‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 43 sur 388 · CARNOT ET LESAGE-SENADLT ASSISTENT À LA SEANCE DU CONSEIL GENERAL · texte numérisé non relu

CARNOT ET LESAGE-SENADLT ASSISTENT À LA SEANCE DU CONSEIL GENERAL

DD DÉPARTEMENT DU l'AS-DE-CALAIS.

Les commissaires désignent spécialement comme lien de rassemblement pour le recrutement Douai , Lille , Cambrai et Valenciennes. Ils annoncent la réception d'un mémoire de Dumouriez (pii leur demande avec instance de faire parvenir sur-le-champ les vivres et les fourrages dont l'armée a le pliLs j)ressant besoin'*'.

Relativement h la visite des chevaux morveux, les commissaires demandent a entendre le commissaire ordonnateur qui donnera des détails sur la manière dont ces clievaux sont soignés.

Le district de Sain(-Omer demandant une réduction du contingent ''', les commissaires promettent de faire valoir celte demande auprès de la Convention nationale.

Le commissaire ordonnateur Piot entre en séance et donne les renseignements demandés; il ne connaît pas de chevaux moi'veux, mais il prendra les mesures nécessaires pour séparer ceux qui deviendraient malades. Les commissaires recommandent au général Ti'icotel '*' et au commissaire ordonnateur la plus grande surveillance sur un objet si essentiel.

n'était pas le moment d'exécuter ces mesures. Nous appelâmes nos collègues Carnet et Lesage-Senault; je renouvelai ma proposilion devant eux, mais je fus oblige de céder à la majorité. 7> (Cf. Aulard, III, 48.)

'"' Jean-Henri Bancal des IssarUs,né à Saint-Martin-de-Londres (Hérault) le 3 novembre 1 7.50 , notaire à Clermont-Ferrand, député du Paj-<le-D6me à la Convention, vota le bannissement de Louis XVI, livré aux Autrichiens par Dumouriez le 1" avril 1798 et détenu jusqu'au a6 décembre 1 796 , membre du Conseil des Cinq-Cents jusqu'en mai 1797, mortà Paris le 37 mai i8a6. (CI. Ij! conventinnnel Bancal des /»sarts , élude biop-npliujue suivie de lettres inédites, par Francisque Mège, 1887, in 8°.)

'^' L'armée de Dumouriez était , en effet , dans le plus grand dénuement. ttPas de provisions, pas de fourrage», écrit le général Valence au général Biron le 2 avril

1798. (Cf. Monilevr, xn, 328.) — Cf.

aussi la lettre de Dumouriez aux commissaires en date du 29 mars 1798.

''' Cf. plus loin aux dates du 1 9 avril et du 19 mai 1798.

W François-Laurent Tricotel , né à Clialeau-Salins (Lorraine) le 1 7 septembre 1 727, lieutenant au régiment de Croix, milice de Lorraine, le 12 avril 17^3, enseigne au régiment de Saxe le 1" novembre 17'! 5, réformé le 1 9 janvier 1 7 '19 , lieutenant au régiment de Montureux le 1" avril 1750, capitaine au bataillon de milice de Bar le 31 février 17G2, admis aux Invalides le 3 1 avril 1768, élu lieutenant-colonel du 3' bataillon de la Meurtbe le 28 octobre 1791, chef de la 6* brig.-ide d'infanterie de la 3' division de l'armée du Ontre le 35 mai J793, maréchal de camp provisoire et commandant de la place de IJIb" le 9 septembre 1793, commandant la place d'Arras le 3 octobre 1792, relraili'

[3iMinsi793.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. 45

Le directeur des vivres Cot, niand»' en se^ance, déclare qu'il ne peut envoyer (jue 70,000 (juintaux de foin à tirer des magasins de Saiut-Pol et dTlesdin, attendu le grand nombre de chevaux qui arrivent dans le département et que, d'après les ordres du ministre de la gueri-e , il doit alimenter les places d'Aire , Saint-Venant et autres frontières. Les commissaires répètent que l'année du général Dumouriez manquant d'avoine, de loin et de paille, il est du plus grand intérêt d'en l'aire parvenir sans délai. •

(Areb. du Has-de-Calais , L, ib|;.i1u consfil général du département, vi, fol. ia6 et 137.)

LILLE. 3l MARS lyg^. LES COMMISSAIRES AU GENERAL DUMOURIEZ '".

Lille, 3i mars 1798, l'an 11 de la République.

La rentrée des trouj)e8 sur nos frontières, général, et la juste inquiétude des habitants de ce pays, nous ont déterminé à réunir hier auprès de nous les différents agents civils et militaires employés à Lille. Nous avons eu une conférence sur les différents moyens h [irendre pour approvisionner convenablement cette place et la mettre en état de défense. Le général Duval vous fera |)art du résultat de nos opérations. Quant à présent, nous nous bornerons à vous observer que les (li8[>osilions que vous paraissez adopter, si nous en jugeons par les dernières lettres que vous nous avez «'crites, laisseront, dans cette partie très importante de la frontière, un vide (jui faciliterait à l'ennemi une marche assurée juscpi'aux [wrtes de Lille, tandis que, pour couvrir celte place et ses communications, il est

le 2.5 veiuléiiiiaire an n(i G octobre 1798), ffénéral de brigade commandant à Arras le 8 messidor an iv (36 juin 1796), el à Moiiliiiédy le a^ iheniiidor an v (1 1 août 1797), réformé le 1 3 pluviôse an tu (i " février 1799), mort à Nancy le Ji octobre 180G. Il avait fait les campagnes de 1745 à 1748 en Flandre, de 1767 à 1761 en Hanovre, et de 179a et 1798 à l'armée du Nord. — Le jjénéral Tricotel commandait alors à Arras et les repn'scntants Jean de Gry et Cochon avaient, dans une lettre à la Convention en date du la février 1798, vanté son patriotisme el son courage. (Cf. Aulard. II, 1 17.)

''' Cette lettre ne devait être signée que des commissaires Delacroix, Gossuin, Merlin de Douai et Rolxîrt, vu que Carnot et Lesage-.Senault étaient partis pour Arras. Mais comme il est vraisemblable que (Carnot

fut consulté sur la rédaction d'une lettre toute militaire, j'ai cru devoir en reproduire ici le texte. Delacroix , dans le rapport qu'il fit,le8avril 1798, à la Convention, parle en ces termes de cette lettre : «Nous nous occupâmes alors des dangers de Lille et nous reciuîmes le général Dumouriez d'envoyer 1/1,000 ou i5,ooo hommes pour former un camp qui puisse couvrir celte ville. Mais comme nous étions bien sûrs qu'il nous refuserait, nous requîmes le général Duval de s'emparer du Pont- Rouge el d'aulrcs posles de la plus grande importance pour assurer les subsistances de la ville. Il fallait, pour occuper ces posles, 3,000 hommes que le général Duval n'avait pas; nous lui ordonnâmes de requérir le commandant du camp de Cassel de les lui envoyer. Cela fut exécuté. ii (Cf. Aulard, III, /19.)

i6 CORRESPONDANCE CÉINÉRALE DE CARNOT. |3i mars 1793.]

nécessaire crétablir en avant un camp compose an moins de li.ooo lioniiiies elîeclit's et de 1,900 chevaux. C'est l'avis unanime des militaires que nous avons entendus.

Vous n'avez pas un instant à perdre pour l'exécution de cette mesure qui est d'une nécessité indispensable dans la circonstance. Vous avez , comme nous , connaissance que l'ennemi fait une marche très rapide; on assure même qu'il est suivi de son artillerie de siège. L'invasion qu'il ferait infailliblement sur le territoire de la République , si on n'y met bien vite obstacle , serait très alarmante. Il est donc de notre devoir à tous de nous occuper sans relâche de cette mesure de sûreté générale, il n'est pas inutile de vous observer aussi que toute la garnison de Lille est composée dans ce moment de aaS volontaires.

P. S. La Deule et l'Escaut ne sont point gardés et il n'y a point de troupes ici pour les garder. Il faut que vous preniez des mesures pour assurer la conservation des postes importants qui sont sur ces deux rivières, qui, s'ils étaient en puissance des ennemis, nous ôteraient la possibilité des approvisionnements de la place.

{Bulletin delà Convention, du a avril 1793.)

ARRAS, 3l MARS 179-3.

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