CARNOT, DELBREL ET DESACY AU COMITÉ DE SALCT PUBLIC
Analyse. — Ils annoncent au Comité qu'ils vont transférer leur bureau central à Cambrai et exposent les motifs qui les y ont déterminés.
(Analyse, Arch. nat., AFii* i4i.)
[i6jiiL. 1793.] MISSION DANS LES DEPARTEMENTS DU NORD. /i05
CAMBBAl, 16 JUILLET l']^'i- LE GÉNÉRAL CUSTINE AC GENERAL O'MORAN.
Cambrai, ic 16 juillet 1798, l'an 11 de la Ri^piibliquc. LE GÉXBRÀL CVSTIXE ÀV GÉltBBAl (yUOHAX.
Le Comité de salut public de la Convention nationale vient de m appeler auprès de lui '''. En conséquence de cette résolution , le Conseil exécutif provisoire a donné au général de division Kilmaine ''' l'ordre de prendre le commandement des armées du Nord et des Ardcnnes. D'après cetle nouvelle disj)ositiou , vous reconnaîtrez en cetle qualité le général Kilmaine.
Le général en chef des armées du Nord et des Ardennes,
COSTWE.
(Orig. , Arch. naL, AFii55, 11° 89.)
"* Le gcncral Custine se rendit à Paris , où il fut mis en étal d'arreslalion dans ia nuit du 31 au 3J juilli'l 1798, par ordre du Comité de salul public. II écrivit alors la lellre suivanle au présidenl du Conseil executif (Orig., Arch. de la guerre, oorr.
gcn.) :
?;P«ris, le s9 juillet 1793, Tan II (le la République, une et iodivisible.
n Le général Ctuline au prétident du Conteil «xéculif.
<r Je reçois dans rinslanl, ciloyen président, riuvitalion du Conseil executif de me rendre à 1 heure au lieu de ses séances. Quelque dispose que je sois à m'y trouver, un obstacle s'y oppose. J'ai été mis cetle nuit entre 1 licure et 2 heures en étal d'arreslalion par un ordre du Comilé de salul public, à qui j'en écris. Je vous prie, citoyen président, de prévenir de cet incident le Conseil exécutif.
"tCroyez, mon ancien collègue, à mes scnlimeiils fraternels.
rCoSTINB.?!
'-' Charles-Edouard Kilmaine, né à Dublin (Irlande) le ig oclobre 1731, entré au service au régiment royal dragons en 177^, adjudani dans les volontaires étrangers de la marine en seplendjre 1778, souslieutenant de hussards au môme corps le 1" avril 1780 et au régiment de Lauzun le 1 h septembre 1783, lieuienant en second le ao oclobre 1786, capitaine le a'i mai 1788, lieulenaiil-colonel le a3 novembre 179a, colonel le 36 janvier 1798, général de brigade em[)loyc à l'armée de la Moselle le 8 mars 179.'?, général de division employé à l'armée du Nord le 1 5 mai 1793, commandant en chef provisoire des armées du Nord et des Ardennes le U juillet 1798, suspendu de ses fondions le 4 août 1 798 , commandant la cavalerie do l'armée des Alpes et d'Italie le 18 juin 1793 et celle de l'armée d'Angleterre le a3 décembre '797' (îénéral en chef par intérim de celle armée le a5 mars 1798, mort à Paris le 11 déceudjre 1799. — Kilmaine avait fait les campagnes du Sénégal en 1779 et d'Amérique de 1780 à 1788.
im CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [1701^.1793.]
BEnGUES, 17 JUILLET 179 3.
CAUNOT ASSISTE À DNE SÉANCE DU DIBECTOIRE DU DISTRICT.
Analyse. — Carnot assiste à la séance et écoule une discussion sur la question (le l'eau douce pour la ville. ffLe citoyen Carnot arrête le débat inutile à défaut de forme convenue et vient au fait, le moyen h indiquer par l'ingénicnr de fournir les eaux douces où le besoin est ie plus pressant. »
( Arcli. dép. du Nord, 1^. rcj;. du district de Bcrguns, fol. 98.)
217. lîElSGUES, 17 JUILLET 1793. CABNCT AU COMITÉ DE SALUT l'UBLIC.
Bcrgucs, le 17 juillet 1793, l'an 11 de la Répiililiqiie.
L. CAItXOT, nEPBÉSBfITAXT DV PEUPLE PnÈS L'ABMÉE DV NORD, AUX nEPBÉSENTAXTS DV PEUPLE COMPOSAIT LE COMITE DE SALUT PUBLIC.
Citoyens collègues,
J'ai reçu, à mon retour de Cambrai, la lettre par laquelle vous chargez les représentants du peuple près l'armée du Nord de prendre des renseignements, au sujet des offres que fait le citoyen Laffond, négociant à Dunkerque, de canons, boulets, mitraille, etc. Ces ressources m'étaient déjà connues; j'ai fait usage de ce qu'elles m'ont paru avoir d'essentiel, et je ne négligerai pas, dans la suite, ce qu'elles pourront encore m'offrir d'avantageux; mais il est bon de vous dire que je n'ai pas vu la nécessité d'acheter à un prix excessif loo pièces de canon de fer, lorsque toutes les côtes et places de cet arrondissement sont suffisamment munies de canons de fonte, que nous en avons beaucoup plus que nous ne pouvons nous procurer d'affûts, malgré l'activité qu'on met à en construire, et lorsque je sais que, sans acheter actuellement les pièces de canon offertes, je suis sûr de les frouvor au besoin. Il en est de même de beaucoup d'autres choses, que l'on peut regarder comme en dépôt chez les particuliers qui les possèdent et qui, je le sens, seraient fort aises de profiter des circonstances pour les vendre très cher.
Les procès-verbaux de la publication de la Constitution dans nos camps de Ghyvelde et de Cassel ont dû vous parvenir. On peut dire
[17JIIL. 1793.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. !i07
(|ue l'esprit de nos troupes est très bon maintenant. La petite affaire d'Oosl-Cappei, dont on vous a rendu compte, est vraiment une de celles qui prouvent le plus combien nous gagnons chaque jour en discipline. Il y a quelque temps que pareille aventure aurait porté le désordre dans tout(; la division. Au lieu de cela, on s'est secouru et rallié à merveille, et l'on a repoussé l'ennemi avec une vigueur qui a peu d'exemples. Il est très vrai qu'on lui a tué environ i 5o hommes, et que la perte a été de 3o à Ao'"'.
Les ennemis ont enfin mis Ostende sur un pied assez respectable. On ne l'attaquerait [)as impunément aujourd'hui sans des forces considérables. Ils y ont fait des retranchements fort bons, ont garni leurs remparts de Go pièces de canon, et la garnison habituelle y est de a, 000 hommes. Avant-hier 34 vaisseaux anglais furent signalés, entrant dans ce port.
Une expérience, imprudemment tentée en mon absence par des administrateurs du département du Nord, a réduit presque au désespoir 36 communes comprises entre Bergues et Dunkerque. Le port de cette dernière ville s'encombrant insensiblement, on a voulu donner des chasses d'eau de mer. Pour cela on les a laissées entrer dans le canal; elles se sont répandues dans les campagnes et les ont rendues inhabitables. Il faudra peut-être plus de quinze jours pour réparer ce malheur, qui a failli occasionner une insurrection cl empêcher l'acceptation de la Constitution, (pii devait avoir lieu le lendemain. Nous avons pris toutes les mesures possibles; j'ai envoyé jusqu'à Aire ouvrir les écluses, pour nous procurer les eaux douces de la Lys'-'.