AU NOM DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE
Du nierrrcdi 37 mars, l'un 11 de la République française.
Vu la réquisition des citoyens commissaires de l'administration provisoire du franc de Bruges, à l'efïet de faire arrêter tous les magasins appartenant à la République dans la ville de Bruges, la réquisition signée Jacob fils, président, et signifiée par le clerc-juré Charles Coopmans au citoyen Bonifacc, maître magasinier; sur l'assurance qui nous a été donnée par le citoyen Petitjean '^' que les magasins ont en effet
C François Peliljean, né à 'foui (Meurthe) en I7'i6, avocat avant la Révolution, devint commissaire-ordonnateur des guerres en 179a, fut accusé de dilapidalions par Cauil)on, traduit, avec Malus et d'Espagnac, A la l)arre de la Convention le 32 novembre 179a {Monileur, xiv, 550 et r)5i), cl, malgré ses explications, décrélé d'arrestation le 5 décembre suivant. La Convention, par un décret rendu le 9 janvier 1798, conformément aux rapports des comités de la guerre et des finances, déclara (|u'il n'y avait pas lieu à inculpation contre Peliljean. Celui-ci fui alore envoyé à l'armée du IVord. Dénoncé par le conseil
général de la commune de Cambrai le 16 août 179.3 (Moniteur, xvii, A 17), il fut de nouveau décrété d'arrestation le 29 du même mois (Id., 5a5). L'année suivante il comparut devant le tribunal révolutionnaire et fut condamné à mort le 1 8 floréal an n (7 mai 179'!), comme complice de Dumouriez et convaincu de la dilapidation des deniers dj la République. (Cf. Arch. nat., W 36o, 769.) — La probité de Petitjean était suspectée, mais ses talents administratifs étaient reconnus. (Cf. A. Chuquel , Jemappes , 1 63.) Le représentant Gasparin écrivit à ce sujet, le 11 avril 1798, une curieuse lettre à Cambon (orig. aut.,
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été retenus par les ordres de l'administration provisoire du franc de Bruges et que les commissaires des guerres et garde -magasins de la République ne se sont sauvés qu'avec beaucoup de peine de cette ville, qui a manifesté sa haine pour la liberté en se hâtant d'en détruire les signes.
Nous, commissaires de la Convention nationale, considérant que la, conduite de la ville de Bruges décèle la trahison la plus noire et la déloyauté la plus coupable, autorisons le général en chef de l'armée de la Belgique à faire porter sur la ville de Bruges une force suffisante pour faire enlever tous les magasins de la République, à lever une contribution de deux millions de florins sur ladite ville et à prendre pour otages tous les membres de l'administration provisoire et tel nombre d'autres citoyens qu'il jugera convenable.
Fait à Lille les jour et an que dessus.
Delacroix, Gossuin, Merun (de Douai), Treilhard, Robert, Carxot, Lesagk-Senault.
(Copie certifiée conforme par Gossuin et Robert, Arcli. nat. , AF ii iSi, ii° 83.)
Arcb. de la guerre, amiée du Nord et des Ardennes) :
Lille , le 1 1 avril l'an it.
nGasjiarin à ton ami Camhon.
» Je le prie instamment de me marquer, courrier par courrier, ton opinion sur la probité de Pctitjoan. Si tu ne crois pas à un grand inconvénient de l'employer, nous serions bien soulagés, car c'est ici le seul homme qui aille et qui ait la clef de toute la situation.
«La tn'sororie nationale met des obstacles aux payements des charrois, à raison des marchés passés avec la compagnie Masson, qui ne peut pas fournir à tout. Tâche de faire entendre que nous ne sommes pas dans un temps ordinaire et
que nous avons besoin de tous nos moyens.
(t Fais-nous envoyer des olliciers gé'néraux et d'état-major pour reuiplacer les traîtres, et tâchez d'en avoir de bons. Nous les veillerons, mais il nous faut une grande purg.ition.
trje suis bien aise (|ue tu sois du Comité de salut public. Le général Dampicrre a besoin d'un second un peu plus militaire que lui; il est solide en patriotisme, mais faible en talents. Adieu , mon ami , je m'adresserai toujours à loi avec la confiance d'un vrai républicain.
«Gaspabin.
ir Au citoyen Cambon , député à la Convention nationale, du Comité de salut public, à Paris."
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [-28 m*rs 1798.]
19. LILLE. 38 MARS lygS. CARNOT ET SES COLLÈGDES À LA CONVENTION.
Lille, 98 mars 1798, l'an 11 de la République.
LES COMMISSAIRES DE LA COKVENTWy NATIONALE À LEURS COLLÈGUES COMPOSANT LA COXYEtlTlON NATIONALE.
Citoyens nos collègues, les circonstances nous ont forcés à prendre les deux arrêtés dont nous nous empressons de vous donner connaissance ; ils sont relatifs à des mesures de sûreté générale. Nous en surveillons la prompte exécution.
Delacroix, Gossuin, Robert, L. Garnot, Lesage-Senadlt.
(Oiig., Arch. nat.. AF 11 a3i, n° 81.)