‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 363 sur 388 · CASSEL, 1" AOÛT 17^3. CAnNOT À SES COLLÈGUES, À LILLE · texte numérisé non relu

CASSEL, 1" AOÛT 17^3. CAnNOT À SES COLLÈGUES, À LILLE

Cassel, i" août 1798, l'an 11 de la République.

J'arrive en ce moment de Dunkerque et je reçois avec le cœur navré la confirmation de la malheureuse nouvelle de la prise de Valenciennes"'. On m'assure que les ennemis se portent sur Maubeuge. Aiflsi, comme vous voyez, on a bien fait de s'y approvisionner. On vient de me remettre un ordre donné en vertu d'une de vos réquisitions et dont l'objet est de faire rétrograder sur Lille toutes les voitures qui cheminent vers Dunkerque. Il y a sans doute quelque malentendu dans cet ordre qui arrêterait tout court toute espèce de commerce intérieur et priverait nos armées des effets d'habillement et équipement les plus indispensables. D'ailleurs vous sentez que les représailles porteraient les habitants à arrêter les subsistances qu'ils envoient à Lille et qui couvrent les routes. C'est une guerre intestine qui soulèverait les esprits. Nous avons bien assez des ennemis du dehors.

De quoi s'agit-il? D'empêcher que les denrées désignées comme de première nécessité par la loi sur jps nrfjiparemonts ne sortent de la

Cl Le général Kilinaiuc annonça la priMde Valenciennes à ses frères d'armes par la proclamation suivante datée de Cambrai, le 1" août 1793 (Arch. de la guerre, armée du Nord, reg. XIII 61», fol. 66 v") :

«rCitoyens,

ffLa ville de Valenciennes est au pouvoir des satellites du despotisme. La courageuse garnison qui la défendait a, même dans ses revers, bien mérité de la pairie et montré [ce] qu'elle était en subissant la loi du vainqueur.

T Annoncer des perles aux soldats français, c'est électriser leurs âmes et doubler leur énergie; c'est leur offrir l'alleniative ou de venger dignement la République ou de s'ensevelir avec gloire sous les ruines de la liberté. La fermeté dans les revers présage une victoire et l'adversité ôte aux esclaves ce qu'elle ajoute aux hommes libres.

r Le général en chef provisoire

des armées du Nord et des Ardetines

irKitmiiiB. i'

/.;](; CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOÏ. [i" aoCt 1793.]

Kt-piibliqup par le port de Diuikfrquc J'ai donné et réitéré à cet égard les ordres les plus sévères et enfin je vous assure qu'en revenant de Dunkerque tout à l'heure j'ai à peine rencontré quatre voitures chargées îjUant à Dunkerque et je doute qu'elles vinssent de Lille. Je viens de donner la réquisition la plus forte pour vous procurer des subsistances en oubliant nos propres besoins. La force armée va se mettre en campagne; on va faire des visites domiciliaires partout. Chivaille est à la tête, chargé de l'expédition, avec toute la latitude de pouvoirs dont il a besoin. Je crois que nous pourrons vous envoyer du blé. Pour de l'avoine, n'y comptez pas. Vous savez que ce pays n'en produit point ou très peu et qu'on la tire du côté de Cambrai. Je vous ai déjà dit que nous allons donner du pain de seigle à nos chevaux , trop heureux si nous pouvons en avoir. Je crois qu'Arras pourrait vous procurer quelque secours. Au moins devriez-vous y envoyer toutes vos bouches inutiles et tous les chevaux qui ne sont pas indispensables au service. Il n'y a pas un seul instant à perdre; c'est la seule mesure qui puisse vous sauver.

L'expédition de Chivaille durera au moins dix jours, car il doit passer par Aire, Saint-Venant, Hesdin, Saint-Pol et Arras, pour ramasser tout ce qui s'y trouve.

Voire collègue,

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