el-Loire. (Copie, Arch. de la guerre, armée du Nord.) Je ne reprodids pas ce rapport, parce qu'il est dans des termes analogues à celui du commandant Ferrât et qu'il a été imprimé dans le Moniteur (xvii, 110).

CORRESPONDANCE GI^:m':RALE DE CARNOT. [9J111.. lygS.]

REXPOÈDE, 8 JUILLET 1793. GlITTON , ADJOINT ADX ADJUDANTS GÉNÉHAUX,

Page 1