‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 40 sur 388 · CARNOT ET SES COLLÈGUES AU COMITE DE DÉFENSE GENERALE · texte numérisé non relu

CARNOT ET SES COLLÈGUES AU COMITE DE DÉFENSE GENERALE

Lille, 39 mars 1798, an 11 cfe la République.

Les citoyens Fabricius "', comnaissairc national, Fourcade'-' et Desjardins, agents de la République française, se rendent à Paris. Nous voyons ce départ avec plaisir. Ces patriotes peuvent donner de bons renseignements au Conseil exécutif et aux Comités. Leur conduite dans la Belgique a mérité la confiance de tous les amis de la liberté et de l'égalité (3).

Delacroix, Gossuin, L. Carnot, Robert, Lesage-Senault, Merlin (de Douai).

(Oii(f. , Arch. iiat. , AFii 147. — PuMiée par Aulard, II, 566.)

''■ 11 s'appelait Paris-, mais D avait été autorisé, le 6 février 1798, par un arrêté du Conseil général de la commune de Paris, à changer son nom en celui de Fabricius, pour ne pas être confondu avee l'asssassin de Le Peldier Saint- Fargeau. (Cf. séance du Conseil exécutif provisoire du 18 février 1798 dans le recueil d'Aulard. II, 167.)

<" Cf. sur re personnage le livre de

M. Victor Fournel, Le patriote Patloy, Vorateur du peuple Gonchon, Paris, 1899, p. 26o-3G3.

i" p'abricius avait élc obligé d'évacuer la Belgique à la suite de l'armée. Une lettre de lui et de son collègue Lanelle (cf. sur Lanelle Aulard, III, 89), adressée de Lille, le a 6 mars 1798, au ministre des afl'aires étrangères Le Brun, donne d'intéressants détails sur ce point et montre

TOURNAI, 2g MARS fj^'i- LE GÉNÉRAL DIMOURIEZ AUX COMMISSAIRES DE LA CONVENTION.

Au ([uartier (jénéral de Tournai, le 99 mars 1798 , l'an 11 de la République.

Je vous adresse, citoyens commissaires, un procès-verbal qui vous prouvera notre détresse. li faut absolument que vous nous aidiez de toute votre autorité pour pourvoir à la subsistance de l'armée. La partie qui s'est débandée jusqu'à présent ne Fa fait que par lâcheté ; mais si les braves gens qui sont restés avec moi malgré le mauvais exenqile se débandent une fois , faute de subsistances , je ne réponds pas des suites; je prévois qu'elles seront terribles. Je compte rester encore ici demain, quoique déjà totalement environné, parce que j'ai ma retraite encore assurée sur Rruille, Maulde et Saint-Amand, où le Conseil exécutif me prescrit d'aller camper. J'y serai après-demain et à moins que le salut de la République ne dépende des explications que vous avez à me demander, je crois que

qu'ils s'étaient abouchés avec les commissaires de la Convention. En voici le texte d'après l'original ( Arch. de la guerre, armée du Nord ot des Ardennos) :

Lille, ce s6 mars 1793, Pan I de la République.

rLet comminâaires nationaux dit pouvoir exécutif dan» la Campine trahançonne au citoyen Le Brun , minitire des affaire»

étrangères , à Paris.

«rLes opérations militaires, citoyen ministre, qui ont vm lieu dans la Belgique depuis le commencement de ce mois, ne nous ayant pas permis de conserver la résidence que le Conseil exécutif nous avait désignée, nous nous sommes retirés d'abord à Bruxelles et successivement à Gand et en cette ville, où nous avons rencontré plusieurs de nos collègues, qui y sont |>ar les mêmes raisons que nous.

irLa position de nos armées toujours occupant le territoire belge , la conservation de toutes les places fortes que nous y avons C(mquises , ot l'espérance de succès contre nos ennemis ne nous permettent pas de nous éloigner davantage, à moins que vous ne nous en donniez l'ordre positif.

«Ceux de nos collègues, qui sont ici, ont dû vous en informer collectivement.

Mais la crainte d'avoir l'apparence d'un corps délibérant nous a fait renoncer à ce mode de corresjiondaiice, et nous nous sommes décidés à vous écrire particulièrement, soit pour ce qui nous concerne, soit pour ce (|ul pourra intéresser la chose publique.

(tNous croyons, citoyen ministre, que le bureau de la poste restante est le plus sur pour les dépêches à notre adresse, et c'est là que nous irons attendre les vôtres, à moins (|ue vous ne nous les adressiez par une autre voie que vous auriez soin de nous taire connaître.

«Nous avons vu aussi les citoyens commissaires de la Convention nationale, auxquels nous avons témoigné nos dispositions a faire tout ce qu'ils jugeront à propos de nous indiquer d'utile pour la République , crovant de notre devoir de la servir partout où elle nous l'ordonnera et dans tous les emplois qu'elle nous désignera.

nLes commissaires nalionau.v ir dans la Belgique,

«Fabbiciis, L. Lanbue.-

tiO CORRESPONDANCE GENERALE DE CARNOT. [99 mars 179.3.

vous ferez bien d'allendre celle époque pour venir me demander (outes les explications que je suis toujours prêt à vous donner^''.

Le général en chef,

DlMOlRIEZ.

(Copie certifiée conforme parGossuin, Merlin et Trcilliaiii , Arcli. iiat., AF ii aSa, n" 89.)

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