ARHAS, 1 1 JUILLET 1793. DESACY AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Arras, le ii juillet I7g3, l'an ii de la République, une et indivisible. LES REPRésSNTÂXTS DV PEUPLE ENVOïÉS PRES L'ànUÉE DU NORD.
Citoyens nos collèg'ues,
Vous verrez jiîir la ietlre du gi'ni^ral O'Moran et la pièce qui y est jointe ''' que rarmi'e de 16,000 tioinmes qu'il commande a reçu la Constitulion avec allégresse, avec reconnaissance, et qu'elle a renouvelé le serment de maintenir l'uniU?, l'indivisibilité de la République, ou de mourir en les défendanf. La rapidité, l'unanimité!, l'enlhousiasmc , avec lesquels la Constitulion a été sanctionnée dans le Nord, avancent plus le règne de la liberté et la défaite de nos ennemis que le gain d'une bataille'*'. Dans cette ville, ceux qiù passaient pour indiflFérenls ont souscrit avec empressement, avec joie. Enfin les aristocrates eux-mêmes, perdant tout espoir et faisant de nécessité vertu , sont venus demander comme une grâce la permission d'émettre leur vœu.
Citoyens nos collègues , des pièces d'un autre genre , que nous vous envoyons , vous prouveront que l'énormit*! des dépenses, le»; dilapidations se portent jusque sur la guillotine et cpie l'exécuteur a aussi ses spt'culalions financières, ijioo francs pour faire faire (piel<|ues lieues h la guillotine! et celle machine ne coi'ite que 1,100 francs! Ne vaudrait-il pas mieux en faire faire plusieurs? Si ce n'était pas contraire à la loi (jui veut que la mort soit égale pour tous les coupables, si je ne trouvais pas moi-même que c'est trop d'honneur pour un trallre, pour un rebelle, de mourir de la main d'un soldat de la République, je vous proposerais de faire
(" Ces pièces datent du h juillet. Elles avaient été envoyi'es à (]arnot, qui rliargea son lollègue Desacy de les transmettre au Comité de salut public.
"' Le général Rirhardot écrivit, de Ghyvelde, le i5 juillet 179S, au général O'Moran, la leltie suivante (lour lui annoncer la proclamation de la Constitution H Berjjues (Arch. nat., AF u >J5, n" ,^>/i) : «rllier au soir, nous avons eu ici une
petite alerte, qui a été l)ient6t dissipée. La Constitution ayant élé unanimement et avec allégresse acceptée à Bergues, on l'a annoncée au peuple et à la frontière au bruit du canon. J'ai cru qu'Hondschoote était attaqué ; j'y ai couru , ainsi ([u à Oost- (iappel, mais c'est avec grand plaisir que j'ai appris que l'ennemi, sans oser nous attaquer, était témoin auriculaire de notre allégresse.»
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fusiller les énigrés pris les armes à la main. Ce serait une grande économie. Il est étrange qu'il en coûte si cher pour faii-e loinbei- de si mauvaises têtes '''. Quoi qu'il en soit, citoyens nos collègues, (ixez un prix au transport de la guillotine, ou prenez d'autres mesures pour que le supplice des émigrés pris les armes à la main ne soit pas si dispendieux pour la République'^'.
Salut et fraternité.
Desacv.
Au Comité de salut public.
(Ori;;., Ai-ch. iiat., AFii i48, 11° 87.)
(') Il s'agissait de l'exécution de deux émigrés français pris les armes à ia main et décapités à Cassel. Voici deux lettres écrites au général O'Moran par Berckem, délégué des représentants du peuple, et relatives à celte affaire (Orig., Arcb. nat., AFii56, 187, n" 1 et 2):
«Au camp de Cassel, le 97 juin 1798, l'an II de la République française.
«Le délégué de» représentmUa du peuple au citoyen O'Moran, général de dhision, (rtAloyen général,
irEn vertu de l'article 1" de la loi du 9 oclobre 1793, de l'article 3 du titre I" de la seconde partie de celle du a 5 septembre 1791, et de l'article 76 de celle du 38 mars de cette année, j'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien faire assembler une commission militaire composée de cinq personnes, pour juger les deux Français qui ont été pris les armes à la main. J'y produirai le procès-verbal de ceux qui les ont lait prisonniers, leurs réponses par devant témoins à mes interrogations, et y requérerai l'application de la loi. Ce pays, ayant besoin d'être rappelé à ses devoirs par la terreur du cbàliment, un exemple fra))pant sera de grande utilité a la République. Nous la servirons aussi de cette manière , général , comme nous aimerions lui être utiles l'un
et l'autre sous toutes les catégories possibles.
itLa République ou la mort
(T Berckem. 71
«Arras, le 6 juillet 1798 l'an 11 de la République.
nLe délégué de$ représentants du peuple au citoyen O'Moran, général de division, à Cassel.
tr Citoyen général,
ff Je viens de requérir au département du Pas-de-Calais la guillotine et l'exécuteur pour les deux émigrés qui sont en prison à Cassel ; à son reloue de Boulogne on ira la monter audit Cassel. Je crois qu'il convient , général , que vous fassiez une réquisition au district d'Hazebrouck pour tenir des fonds prêts à cet effet.
rrLa République ou la mort.
bBerckem.ti
trP. S. — Quoique jugement militaire, comme c'est exécution civile , si vous voulez tbarger la municipalité, cela vous évitera la peine de requérir. r>
On lit en têle : tt Requis la municipalité de Cassel de requérir le district d'Hazebrouck de tenir les fonds prêts. 1
W Ou lit en tête de la lettre : irReçu le 18 juillet. Insertion au bulletin. Renvoi au Comité de salut public, n
[la jii... 1793.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. 399 207. ARRAs, 19 JUILLET «ygS.
CARNOT ET SES COLLÈGUES AUX ADMINISTRATEURS DU PAS-DE-CALAIS. Arras, la juillet 1798, l'an 11 de la République.
Citoyens administrateurs.
Nous vous adressons ci-joint l'arrêté que nous venons de prendre, par lequel nous confirmons le vôtre du jour d'hier. Veuillez bien nous en accuser la réception.
Salut et fraternité.