L. Carnot, Lesage-Senailt
(Arcli. dpp. (Ici Pas-de-Calais, L, reg. de corr. du dépaitcmciif, pièce 11° 872G.)
AS. DOUAI, 7 AVniL 17()3. CAR.NOT ET LESAGE-SENAlLT
AtX AUMINISTllATELIlS DU DÉPARTEMEXT DU PAS-DE-CALAIS.
Douai. 7 avril 1798, l'an 11 de la Répubiiquo.
Citoyens administrateurs.
Nous avons reçu la nuit dernière votre dépèche dliier concernant les subsistances'^'. D'après les renseignements que nous avons pris, il paraît qu'en effet nous pouvons nous passer quelque temps de celles que pourrait nous fournir votre ville. C'est moins pour nous qu'elles sont nécessaires que pour Valenciennes, qui en manque et qui peut se trouver investie d'un moment à l'autre. Il est à peu près égal qu'elles soient chez vous ou ici.
Dans ce moment de crise, citoyens administrateurs, il parait que
c' Antoine-Nicolas Collier, coiiilc de La Mariière, ne à Crécy (Seinc-el-Marne) le 3 décembre 17A5, élève à l'école royale militaire le a 3 juillet 1756, lieutenant au régiment Dauphin le 18 janvier 1763 , aidemajor le aS août 1773, capitaine en second au régiment du Perche le 11 juin 1776, lieutenant du Roi à Monlpellier le 2G lévrier 178'), lieutenant-colonel du 70' régiment d^nfanteric le 6 novembre 1791, colonel du ik' régiment le a février 1793, maréchal de camp le 7 septembre 179a, général de division provisoire le â avril 1 793 , confirmé le 1 5 mai suivant , mandé à la barre de la Convention le a a juillet 1793, décapité à Paris le 26 novembre 1793. (Cf. son procès aux Archives nationales, VV 297, 367.)
'" La question des subsistances préocj?u-
pait vivement les commissaires de la Convention. Un négociant douaisien, Vanlerberghe, fournisseur des armées, ayant proposi- de faire venir en France les blés de la Belgique, fut mande par les adminisliateurs du département du Nord. Il fut interrogé en présence de Carnet et expliqua qu'il avait fait cette proposition au moment de l'entrée des Français en Belgique, que si on l'avait alors adoptée, on n'aurait pas consonmié en Belgique les blés de France, \aiderbcrghe ajouta que l'occupation de la frontière par les ennemis empêchait ti réalisation actuelle de son projet. {(',(. Bibl. comm. de Douai, coll. Plouvain, Q 209, n° i, pièce cotée 31. mémoire justificatif d'Alexandre Desmoutiers, ancien adiiiini'-lr^ileiir du ilépartemcnt du Nord.)
78 GOllliESPONDANCE GÉNÉRALK DE CAR>OT. [7 avril 1798.]
rien ne serait plus impoiiant (|ue d'établir entre votre département et celui du Nord une correspondance très suivie, afin de marcher de concert vers le point auquel nous tendons tous, le salut de la chose publique. En conséquence, nous pensons qu'il serait à propos qu'un commissaire tiré de votre sein fut chargé spécialement de rédiger tous les jours une sorte de bulletin contenant l'état de situation de votre département, et vous enverriez copie de ce bulletin au Conseil général du département du Nord, lequel en ferait de même par rapport à vous. Ainsi vous seriez sans cesse au courant des affaires qui vous touchent de plus près et vous pourriez prendre des mesures plus certaines.
Ce bulletin , qui devrait être très succinct , présenterait : 1 " l'état de vos besoins en tous genres; 3° vos ressources; 3° la situation de vos forces militaires tant en hommes qu'en matériel; 4° l'élat de vos caisses et finances; 5° un aperçu sur l'esprit public; 6° enfin les mesures et projets que vous croiriez pouvoir contribuer au salut de l'Etat et à la prospérité publique.
Pour former ce bulletin, vous ordonnerez aux administrateurs de districts de vous fournir chaque jour leur état particulier de situation. Il serait trop dispendieux d'employer pour cette correspondance la voie des courriers extraordinaires : celle de la poste suffit.
Nous craignons, citoyens administrateurs, que des conseils généraux de districts et de communes de votre département ne s'attribuent les pouvoirs que nous vous avons provisoirement délégués par notre réquisition du 2 de ce mois. Nous vous prions de leur écrire pour les informer qu'ils ne peuvent rien arrêter définitivement sans votre autorisation.
Nous applaudissons à l'empressement que vous avez mis à faire exécuter le décret relatif à Dumouriez. Votre discours nous a fait grand plaisir.
Les commissaires de la Convention nationale,