‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 58 sur 388 · DUMOURIEZ · texte numérisé non relu

DUMOURIEZ

Voilà, citoyens, le monstre qui avait captivé notre confiance, voilà l'homme exécrable auquel on croyait des vertus. Hàlons-nous de prendre des mesures ellicaces, réunissons nos efforts et la patrie sera sauvée.

Nous vous requérons, citoyens, de vous saisir provisoirement dans vos arrondissements respectifs de toute l'étendue d'autorité qui vous paraîtra nécessaire dans ce moment de crise pour mettre les frontières sur le pied le plus respectable de défense et pour déjouer tous les complots qui peuvent se tramer au dedans.

Levez des troupes et envoyez-les en garnison dans les villes de guerre, surtout dans celles de première ligne.

Requérez les commandants temporaires, les officiers du génie cl de l'artillerie, de prendre les mêmes mesures que s'ils étaient certains que leurs places vont être assiégées.

Rassemblez dans ces places toutes les subsistances des campagnes voisines, les fourrages et les armes.

Faites rentrer dans l'intérieur, si les vivres manquent, foutes les bouches inutiles.

Prenez les précautions les plus rigoureuses contre les surprises, surtout à l'ouverture et a. la fermeture des portes; prévenez avec le plus grand soin tout engorgement à leur passage, principalement les jours de marché et de fêles.

Empêchez les rassemblements de gens douteux, mettez en état

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d'arrestation les personnes suspectes, multipliez les patrouilles, ne recevez les troupes qui vous viendront de l'armée qu'après vous être bien assurés de leurs dispositions civiques.

Prenez tout l'argent nécessaire dans les caisses publiques en faisant un état exact de vos opérations. Levez même au besoin, sur des personnes aisées, les sommes qui seront indispensables pour faire face à tout, en tenant des registres, afin que ces sommes puissent être remboursées par le trésor national.

Faites passer aux districts et municipalités les ordres qui vous paraîtront nécessaires au salut de la cbose publi([ue, engagez les sociétés populaires à redoubler de zèle et de vigilance. Que tous les citoyens s'enflamment aux cris de la patrie en danger. Que cependant toutes les mesures soient prises avec calme et sagesse; qu'on se préserve et d'un enthousiasme aveugle et d'un découragement indigne de républicains français.

Annoncez que quiconque livrera Dumouriez mort ou vif aura bien mérité de la patrie. Ralliez tous les citoyens au seul centre d'autorité qui puisse exister, la Convention nationale.

Nous attendons de vous, citoyens, de nouvelles preuves de la prudence et du courage qui n'ont cessé de vous animer.

A Douai, le 2 avril 1798, l'an 11 de la République française*".

Les commissaires de la Convention nationale, L. Carnot, Lesage-Senault.

'■'^ Le général Morcton, coiiininndunt la place de Douai, pril sur-le-champ des mesures do siirelé. Le procès-verbal de la séance tenue le a avril 1793 par le conseil général de la commune de Douai (Arch. mun. de Douai, reg. des délibérations, fol. 337) fournit de curieux détails à ce sujet :

L'n membre annonce qu'on bat l'assemblée en ville et que les grenadiers s'assemblent sans que la municipalité fût prévenue. On envoie aussitôt des commissaires pour vérifier le fait. Le général Morelon entre en séance; il dit : rqu'à la ré(niisilion des commissaires de la (convention nationale Lesage-Senault et Carnot , il avait donné

des ordres pour avertir tous les coi-ps à se tenir sur leurs gardes, que par l'ell'et d'une méprise les grenadiers s'étaient assendilés, mais qu'il les avait renvoyés sur-le-cliauq> et qu'il n'avait retenu qu'un petit nombre d'hommes pour faire des patrouilles extraordinaires, ([ue l'urgence des, circonstances et l'ordre précis des commissaires l'avaient engagé à prendre ces mesures sur-le-chani|), se réservant d'en conférer, sans tarder, avec la municipalité, et qu'il était venu dans cette intention. Il a ajouté qu'il pourrait arriver des circonstances qui exigeraient i|u'il fit battre la générale et qu'il prévoyait même la nécessité très prochai^ie de déclarer la ville en état de siège ; il exhortait

58 CORRESPONDANCE GÉiSÉRALE DE .CARNOT. [3 Avmi, 1793.]

On lit au-dessous :

Enregistré au district du Quesnoy en séance permanente le 3 avril lygS, l'an ir de la République française.

(Orijj., Arch. nat., papiers de Duinoiiriez ^", C SSg, n" tf)o6. — Orijf-, coll. de M. Roger Laloy, à Quesnoy-sur-Dcule. — Copie, Arch. nal., .\K ii i3i, et Airli. do la guerre, année du Nord et des Ardennes. )

DOUAI, 8 AVRIL 1793. CARNOT KT LESACiK-SENAULT

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