lille, 98 mars
cabnot et ses collègues au comité de défense générale.
Lille, 28 mars 1793, l'an 11 de la Republique.
LES COMMISSAIRES DB LA CONVENTION NATIONALE PRES L'ARMEE DE LA BELGIQUE AV COMITÉ DE DEFENSE GÉNÉRALE BB LA CONVENTION NATIONALE.
Gitoyens nos collègues,
L'état politique et militaire de cette partie de la frontière devient de plus en plus inquiétant : partout de la tiédeur, partout des gens sans aveu qu'on dit envoyés par Londres, Vienne et Berlin. Les citoyens Dubuisson, Proli et Pereyra, tous trois commissaires envoyés par Le Brun'^', nous ont laissé sentir que les dispositions de Valenciennes
O Ces trois commissaires avaient été envoyés par le ministre des affaires étrangères Le Brun pour surveiller Dumouriez.
Ils avalent eu, à Tournai, les 26, 97 et aS mars 1798, des conférences avec ce général. Ils en avalent dressé un procès-verbal qui fut lu à la Convention dans la séante du 1" avril. La veille le Comité de défense rrénérale avait ordonne l'arrestation de ces
commissaires. (Cf. Aulard, II, Sga, et III, 1 ). Sur la réclamation du ministre Le Brun la Convention déclara, le 5 avril, qu'elle était satisfaite de la conduite de ces citoyens. — Paul-LIric Dubuisson, né à Laval (Mayenne) en 17/16, auteur dramatique, Pierre-Jean-Bcrthold Proli, né à Bruxelles en 1752, lils naturel du prince de Kaunilz , et Jacob Pereyra , né à Rayonne
étaient telles que peut-être elle ne ferait pas de résistance. Ils ont ajouté que Dumouriez devait évacuer Tournai ce soir, que déjà Mons et Namur étaient abandonnés, enfin que le projet du général était de jeter son inonde dans les places et de ne conserver en corps d'armée que 8,000 hommes, destinés à inquiéter l'ennemi entre les villes*".
Vous parlerons-nous particulièrement de Lille? Vous dirons-nous que dans le moment actuel il ne se trouve pas ici 3oo volontaires nationaux soldés pour toute garnison? Faudra-t-il que vous appreniez qu'au milieu de cet orage nous sommes occupés matin et soir à empêcher l'explosion du complot qui a attiré notre présence ici? Oui, citoyens, il faut que vous sachiez tout cela, il faut que vous connaissiez dans toute leur étendue les malheurs qui menacent notre patrie. Nous avons fait arrêter cette nuit deux agents présumés de l'Autriche , nous allons les interroger et prendre les mesures les plus rigoureuses pour écarter de cette ville tout ce qui pourrait alarmer les habitants, en exposant la place aux dangers de la trahison '^'. Vous pourrez vous faire
en 176.3, furent tous trois condamnes à mort avec Hébert le 94 mars lygi. ((".f. Moniteur, XX, 17, et A. Chuquel, La Irahitnn île Diimnuriez, i'i7-i.î3.)
(" Dans leur procès-verbal du 3i mars Dulmisson, Proli et Pereyra racontent en ces termes leur entrevue avec les commissaires de la Con>ention :
ff Proli et ses collègues rencontrèrent à Lille les députés Delacroix, Robert et Oossuin. Sans leur développer toutes les pensées cruelles qui les agitaient, ils leur firent entendre que le salut public demandait que la ville de Lille fût à l'instant déclarée en état de siège et qu'ils la surveillassent exactement; qu'il était d'une importance majeure d'en faire autant pour toutes les places frontières, que défendrait mal l'armée en partie dispersée, ou à la disposition d'un liomme qui, d'après trois jours de conversation, leur paraissait devenu très dangereux au salut de la République. Les députés parurent le considérer dans ce sens et même énoncèrent le désir (|u"ils avaient déjà eu de lui envoyer l'ordre d'aller se reposer à
Paris.i (Cf. Moniteur, XIV, ai.) Comme on le voit , il n'est pas question de Valenciennes dans ce récit.
^' Cette lettre se trouve analysée dans le registre d'enregistrement de la correspondance du (Comité de défense générale (Arcb. nat., AF* 11 lili), l'analyse résume non seulement la lettre, mais les arrêtés pris par les représentants. Voici celte analyse, que nous donnons comme un spécimen intéressant de la manière dont on enregistrait et analysait les lettres reçues par le Comité :
ff Delacroix, Gossuin, Robert, Camot et Lesàge-Senault annoncent que l'état politique et militaire de la frontière est des plus inquiétants, que Lille est remplie de gens sans aveu, qu'ils ont pris plusieurs arrêtés dont ils envoient copie pour faire arrêter les nommés Joubert, Claisens, Wandeuelle, pour faire rejoindre leurs drapeaux sous vingt-quatre heures à tous les volontaires qui en sont absents, pour que le général dirige des forces contre la >ille de Bruges, qui a décelé la Iraliison la plus noire.»
36 CORRESPONDANCE GÉiSÉRALE DE CARNOT. [a8 mabs 1793.J
dire par Le Brun quel est le degré de confiance qu'on doit donner aux trois commissaires dont nous venons de parler.
Delacroix, Gossuin, RoBEnr, L. Carnot, Lesage-Senault.
(Oiig., Arch. iiat., AF ii aSa, n' 76. — Publiée par Aulard, II, 695, à la dale du 3i mars 1793, d'après le «rond rapport ries commiêsaire» en Belgique, p. 899 '•''.)