‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 369 sur 388 · L. Cahnot · texte numérisé non relu

L. Cahnot

P. S. Si vous voulez des cloches, nous vous en ferons passer tant que vous voudrez.

(Copie, Arcli. liât., AFiia33, ii" 161.)

■236. CASSEL, li AOÛT

CARNOT A LHSAGE-SENAULT.

Cassel, le 4 août 1798, l'an 11 de la République.

C'est avec bien de la satisfaction, mon cher Lesage, que je vous annonce le succès de nos recherches pour vos approvisionnements. Chivaille a fait des merveilles et dans peu de jours vous aurez du blé. Quant à l'avoine, elle est d'une rareté extrême ou plutôt il n'en existe point du tout. J'ai aussi fait filer de Saint-Omer sur Lille une certaine quantité de foin.

Il y eut hier dans cette dernière ville une expédition. Un vaste plan de conjuration ayant été découvert et les preuves en ayant été remises au Comité de salut public, Billaud-Varenne'" et Niou*^', nos collègues, furent envoyés pour faire mettre en état d'arrestation les personnes prévenues'^'. Il s'en est trouvé quinze à Saint-Omer. Aujourd'hui ils

''' Jacques-Nicolas Bitlaud de Varenne , ne à la Rochelle le 28 avril 1756, oratorien, puis homme de loi, député de Paris à la Convention , membre du Comité de salut public du 5 septembre 1798 au 3i juillet 1794, déporté à Cayenne le 1" avril 1795, mort à Port-au-Prince le 3 juin 1819.

'*' Joseph Niou, né à lîocbefort le 6 janvier 1749, ingénieur de la marine, député de la Charente-Inférieure à l'Assemblée léj;islative et à la Convention, membre du Conseil des Anciens, mort à Paris le 3o mai

'' On lit à ce sujet dans le procès- verbal

de la séance du Comité de salut public du 29 juillet 1798 :

ffSur la communication d'mie lettre et autres pièces données par un citoyen , lesquelles sont relatives à un complot tramé contre la sûreté de la République, le Comité a arrêté :

tt 1° Qu'il serait envoyé sur-le-cliamp deux commissaires avec un secrétaire qui parle anglais, lesquels commissaires sont chargés de se rendre sur-le-champ à Saint- Omer, Dunkerque, Lille, Boulogne, Arras et Cambrai , pour y faire toutes les reclierches nécessaires, mettre en étal d'arrestation toutes les personnes suspectes et faire

[tt AOÛT 1793.] MISSION DANS LES DÉPAIiTEMENTS DU NORD. hliS

font ia même expédition à Dunkerque. Le fond de cette affaire vous sera connu par les journaux, mais j'ai voulu vous prévenir en deux mots de ce qui avait eu lieu à Saint-Omer, parce que je sais qu'on fait là-dessus les contes les plus ridicules. Nos collègues m'ont communiqué le plan de conjuration remis au Comité de salut public. Il embrassait la République entière : assassinats, incendies, trabisons, rien n'y était épargné. Elle devait avoir lieu du 1 5 au 20 de ce mois. Salut et fraternité.

(Orifj. aul. , Archivas (In Nord, série L, liasse iJii5. — Publiée dans La Défense nationaU dnnsle y'ord de i-jtjt> à igoa, par Paul Foncartet Jules Finot, t. I, p. 6 1 5.)

237. CASSEL, !i AOÎT 1793. CARIVOT AU COMITÉ BE SALUT PUBLIC.

Cassei, le 4 août 1798, l'an 11 de la République.

I. CàRKOr, RBPKÉSEXTAKT DC PEUPLE , BXVOïÉ PnÈS L'ABUÉE DV NORD, ÀVX nEPliÉSEXTAXTS DV PEVPLE COMPOSAXT LE COHITB DE SALVT PUBLIC.

Citoyens collègues,

Je vous envoie plusieurs arrêtés pris par moi; ce sont des affaires de détail.

Nous avons tremblé pour Lille, qui était entièrement dépourvue d'approvisionnements. J'ai requis la force armée pour faire passer dans cette ville tout ce qu'on pourrait ramasser dans les districis de Bergues et d'Hazebrouck, en laissant à cliacun pour buit jours de vivres. Cette mesure a eu le plus grand succès; on a trouvé que partout les déclarations faites en vertu de la loi du i mai étaient on ne peut plus infidèles, quoique recommencées jus([u'à quatre fois. Dix bussards ont produit en \ingt-(|uatre beures plus que toutes les réquisitions depuis trois mois. Enfin si les ennemis n'ont pas cerné Lille avant buit jours, ils la trouveront approvisionnée complètement. Je voudrais bien

apposer les scellés sur leurs papiers qu'ils extraordinaires les ordres nécessaires pour

feront apporter à Paris. Les commissaires la plus exacte surveillance de tous les ports,

iionmiés pour celte expédition sont Biliaud- magasins et établissements de la Républi-

Varenne et Niou. que, et prévenir les incendies que les

"3° Tous les miuislrcs sont chargés de malveillants tenteraient d'allumer.» (Cf.

donner -inr-ln-rhamp par des courriers Aulard, V, ^ii3.)

!ih!i CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [4 août lyçiS.J

pouvoir en dire autant de Maubeuge; on la dit dans ia plus grande pénurie. Ce n'est pas ma faute; j'ai assez dit et écrit que les ennemis se porteraient sur Maubeuge et qu'il fallait que cette ville regorgeât de subsistances.

On prétend maintenant que Valenciennes s'est très bien défendue; je n'en crois pas un mot.

Billaud-Varenne et Niou remplirent hier avec succès la mission dont vous les aviez chargés; ils sont aujourd'hui à Dunkerque pour continuer leurs opérations. C'est à eux de vous en rendre compte.

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