RÉQUISITION DE CARNOT ET DE SES COLLÈGUES AU GÉNÉRAL DUMOURIEZ
Les commissaires de la Convention nationale près les armées de la Belgique et dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, réunis, requièrent le général Dumouricz de se rendre aujourd'hui 99 mars dans l'après-midi, à Lille, maison du citoyen Mousquet, place du Liond'Or, pour s'expliquer avec eux sur des inculpations graves qui le concernent et dont il lui sera donné communication.
Le général Dumouricz confiera le commandement de son armée, pendant son absence, à l'officier général à ses ordres qu'il jugera le plus propre à le remplacer.
Lille, le 99 mars lygS, l'an 11 de la République.
GossuiN, Dklaciioix, L. Carnot, Merlin (de Douai), Robert, Treiliiard, Lesage-Senault.
(Copie certifiée par Dumouricz, Arcli, nat., C SSj)., n" igoC. — - M., Arch. nat., AF ii a3a, n" 86.)
tournai, 99 mars 1793. LE GKNE'rAL DUMOURIEZ AUX COMMISSAIRES.
Tournai, le 29 mars 1798, l'an n de la République.
11 m'est impossililc, citoyens conmiissaires, de laisser un seul instant Tarmée dans le moment oîi ma présence seule la retient, où, par la défection de la droite et de la gauche , je suis en Fair par l'approche de Clerfayt '-', qui est aujourd'hui à Ath, de l'archiduc Charles''', qui est arrivé cette nuit à Mons, et du général
'■' Cf., pour tout ce qui concerne Dumouriez, A. Chuquel, La trahison de Dtiviouriez (Paris, Cerf, i8gi, in-18), et A. Sorel , La guerre ait.v rois (Paris, Pion, 1891, in-8°, p. 3.5i à 365).
"' François - Sébastien - Charles -Joseph
de Croi-x, comte de Clerfayt, né à Bruille (Belgique) le i4 octobre 1733, feld-inaréclial aulriclflen , mort à Vienne le a 1 juillet 1798.
(^1 L'archiduc Charles était alors âgé de a a ans.
[3o MARS 1793.] MISSION DANS LES DEPARTEMENTS DU NORD. 41
Mylius'"', qui s'avance sur Courtrai. Me voilà presque cerné et forcé à un mouvement rétrograde, que je suis forcé de dii'iger moi-inêine'"'.
Si j'allais à Lille, l'armée aurait des craintes, et certainement je n'entrerais dans cette ville qu'avec des troupes poiu- la purger de tous les lâches qui ont fui et qui me calomnient. Envoyez-moi deux ou quatre d'entre vous pour ni'interroger sur les iiiqiulalions graves que l'on met en avant. Je répondrai sur tout avec ma véracité connue , mais je vous déclare que je ne veux pas en même temps plaider et commander; ma tête ne suffirait pas à ces deux genres de guerre.
Le général en chef, Dlmoluirz.
(Copie rcrtifii'C par Dumouricz, Aieli. nat., C Sôg, ii" 1906. — Id. rcrtifiée par Troilli.iid et Merlin de Douai, Arcli. nat. , AF 11 aSa, 11° 87.)
24. LILLE. aC) MARS 1793. ARRÊTE DE CARNOT ET DE SES COLLÈGCES.
Vu la réponse du {ji'nérni Dumouriez en date de ce jour à la lettre par laquelle lui était notifié noire arrêté de ce même jour qui le mande par devant nous, nous, membres de la Convention nationale, ses commissaires près l'armée de la Belgique et dans les départements du Nord cl du Pas-de-Calais, arrêtons que nous nous transporterons sur-lechamp à Tournai pour entendre le général Dumouriez.
Fait à Lille le 99 mars 1793, l'an 11 de la République, six heures du soir.
Delacroix, Gosslin, Merlin (de Douai), L. Carnot, Lesage-Senai'lt, Uobert, Treiliiard.
(Orig., Arch. iial., AF a aSii, n° 88.)
DOl'AI. 3(1 MARS 1793. (;\RNOT ET LESA(iE-SENACLT
assistent à la SÉANCE DU DIRECTOIRE Dl; DEPARTEMENT DU NORD.
Les citoyens Lesage-Senault et Camot , commissaires-députés de la Convention nationale sur la frontière , ont été introduits. Le Directoire s'est formé en comité
•'' Mylius était colonfl et non général; '*' Cf., pour Ions ces faits, le voliinie
il venait de prendre Dicst et s'était emparé dcliiiilif de M. A. Cluiquct sur La trahison
d'Anvers, le 36 mars 179.3, par une capi- de Dumouriez. Son récit, appuyé sur les
tulation signée avec le (jcnéral Marassé. documents, est des jilus vivants.
42 CORRESPONDANCE GENERALE DE CARNOT. |3o jurs 1793.]
et radrainistration a rendu compte à ces commissaires de toutes les mesures de sûreté qui avaient été ])rises jusqu'à ce moment.
Sur les observations faites par les commissaires de la Convention nationale que l'affiction des opinions sur ie sort du tyran devenait inutile , puisqu'il avait expié ses foi-faits , il a été arri^té qu'à l'avenir elles ne seraient plus afficliées et qu'il serait, eu conséquence , donné des ordi'es aux imprimeurs pour qu'ils n'impriment plus les opinions en placards '''.
11 a été arrêté, oui le procureur général syndic, que le secrétaire général par intérim était autorisé à écrire pour procurer à l'administration le journal intitulé Le Républicain'^' à compter du i" de ce mois.
(Aich. dép. du Nord, L, rcg. des procès-verbaux du directoire du déparlenieul, ij° kjB, fol. ilih.)