L. Carnot
(Orig. aut., Arch. nal., DXV 6. n° lofi.)
GUYVELDE, 9 8 JL'ILLET 1793. LE GÉNÉRAL RICHARDOT À CARNOT.
Ghyvdde, le 98 juillet 179.3, l'an 11 de la République française.
Citoyen représentant ,
C'est avec regret et douleur que je vois que ma santé, au lieu de s'améliorer, s'aggrave. Pénétré de mes devoirs, je n'ai pas voulu m'arrêler un instant pour m'occuper de prendre les remèdes et le repos qui m'est nécessaire pour rétablir ma santé, qui est entièrement délabrée. Sentant que ma présence était nécessaire au camp et surtout aux cantonnements d'Hondschoote, oîi j'avais ordonné que les troupes campassent le a5, je suis monté à cheval le 36 à 5 heures du matin, j'ai fait la tournée générale de tous les postes, et j'ai été à Hondschoole examiner la position du camp et ordonner les changements que j'y croyais nécessaires. Je suis rentré chez moi à 9 heures du soir, ayant dans ma course essuyé un accès de fièvre qui m'avait duré huit heures. Depuis cet instant je suis exténué et ne puis pas me remuer. Je me force et fais tout mon possible pour remplir mes devoirs. Je ne puis
*" Le nom du destinataire n'est pas sur la lettre, mais il est vraisemblable qu'il s'agit du glanerai O'Moran, qui était k Cassel et avait Bailleul dans son commandement.
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CORRESPONDANCE GENERALE DE GARNOT. [ a8 .
pas me dissimuler que les instructions que je donne et les ordies (jue j'envoie ne peuvent pas rem|i]acei' ma prosence. En coiiscquence, je vous prie de me faire reni- •placer, afin que j'aie quelques jours à pouvoir re'tablir ma santé, que je me ferai toujours un devoir sacré de consacrer au soutien et aux succès de la République.
Non seulement je croirais manquer à mes devoirs, mais je croirais trahir la République, si je conservais un commandeineiit, dont ma santé ne me ])ermetpas de remplir les devoirs. Les désirs et l'intention y sont bien , mais la tête et les forces s'y refusent.
Je vous prie, citoyen représentant, de me faire relever, de m'accorder la grâce que je vous demande, et de me croire désespéré de suspendre, j'espère pour peu di; temps, les soins que j'ofli-ais de cœur et d'âme à ma république. Vous sentirez la justice et l'urgence de ma demande '''.
Salut et fraternité.
Le général de briffade ,
RlCHARDOT.
Vu les décrets des i5 et 19 juillet qui vienneut de me parvenir, fant-il continuer de distribuer les bulletins, ou voulez-vous que je vous les envoie pour que vous en puissiez faire vous-même la distribution? J'ai fait une inslrnctiou générale pour la défense du camp, ainsi qu? pour sa retraite, en cas de besoin, que j'ai délivrée à tous les officiers qui peuvent [être] chargés de cpielque posle important. Si vous le désirez , j'en ferai faire une copie générale que je vous enverrai.
(Copie, Ai'cli. liât., AF II 55, 11° 27.)
GUÏVELDE, 28 JUILLET 1793.
LE GÉNÉRAL RlCHARDOT AU GÉNÉRAL O'JIORAN.
Ghyveldo, io a8 juillet 1793, l'an 11 de la République française. Mon général,
Je me trouve si fort abattu que je ne puis pas me soutenir et encore moins marcher, un mal de tête continuel. Toutes ces raisons me forcent à vous prier de donner le commandement (pie vous m'aviez confié, soit au colonel Laroche, soit au colonel La Noiie'"', enfin à qui vous jugerez convenable. Dans l'état où je me
(') La maladie de Richardol était sérieuse, car ce général, arrêté le 6 août 1793, mourut dans la prison de ia Conciergerie le C mars 1794.
'■-> Josepli-François-Louis-Martlie, chevalier de iit Noue, né à Saint-Guiraud (Gers) ie 19 octobre 17 '19, sous-lieutenant au 1" dragons le 9 juillet 1 7G8 , lieutenant le 1" juin 177a, lieutenant en premier le 5 mai 1780, aide de camp avec rang de capitaine le 1" septembre 1791,
lieutenant-colonel au 5' régiment de chasseurs le 7 août 179a, chef de brigade le 7 avril 1793, destitué ie 5 septembre 1 798 , réintégré le a floréal an m ( 2 1 avril 1795). Il était neveu et aide-dc-camp du général René-Joseph de la Noue, qu'il défendit devant la Convention. (Cf. lettre de lui, du i5 octobre 1793, Arch. nat., W 37 1 , a6 , pièce n° 7). Il faut noter qu'il avait abandonné la particule nohiUairc et signait : Louis l.anouè.
[SojtiL. 1793.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD /i21
Irouve, il m'est impossible d'en remplir les devoii-s. Je me regarderais criminel, si je ne vous en avertissais pas. J'espère que quelques remèdes pris à propos, el surtout quelques jours de repos, rétabliront une saute entièrement délabrée et un corps épuisé et excédé de fatigue et qui, malgré tous ses désirs, ne peut plus servir utilement la République. J'espère employer si utilement les instants de repos que je collicilc auprès de vous, que sous peu j'aurai repris des forces et pourrai me dévouer entièrement au service de la République que j'ai adoptée et que je cbéris.
Il est bien douloureux poiu- moi de m'arrêler quelques instants. J'espère qu'ils ne seront pas longs, et, une fois rétabli, je clicrclierai à m'en dédommager en re- ])reaant un exercice el des devoirs qui sont sacrés pour tout franc et brave républicain.
Je vous prie, mon générai, de me nommer au plus vite un successeur, car je me tue inutilement, ne pouvant faire ([u'un service momentané et mal suivi et encore par voie de cori'espondance.
J'ai écrit au citoyen Carnot une lettre dont je vous envoie copie. Je lui envoie eulin copie de celle que je vous adresse'"'.
Il n'y a ici rien de nouveau; quelques fautes de discipline, mais l'ennemi ne se montre pas.
Je vous prie de me renvoyer le plus tôt possible l'instruction que je vous ai soumise. J'en ai provisoirement donne connaissance h tous les oUiciers supérieurs, en cas d'événement.
Je suis avec respect et fi-alernité, mon général.
Le ffciiéral de bri/fade,
RiCIIARDOT.
(Oiig., Airli. lint., AFiiââ, i85, 11° afi.)
CAMBRAI, 3o JLILLET IjyS.
LE UÉNÉRAL KILHAINE AU GÉNÉRAL O'MORAM.
Cambrai, le 3o juillet t7<)3, l'iin 11 de la Répul>lic|iic.
Je vous conlT're, citoyen général, le commandement général des troupes depuis Douai jusqu'à Dimkerque, je vous charge aussi de la sûreté des places qui sont
'" Le général O'Mor.nii n'pondit le a\P7. écrit à ce sujet parce qu'il connniira
même jour 38 juillet I79'i au ([l'uéral Ri- la tliselleoùje me Irouve en oITiciers f l'né-
rliardot (Arcli. nat. , AFn.56, rng. décor- rau\ el ipic je ne puis mn fixer partout,
respondance du (ji'uéral O'Moran) : fil ce que je vou<lrais pouvoir faire dans ce
sulllsait que vous uie rendiez compte de moment où tout parait coufiruier dans nos
l'i'tat dans lequel vous vous trouvez, sans environs un renfort considérable de la part
le faire au représentant du peuple Camol. do nos ennemis et auquel je ne crois pas
.Vràninnius 'y -iiU fort aise que vous lui cependant tout à fait.»
422 GORHESPONDAISGE GENERALE DE CARNOT. [3o jlil. 1798.]
dans i'étendue de la partie de la frontière conûée à vos soins. Vous veillerez à ce que celles qui seront menacées d'une investiture probable par les troupes ennemies soient pourvues de la garnison nécessaire h leur défense. Vous correspondrez avec moi pour tout ce qui concerne les deux divisions dont le commandement vous est confié, et vous pouvez vous transporter au lieu où vous croirez votre présence la plus nécessaire. Vous savez que le général Beru a le commandement particulier de la division de Lille. Vous m'annoncerez de suite la réception du présent ordre. Je vous préviens aussi que le générai Keating''' a ordre de se rendre pour prendre le commandement du camp de Ghyvelde; il vous rendra un compte immédiat.
Le général en chef provisoire (les armées du Nord et des Ardennes ,
JeNNIXGS KlLMAlNE.
(Orig., Arch. iiat., AF il 55, i85, n° 9.