DOUAI, 9 AVRIL fJCf-i
CVRNOT KT LESAGE-SENAL'LT AU.X CONSEILS GÉNÉRAIX
DES DÉPARTEMENTS DU NORD ET DU PAS-DE-CALAIS
«BQVlSITIOy DES COMMlSSAlliES DE LÀ CO.VTÊ.VnO.V !fATIO\ALE ADHESSÉE AVX COfISEILS GÉnÉRÀCX DES DEPARTEMENTS DV NORD ET DU PAS-DS-CALAIS.
Citoyens administrateurs.
Le traître Dumouriez vient enfin de jeter sou masque hypocrite; il a mis le comble à ses forfaits. Jamais La Fayette ne porta si loin l'audace et la félonie. Déjà il ne dissimule plus qu'il a levé l'étendard de la révolte. Il a porté ses attentats jusqu'à faire arrêter des représen-tants du peuple et il annonce qu'il va marcher sur Paris et rétablir la royauté. Frémissez, citoyens, en lisant la lettre suivante qu'il vient d'adresser aux administrateurs du département du Nord :
La tyrannie, les assassinats et les crimes sont à leur comble h Paris. L'anarchie nous dévore, et sous le nom sacré de la liberté, nous sommes tombés dans le |)lus vil esclavage. Plus les dangers sont grands, plus la Convention nationale met de cruauté, de tyrannie et d'aveuglement. Les vérités que je lui ai dites, dans ma lettre du ta mars, ont poussé les Marat et les Robespierre à dévouer ma tête h leur vengeance. Elle a envoyé, pour m'arréter, ou jdutôt pour se défaire de moi, quatre commissaires, et le ministre de la guerre IJeurnouvillo, dont j'avais lait la fortune militaire, les a accompagm's. Depuis plusieurs jours l'année frémissait de tout ce (pii .se tramait contre son général et, si je n'avais pas retenu son indignation, ils auraient été victimes de l'injustice de leurs commettants. Je les ai fait arrêter et je les ai envoyés en lieu si'ir pour me servir d'otage, en cas qu'on jm'tende commettre de nouveaux crimes. Je ne larderai pas à marcher sur Paris
!" Joseph -'jlrislaiii- François Le Bon, pulé suppléant du l'as-tl(>-Ciilais à la Conven-
né à Arras le a5 sepleinbre f]6a, ex-ora- lion le 9 septembre 1799, appelé à siéger
lorien, furc constilutioimel de Neuville, le i" juillet 1798, nieiiibre du Comité
maire d'Arra» et admini.stratetir du l'as- de sûreté jjciiérale (i4 septembre 1793),
de-Calais après le i o aoi'il 1793, second dé- décapité à Amiens le 1 '1 octobre 1 795.
56 CORRESPOINDANCE GÉNÉRALE DE CAR.\OT. [2 avril 1798.]
pour faire cesser ia sanglante anarchie qui y règne. J'ai trop bien di'fendu la iibert(^ justpi'à pn^sent pour ([u'oii puisse imaginer que je change d'opinion. Nous avons juré en 1789, 1790 et 1791 une constitution qui nous assujettissait à des lois et nous donnait un gouvernement stable. Ce n'est que depuis que nous l'avons rejetée que nos crimes et nos malheurs ont coriunencé. En la reprenant je suis sûr de faire cesser la guerre civile et la guerre étrangère, et de rendre à la France le repos, la paix et le bonlieur qu'elle a perdus en prenant ia licence et l'infraction de toutes les lois pour la liberté. Je connais la sagesse du département où je snis né; j'ai déjà été une fois son libérateur, j'espère être bientôt celui de la France entière, et je vous jure sur tout ce qu'il y a de plus sacré, comme un homme vertueux qui aime la gloire, que, bien loin d'aspirer à la dictature, je m'engage à quitter toutes fonctions publiques aussitôt après que j'aurai sauvé ma patrie. Était signé :
Le Général en chef de l'armée du Nord,