‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 379 sur 388 · L. Carnot, Le Todrneor · texte numérisé non relu

L. Carnot, Le Todrneor

(Copie certifiée par le secrétaire général du déparlement du Pas-de-Calais, Arcli. n.it. , AKn 289, n" 25/1.)

AHRAS, lA AOÛT 1798. CARNOT REPART POUR PARIS.

[On lit dans «ne lettre de Le Tournenr écrite d'Arras le 16 août lygS à ses collègues à Lille, publiëe par AL Paul Foucart dans La Défense nationale dans le Nord, II, 7, d'après les Archives du Nord, série L, liasse 1 4i 1 :]

Depuis (jue Levasseur '^' est parti , Carnot est venu nous voir. Nous avons été

réception do votre lettre, et que je ne néglijjerai aucuns moyens de mettre dans la plus grande activité les armées du Nord et des Ardennes.

r Le général en chef,

(tHoUCBABD.»

Le ministre Boucbolte lui avait répondu, le 8 août :

«Le Conseil, en vous nommant, n'a suivi que sa conviction que vous étiez attaché au système populaire. 11 attend de vous des elVorts qui puissent consoler la Patrie des perles qui l'ont aiïligée. J'ai lu

avec bien de la satisfaction l'expression de votre dévouement à la Répid)lique. Montrez aux autres peuples que les sans-culottes, qui ont le désir bien naturel d'un meilleur gouvernement, ont aussi en eux les moyens de raffermir.»

(" Emmanuel-Pierre Le Tourneur, né à Bonnétable (Sarihe) le iC janvier 1755, marchand drapier, député de la Sarthe à la Convention, mort à Paris le 17 mars i83o. 11 avait été envoyé à l'armée du Nord le ai juillet 1798. (Cf. Aulard, V, 3a5.)

'^' René F^evasseur, né à .Sainle-Croix

[i5 AOÛT 1793.J MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. /i53

ensemble au quartier général nous concerter avec le général. Sa commission était expresse et il partit avant-hier soir pour se rendre au Comité de salut public. Si le Comité a adopté les mesures qu'il a proposées au général et que Vernon'"' et le général de leur côté avaient arrêtées et qui se sont trouvées parfaitement semblables , nous ne tarderons pas à voir la Belgique.

viTRY, i5 AOÛT 1793. '•

Li; COMMISSAIRE ORDONNATEUR l'ETlTJEAN À CAH.NOT.

Au quartier /jôin'-riil dn Vitry, ie i5 août 1793, i'an II (le la Bépuliliquc, une et indivisihlp.

LE COMMISSAIRE ORDO^XATEVII EN CHEF iV CITOÏES CAHSOT, IlEPIlÉsEyTAXT DV PEVPLE AUPRES DE L'ARMEE DU XOUD.

Je désire bien sincèrement, citoyen représentant, vous faire connaître l'état au

(Sarllie) le 27 mai 17I7, cliirurgipii, adininistraleur du disirici du Mans eu 1791, député de la Sarltie à la Convention, niorl, au Maris le 18 septembre i834. Il avait été envoyé à l'armée du Nord le a 1 juillet 1793, en même temps que son collègue Le Tourneur. Des Mémoirei ont été publiés sous son nom.

'" Simon-François de Gay de Vemon, néà Saiul-Léonard (Haute-Vienne) le -iti novembre 1760, élève à l'école de Mézières le 1" jauvior 1780, lieutenant en 1" le aG juin 178.5, capitaine le 1" avril 1791, adjudant général chef de bataillon le 1 4 janvier 1793 et chef de brigade le 3o avril suivant, suspendu le 17 seplenihre ) 798, sous-direrleur des éludes à l'Kcole polytechnique en 1 798 , connnandant en second de celle école le 1 8 octobre 1 8o4 , baron de l'Empire le 18 mai 1811, retraité le 96 avril 1819, adjudant-ronmiandant le i" avril i8i3, commandant de la place de Torgau en i8i3, chevalier de Saint- Louis le ta novembre 1817, maréchal de camp honoraire le 17 du même mois, mort à l'aris le 3 octobre 189a. — ■ Gay de Vernon avait écrit de Oamhrai , le 3 août 1 798,

Xavier Audouin ( \rrli. adni. de la fiuerre) :

rr Je ne puis vous exprimer la douleur que je ressens de la prise des places de Valenciennes et Maycuce. Je ne sais pas les raisons qui ont fait rendre la dernière, mais quant à Valenciennes , j'avais dit qu'elle tiendrait encore six semaines et certes j'étais bien fondé à le dire, car elle a été rendue sans que les chemins couverts aient été défendus et sans qu'il y ail eu brèche et assaut au corps de place. Il parait évidemment que la reddition de cette iniporlanle place tient à ce que la garnison s'est mal di'fendue cl que les habitants se sont conduits en scélérats. En outre la maladie faisait un ravage dans nos troupes : la mauvaise défense vient de l'ignorance des ofliciers qui ne savent rien. Si les habitants de Valenciennes avaient été des républicains, la place aurait tenu un mois de plus : ce sont des misérables qui méritent vengeance nationale.»

On voit ([ue Gay de Vcrnon était d'accord avec Garnol sur la reddition de Valenciennes. D'ailleurs l'opinion des contemporains fut généralement défavorable aux défenseurs de celte ville. Il est juste de rappeler que la Convention déclara, par son décret du 19 vendémiaire an iv (1 1 octobre 1795), que Valcncieimes avait bien mérité de la pairie.

fi5i CORRESPONDANCE GENERALE DE CARNOT. [i5 août 1798.]

vrai (le notre armée , afin que vous puissiez en rendre compte au Comité de salut public <■'.

Le comité des subsistances trouve mauvais de ce que je ne lui ai point écrit depuis mon départ de la capitale ; il est mécontent de ce que les approvisionnements n'ont pas été remplis aussi promptement que je l'avais l'ait espérer, et même promis. En prenant la peine de lire les arrêtés du département de l'Aisne, les comités s'assureront des entraves continuelles que j'ai rencontrées pour faire arriver à l'armée notre subsistance journalière. Les représentants en ont été si frappés qu'ils se sont déterminés à appeler auprès d'eux les commissaires des départements de la Somme, du Nord, de l'Aisne et du Pas-de-Calais.

Ces administrateurs réunis, les représentants ont pris l'arrêté du 3i juillet; ils j)ouvaient se llatter de son exécution dans le délai prescrit, les admiuistratem's ayant reçu sui'-le-cbamp les 100,000 écus qu'ils avaient demandés pour acheter du blé. J'ai envoyé aux départements la répartition que j'ai faite des blés promis, en les priant instamment de tenir leurs eng'agements. Plusieurs courriers envoyés aux départements ne m'ont pas encore rapporté une réponse satisfaisante; celui de l'Aisne a commencé de fournir son contingent, lequel est conduit à Saint- Quentin, ensuite à Landrecies et Maubeuge.

Le département du Nord m'a donné l'assurance, devant les représentants du peuple, qu'il ferait vcreer sous six jours 5, 000 sacs à Lille, le département de la Somme 6,000. 11 y a dans la place 7,000 sacs, ce qui portera l'approvisionnement de Lille à 18,000 sacs; cette quantité assurera h Lille la subsistance de 18,000 hommes pendant six mois.

L'approvisionnement du foin et de la j)ai!le se fail tous les jours : quant aux autres approvisionnements, ils sont au delà du complet.

Douai a présentement 3, 000 sacs de blé; il vient d'être pris une mesure d'urgence pour l'approvisionner : dans six jours , il y aura dans cette jilace 12,000 sacs de blé , ce qui fera bien et au delà de rappi'ovisionneiiient pour cinq mois. Les foins et paille v sont poui' la consommation ; les autres approvisionnements sont au complet. Je fais augmenter l'hôpital de 3oo bts. 11 y a dans la place 3 moulins à chevaux et 82 à bras; ils seront en état d'être employés dans deux jours.

Les approvisionnements de la ville de Bouchain sont au com[)let.

Nous avons quitté Cambrai y laissant C,ooo sacs de blé, ce qui fait pour huit mois et au delà de subsistance pour la garnison ; les autres approvisionnements sont au delà du complet.

L'état de situation ci-joint'-' vous fera connaître, citoyen représentant, ce qu'il y a dans les places.

L'arjnée a quitté Cambrai, ennnenanl avec elle 1/49,000 rations de pain; c'était la subsistance de quatre jours; mais mallieoi-eusement il en est entré io,ooo ra-

<" Les plaintes les plus vives avaient clo en date du 16 août 1798, dans Foucarl

formulées contre Pcliljean, qui se défendit et Finot, II, 7.)

de son mieux en déclarant qu'il n'élail (-' On lit en marge cette noie : ttCet état

secondé ni par les admuiislralions, ni par de situation a bien pu être envoyé au

la commission dos suJ)sislanccs. (Ci. lellro citoyen Carnol, mais il ne nous a poini

de Le Tourneur à ses colloques à Lill'', élc adressé par lo commissaire Pctiljcan.r

(i5 MÛT 179.!] MISSION DANS I^S DÉPARTEMENTS DU NORD. 455

lions h Arras , c[ui oui clé pillées par les nialveillauls. Le soldat aurait mis l'ailniinistratiou dans l'embarras de sa subsistance s'il n'y avait pas eu tant de surveillance.

Les représentants du peuple, aiïeclés de ce désordre, craignant de voir man([uer l'armée, ont fait des réquisitions en pain qui ont eu leur exécution. Aujourd'hui l'administration a toujoure dans les caissons pour deux jours au moins de pain , et l'armée ne niarcliei'a pas sans celte précaution.

Le service en foin, paille et avoine, se fait par ré({uisition , ayant été arrclé qu'il valait mieux employer ce moyen que de laisser les dem-ées à nos ennemis.

L'armée manque entièrement d'avoine dans toutes les pai'ties, je no prévois pas qu'il puisse être facile d'en fournir. L'administrateur prend les plus grandes mesures pour s'en procurer, mais il n'en trouve nulle part.

Je puis assurer à la Convention que je n'ai aucune iufpiiélude sur la subsistance de l'armée, si l'on veut laisser les administrations la nourrir par mes réquisitions ou par achats, et si enfin les corps administratifs ne s'opposent plus à l'envoi h l'armée des grains et farines qui lui sont destinés. La subsistance se trouvera cependant arrêtée si la Convention ne fait point parvenir aux administrateurs les fonds dont ils ont besoin: toutes les administrations eu manquent; l'on a de la confiance en nous par l'exactitude de nos payements. Je vous supplie, citoyen représentant, au nom du salut de la RépubUque, de nous faire fournir des fonds, sans lestjuels la chose est perdue. Ne nous laissez pas manquer d'argent; nous répondons des subsistances de l'armée.

Avant votre départ, vous savez qu'une partie de notre armée a marché vers Lille, les représentants ont eu de l'inquiétude sur sa subsistance; je la fais toujours niarclier avec la troupe : cette division sera alimentée sous LiUe même par l'amiée de Cambrai.

Les contingents pour la place de Douai se fournissent avec beaucoup d'exacti- Inde, je désirerais (|ue ceux de Lille se remplissent de même; il me parait ([ue les corps administi'atifs n'y mettent pas tout le zèle (juc nous pouvons en espéi'or.

Le commissaire ordonnateur en chef, Petitjean.

(iiopH'. AitIi. ri;tt. , \\ ^itin, n 7O9.)

Page 1