L. Carnot, Lesage-Sknault
(Ai-cli. dép. (lu Pas-(1(!-Calais , L, reg. de coït, du département, pièce n' 8735.)
[8 WRii. lyy.'i.J MISSION DANS LES DÉPAUÏEMK.M'S DU MOliD. 79
LES ADMINISTRATEURS DC DÉPARTEMENT DU PAS-DE-CALAIS
À CARNOT ET À LESAGE-SENAl'LT.
Aiudijse. — Trois letlros : i° Il vient d'arriver à Arras des voilures cliarjjt'es de 45 caisses eonlenanl i,8oo fusils, dont i.GSo pour Narbonne et i ao pour Rennes. Ils les ont fait arrêter provisoirement. rNous vous prévenons qu'il s'en faut liien que nous ayons assez de fusils pour armer tout le contingent de noire ih'parlemenl.i — q° Ils demandent si Arras doit être le rasseinWeinent du contingent du département ou celui des contingents de tous les départements cpii doivent concourir au recrutement de l'armée du Nord. — 3° Accusé de réception do leur dépêche de ce jour. n-Nous nous occuperons des mesures à prendre pour la rédnction du Indletin dont vous nous parlez et nous donnerons des ordres aux districts de nous doimer chaque jour leur état de situation. i
(Arcli. dép. du Pas-de-Calais, L, rcg. des lettres écrites parle département, pièces n" i3i5't, i,'îi57 et i3i58.)
Mi. DocAi, 8 AVRIL tygS.
CARNOT ET LESACE-SEiNAULT \ LA CONVENTION.
A Douai, le 8 avril 179.3, l'an n do la RépuLliqun. Citoyens,
La rentrée de nos troupes dans les pLaccs de guerre est totalement effectuée, et avec un succùs (|ui tient du prodige. 11 est à peine resté quel(|ues hussards avec Dumouriez, qui, se voyant délaissé, a passé aux ennemis. Le général Dampierre va s'occuper maintenant de réorganiser celle armée qui est revenue par pelotons, et il reprendra sur-lechamp des positions en avant de ses places. Il ne paraît pas (jue nous ayons rien perdu en artillerie. Il nous en est même arrivé une quantité immense, des pays que nous avons évacués, et sur laquelle nous n'osions plus compter. Les vivres allluent de toutes les campagnes circonvoisines, et nous sommes déjà presque dans rabondancc. Ce qui nous manque, en ce moment, ce dont nous avons le plus pressant besoin, ce sont des effets de campement. C'esl à Lille et surtout à. Valenciennes qu'il en faut, et qu'il en faut beaucoup. S'il n'avait pas fait très beau temps depuis queirpies joins, nos Iroiipes. obligées de biva([upr. auraient infiniment souffert.
80 CORRESPONDANCE GliiVERALE DE GARNOT. [8 avril 1798.]
Nous ignorons si le trésor de l'armée était bien considérable; nous pensons que non , parce qu'elle était à portée des places où il était plus naturel de le garder. Nous croyons que la somme de i,aoo,ooo à i,3oo,ooo livres rentrée, tant à Valenciennes qu'à Douai, est à peu près tout'". Ces sommes ont été ramenées, avec une fidélité admirable, par ces hommes que Dumouriez traite de brigands.
Notre situation considérée comme défensive est brillante. Il est impossible que l'ennemi fasse rien de considérable. Puissent les cœurs être, dans toute l'étendue de la République, réunis, comme ils le sont ici autour de nous, pour exterminer les traîtres et les amis des rois.
Nous avons lieu de nous plaindre beaucoup des commissaires du Conseil exécutif pour le recrutement : nous pouvons dire qu'ils n'ont été que nuisibles. Sans eux l'opération se serait faite par les administrations elles-mêmes et serait achevée maintenant.
Nous avons fait arrêter ici beaucoup de prévenus désignés par vos décrets ou par des alentours suspects. Westermann'^' est du nombre. Nous venons de l'interroger et d'examiner ses papiers. Loin de nous paraître coupable, nous avons trouvé que sa conduite méritait des éloges. Cependant nous avons fait dresser procès-verbal de son dire. Nous vous enverrons demain le procès-verbal, avec les pièces dont cet olhcier était porteur, et nous avons ordonné qu'il serait gardé à vue dans la ville d'Arras, où sa troupe restera quelques jours pour rétablir les chevaux. Il a ramené avec lui, d'Anvers, environ 60 pièces de canon.
"' Carnot et Lesage-Senaull avaient écrit à ce sujet à leurs collèffiies à Valenciennes une lettre dont je n'ai pu retrouver le texte, mais qui est mentionnée en ces termes dans la lettre écrite de Valenciennes , la 7 avril 1793, par Lequinio, de Bellegarde et Cochon à la Convention nationale : itNous recevons à l'instant de nos collègues à Douai une lettre qui nous apprend qu'ils ont aussi eux reçu hier (6 avril) une voiture portant une partie du trésor de l'armée et qu'il leur est arrivé un peu de cavalerie et de l'infanterie sullisanunonl pour leur l'aire une garnison nomhreuse. Ils nous annoncent aussi qu'ils ne reçoivent de Paris d'autres nouvelles (|ue par les
papiers publics ...n (Cf. Aulard , III , 1 38. ) '*' François-Joseph Weslermann, né à Molsheim (Alsace) le 5 septembre 1761 (Cf. catal. B. Fillon, n° 9730), avocat à Colmar, puis soldat, syndic provisoire delà muni'ipalilc de Haguenau, adjoint auï adjudants généraux à l'armée des Ardennes le 1^1 septembre 1799, chef de la légion du Nord eu janvier 1793, décrété d'accusation le 9 a\ril 1 798 , mandé à la barre de la Convention le l\ , rendu à ses fondions le /i uiai 1793, général de brigade le i5 du même mois, employé à l'armée des Côtes de la Rochelle, suspendu le 10 juillet 1793, condamné à mort et décapité avec Danton le .5 avril 179'!.
Nous n'avons plus d'inquicHude que pour la division commandée par Marassé; nous espérons cependant qu'elle arrivera demain ou après-. demain à Lille.
Nos collègues Gasparin, Dulicm et Duquesnoy ont assisté avec nous à l'interrogatoire de Westermann; deux d'entre nous vont se rendre