‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 42 sur 388 · LILLE, 30MARSiyg · texte numérisé non relu

LILLE, 30MARSiyg

ARRÊTÉ DE CARNOT ET DE SES COLLÈGUES

Nous, membres de la Convention nationale, ses commissaires près l'armée de la Belgique et dans les départements du Nord et du Pasde-Calais , vu la lettre du général en chef Dumouriez , datée d'hier et à nous parvenue ce matin, par laquelle il nous mande qu'il compte rester encore à Tournai aujourd'hui, quoique déjà totalement environné, parce qu'il a sa retraite encore assurée sur Bruille, Maulde et Saint-Amand, où le Conseil exécutif lui prescrit d'aller camper et où il sera demain;

Considérant que l'exécution de notre arrêté d'hier, d'après lequel nous devions nous transporter aujourd'hui à Tournai, pourrait entraver la retraite ordonnée par le Conseil exécutif provisoire sur Bruilk?. Maulde et Saint-Amand, arrêtons qu'il sera sursis à entendre le général

"' On voit que plus de deux mois après l'exécution de Louis XVI , on placardait encore dans les déparlements les opinions émises sur ie procès et ia mort du roi , et que les commissaires de la Convention durent intervenir à Douai pour l'aire cesser cet alTicliage inutile.

'^' C'est le s novembre 1792 qu'avait paru le premier numéro de ce journal sous ce titre : L<! Républicain , journal libre de Inm les pays, rédigé par un député à la Liffislalive, réélu à la Convenlinn nationale.

et par plusieurs autres écrivains patrioleê. Ce député était i'avocat Charles Duvai. représentant d'Ille-ct-Vilaine (né à Rennes en 1760, mort en iSagV Depuis le 11 mars 179,3, son nom n'étiit plus mentionné sur le titre, qui portait seulement : rédigé par plusieurs écrivains patriotes. L'abonnement à cette feuille coûtait 36 livres. Le Républicain était disiribué aux armées et partageait cette faveur avec le Bulletin de la Convention , le Journal de la Montagne et Le Père Duchesne.

|3oMAnsi793.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. A3

Dumouriez sur les inculpations à lui imputées jusqu'à ce que la retraite dont il s'agit soit effectuée.

Fait à Lille le 3o mars 1793, l'an 11 de la République, à k heures du matin.

Delacroix. Gossuin, Merlin (de Douai), Treilhard, Robert, Carnot. Lesage-Senault.

(Copio certifiée par Gossuin, Merlin et Treilhard, Arcli. nat. , AF ii aSa , n° 91.)

PARIS, 3o MARS 1793. DÉCRET DE LA CONVENTION MANDANT DUMOURIEZ À

SA BARRE ET NOMMANT DE NOUVEAUX COMMISSAIRES À L'ARMEE DU NORD, PARMI LESQUELS CARNOT.

La Convention nationale, ouï le rapport de son (Comité de défense générale, décrète :

Article premier. La (Jonvenlion nationale mande à sa barre Je général Dumouriez.

Art. 2. Le ministre de la guerre partira à l'instant pour l'année du Nord, à reflTet d'en connaître l'état et d'en rendre compte à la Convention nationale.

Art. .*}. Cinq commissaires, pris dans la Convention nationale, se rendront de suite à ladite armée, avec pouvoir de suspendre et faire arrêter tous généraux, ofUciers, militaires, quels (ju'ils soient, fonctionnaires publics et antres citoyens (pii leur paraîtront suspects, de les faire traduire à la barre et d'apposer les scellés sur leurs papiers.

Art. h. Lcsdits commissaires ne pourront agir qu'autant qu'ils seront réunis au nombre de quatre.

Art. 5. Les commissaii'cs qui sont actuellement auprès de l'armée de la Belgique se rendront dans le sein de la Convention nationale pour lui donner, de vive voix, tous les renseignements qn'ils ont acquis sur Pétat de l'armée et des frontières'"'.

(" Les commissaires à ]'arni<>o de BH- (jique étaient Delacroix, Gossuin, Merlin de Douai, Hot)ert et Treilhard. (ie dernier, autorisé à rentrer à Paris pour raison de santé dès le aC mars ( cl'. Aulard, II, 5i(|), quitta Lille le samedi 3o mars au soir et rendit compte, le 1" avril, au (Comité de défense générale de la situaiion de l'armée (cL Aulard, III, 1 ). Ses collègues ne partirent que le lendemain, après avoir écrit

à Dumoui-iez une lettre dont on trouvera le texte ci-après. Le 3 avril , Delacroix fit à la Convention un rapport oral sur la mission remplie par lui et par les autres commissaires. Il rappela qu'il avait le preiDier eu des doutes sur la conduite de Diunouriez et qu'il avait proposé de suspendre ce générai et de le traduire à la liarre de la Convention. trMais, dit-il, il opérait sa retraite alors, et l'on crut que ce

44 CORRESPONDANCE GENERALE DE CARNOT. [3o mars 1798.]

Akt. g. Les commissaires sont Camus, Lamarque, Oiiinetle, Bancal'"' el Carnet.

{ Procis-verbal , p. 356.)

ARUAS, 3o MAIIS 1798.

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