DOUAI, 2 AVRIL 1793. CARNOT À LA CONVENTION NATIONALE
A Douai, le a avril 1798, Tan 11 de la Républiquo.
Citoyens,
Vous êtes instruits des attentats de i'infàme Dumouriez. J'étais il Arras lorsque j'ai reçu le décret par -lequel vous m'aviez adjoint aux quatre commissaires Camus, Quinette, Lamarque et Bancal'". Je partis sur-le-champ pour me réunir à eux, mais en arrivant à Douai j'ai appris avec la plus vive douleur leur arrestation '-l Dans cel état de
('1 Ou lit dans le rapport fait par I.a- se roudie prouiptouienl à Douai. 11 s'y
marque en 1 795 (AfoniVeMJ-, XX Vil, j36); rendit sans délai; mais déjà le crime de
«Le représentant du peuple Carnot, que le Dumouriez avait anéanti la commission.!!
décret du 3o mars avait adjoint à la com- <'' Le bruit de l'arrestation de Carnot
mission, ne se trouva point à Lille, oii avait couru à Lille, car on lit dans le
l'on avait espéré le rencontrer. Sa mission journal Le Réptcblicain du 7 avril 1798
l'avait conduit à Arras, où les commissaires (11° 167, p. 677) : wLille, 3 avril. On as-
hii adrossèrcul une lettre pour l'inviter à sure (|ue Lauiarque s'est échappé cl que
[a AVRIL 1793.] MISSION DANS LES DEPARTEMENTS DU N'ORD. 53
crise, mon collègue Lesage-Senault et moi avons pansé qu'il n'y avait qu'une mesure extraordinaire qui pût sauver cette frontière. Certains des lumières et du patriotisme des administrations du Nord et du Pasde-Calais, nous avons cru devoir les investir sous notre surveillance de la plus grande autorité et en conséquence nous avons pris un arrêté hors de la loi dont je joins ici copie. Il est instant, citoyens, que vous veuilliez bien envoyer ici des commissaires pris dans votre sein à la place de ceux que l'atroce Dumouriez nous a enlevés. J'ose espérer qu'ils nous seront rendus et que la représentation nationale violée dans leurs personnes sera vengée.
Je vous envoie aussi copie d'un procès-verbal qui contient les détails de ce jnalheurcux événement'". Ce procès-verbal vient de nous arriver de Lille, au moment oii l'on faisait courir le bruit que Dumouriez s'en était emparé. Heureusement on est maintenant averti et en garde contre la trahison. L'indignation a réveillé l'énergie des citoyens et ils mourront tous avec nous plutôt <pie de laisser envahir le territoire de la République '-'.
Le commissaire de la Convention nationale.