CARNOT ET LKSAGE-SENAULT ASSISTENT À LA SEANCE DU CONSEIL GÉ^^'RAL
DU DÉPARTEMENT DU PAS-DE-CALAIS
Lp gf^néral Tricotel a reçu des exoinpiaires de ia prorlamalion du {jdnt'ral Dumouriez et en a fait passer plusieurs au président du Conseil général. Les commissaires disent qu'ils connaissent cette proclamation , qu'elle est nuisible à l'intérêt j)ul)lic. Le (flânerai Tricotel, mandé à la séance, arrive et les commissaires lui enjoignent do faire retirer les exemplaires (|u'il aurait d(/jà répandus.
Les commissaires remettent h l'administration une autorisation provisoire de faire mettre en état d'arrestation les personnes suspectes de manœuvres contrerévolutionnaires, et notamment celles qui travailleraient à empêcher ou retarder reiïet du recrutement et de toutes les lois relatives à l'armement, habillement et é(puj)emenl des troupes.
Les commissaires autorisent la municipalité d'Arras à faire transférer, de la maison d'arrêt, qui est malsaine, en celle de [lolice de cette ville, les détenus pour cause dinrivisme ou accusés d'entraver le recrutement.
Les commissaires autorisent l'administration h payer, sur les deniers destinés aux dépenses de ia guerre, les gardes nationaux qui pourraient être employés h veiller à la garde de la poudrerie d'Esquerdes.
(Arch. (lu Pas-de-Caliiis , (,, reg. des délil)pration9 du Conseil gi-ncrol, VI, fol. i3o à i3.'i.)
ARRAS, l" AVRIL 1 7f)''^. — LE CKNÉRAL TRICOTEL AL MINISTRE DE LA GUERRE.
Arias, le i" avril 1793, l'an 11 de la République française.
Général ministre.
J'ai l'honneur de vous adresser ci-joint une proclamation du général Dumouriez, par laquelle sfin adjudant général des armées me mande de faire afficher lesdites
52 CORRESPOlNDAiNCb: GENERALE DE CARNOÏ. [a avril 1793.]
procianiations , ce que j'ai exéculd et en ai fait passer à tous les corps adininislratifs et dans toute lYtendue de mon commandement. Je les ai reçues ce malin à q heures; pour midi les ordres de ce général ont été exécutés.
A midi j'ai reçu une lettre du dé[)arlemenl du Pas-de-Calais ])our me rendre à leur séance oii étaient deux députés, commissaires de la Convention nationale, qui m'ont dit pourquoi je n'étais pas venu consulter le département avant d'exécuter les ordres du général Dumouriez, et avant 10 heures du matin le département, district et municipalité en avaient que j'avais envoyé porter par mon aide de camp. Les commissaiies députés de la Convention ont trouvé fort mauvais de ce que j'avais fait ailicher cesdites proclamations, que je me mettais dans le cas d'être suspendu de mes fonctions. S'il y a du mal , général ministre , je l'ignore , mais le remède en a été ordonné' de leur part et j'ai été obligé d'aller à la poste retirer celles qui y étaient pour l'étendue de mon commandement, et les commissaires m'ont ordonné d'en écrire au général Dumouriez et h vous, général ministre. J'ose dire avoir servi depuis le iq avril ly/iS, fait trois guerres, trente-deux ans de lieutenant-colonel , criblé de blessures , deux à la tête , dont une en suppuration , depuis cette guerre, au cou, et à la veille d'être suspendu. Voilà, général ministre, ce (ju'il en est.
Le général de brigade, commandant d'Arras et arrondisnement ,
Tricotf.i..
(Oi'ig. aut. , Arch. de la guerre, armée du Nord 'A des Ardennes. )