‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 88 sur 388 · LE GENERAL LA MARLIERE AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE · texte numérisé non relu

LE GENERAL LA MARLIERE AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE

Au quartier général de Lille , le i3 avril 1798, l'an 1" de la République. LA mahlikhe, gÉnÉbal de Division, av citoten boeciiotte, luiyisTRE de la cpbrrb.

J'ai l'honneur de vous provenir que le général Dampierre m'a proposé le grade de général de division. J'ai imaginé que Ircnte-six ans de service, dont seize en qualité d'officier supérieur, et une grande application à mes devoirs , dont j'ai donné des preuves heureuses depuis la Révolution , me permettaient d'accepter ses oITres. Je demande, citoyen ministre, l'agrément du Conseil exécutif. Le général en chef m'a envoyé à Lille, oîi on lui demandait nn général de division actif et travailleur, et j'étais désigné. J'ai laissé l'organisation des deux armées, qui ne se ressentent plus du désordre dans lecpiel le traître et ses complices ont clierché à les plonger. Je partage les soins du général Favart '^' pour tout ce qui intéresse la sûret(Ç de la ville et je rassemble les débris de l'armée de l'expédition delà Hollande, qui est campée h la Madeleine, mais qui occupe des postes avancés où je ne saurais donner trop d'attention.

Les ennemis se sont présentés hier sur cinq points différents à la mt^me heure. Les troupes , qui se sont estimées assez pour se comparer avec eux , leiu* ont tenu

^'' Jùim- Baptiste-Noël Boucholte, né à Metz le 9 5 déoembre 1756, soldat au régiment do Nassau le 9 mai 1778, souslieutenant le 93 juillet 1776, lieutenant en second au réfjiment des Évéchés le 9/1 août 1781, rapitaine de romplacement au régiment d'Esterliazy le 1" février i7iS5, capilùne le 17 nni 1788, commandant temporaire à Cambrai le 10 avril 1799, lieutenant -colonel le afl janvier 1793, ministre de la guerre du A avril 1793 au ao avril 179^, clief de brigade le 1/1 avril 1793, réformé sans traitement le 90 avril 179^1 et avec traitement le 90 mai 1797, idjndant général rlief de brigade le 18 sep-

tembre 1799, retraité le 3o juin i8o4, mort au ban Saint-Mai'tin , près de Melz, le 7 juin 1860.

(^' Jean-Baptiste Favart, né à Metz le 1" mars 1796, ingénieur volontaire en 1 7I8 , ingénieur le 1" janvier 1 750 , capitaine le 93 avril 1755, lieutenant-colonel le 19 novembre 1770, colonel le 7 août 1 778, brigadier le 1" janvier 1 784, marécbal de camp le 9 mare 1788, employé dans son grade le 6 février 1799, lieutenant général le 8 mars 1793, commandant de Lille, retraité le 1" pluviôse an 11 (90 janvier 179'j), mort à Longeville, près de Melz, le 0 mars 1806.

[i3 AVRIL 1793.] MISSION DANS LES DEPARTEMENTS DU NORD. 105

tcte el ont fini par les repousser avec perles. D'autres moins affermies ont abandonné leurs postes sans combattre. Je les ai fait tous reprendre ce matin, en les renl'oiT ant de manière à esjK'rer qu'ils résisteront et que nous pourrons débusquer l'ennemi des petits postes dont il s'est emparé sur le territoire de la Ri'publiquc.

Je vous observe, citoyen minisire, que la petite armée que je commande est dans ie plus extrême besoin sous tous les rapports et que sans les espérances que m'ont données les citoyens commissaires de la Convention nationale députés aux armées du Nord el des Ardenncs. je ne me (lalterais pas de réussir, ])arco (pi'il est plus important que jamais (|ue les ti-oupes jouissent de loul ce qui leur i-evient et ne manipient de rien. Je suis certain que vous êtes convaincu de celte vérité; votre réputation et le peu de moments que j'ai eu l'bonneur de vous voira Valenciennes m'assui-ent que les fidèles républicains n'auront qu'à se louer du choix que l'on a l'ait d'un minisire tel que vous.

Permettez (|ue je vous recommande encore le brave Bastien '"', qui s'est conduit avec tant de distinction h l'avant-garde que j'ai commandée toute la guerre , ainsi que le citoven Béru'"', républicain excellent et oflicier rare, qui est dans le 19' régiment d'infanterie, mais nommé lieulrnant-colonel des grenadiers de l'armée. Je vous indique encore le lieutenant-colonel Ciiilhava ''', du 2° bataillon franc. C'est un officier tpii mérite de l'avancement.

O Melcliior Raslien.né à Abrescliwiller lo ag janvier 1766, hussard au rcffiuicnt d'Eslerliazv le â février 1 7O.5, l)rij;adicr le 10 juin 1779, fourrier l(> t" juillet 1781, uiarcilial dos lofjis le 17 mai 1788, souslieutenant le 17 juin 1799, lieutenant le ("juillet 1793, capitaine au 1 3* ré{;inient de chasseurs le ai juillet 1793, réfonnc en 179'! (Arch. nal., AF 11 3o8, à la date du l\ vendéuiiaire an ni.) — Cf. une lettre de lui,adres.séede Oissel, le a3avril 1793, aux connnissaires de la Convention à Lille, dans laquelle il prend le titre de irrounnandanl des hussards du détaclienient du 3' régiuienl», et demande une indeninitc pour SCS chevaux. (Ori(f., Arch. nat., AF 11 55, 186, n° 3ai.) — Le registre do correspondance de Uouchottc contient, à la ilate ilu 1 3 juin 1793, la note suivante concernant cet ollicier (Arch. de la (juerre, rt'jj. A iri,p. 9) : rBiisllen, soiis-lieulenant dans le 3' réj[liuenl d'hussards, niciile par sa lionne romluile une compagnie dans les troupes à cheval. C'est un homme de 5o ans environ, qui a servi avec distinction dans la Relgiquc et qui est encore avec un dclarhenient dans cette armée.?!

" \ntoine-Anne Lecourl de Bcru, ne à

Béru (Yonne) le ih août 1735, élève de l'école militaire, sous-lieutenant le 17 avril I 77/1, lieutenant en second le 3 juin 1779, lieutenant en premier le la juin 178a, capitaine en serond le la mai 1786, capitaine de gicnadicrs au a' d'infanterie le 1" janvier 1791, lieutenant-colonel au mémo régiment le 5 juin 1 79a , général de hriga<le le i5 mai 1793, général de division le 19 seplendirc 1793, démissionnaire le 8 octobre 1793.

iJ) Pierre -Marie Cailhava, né à Narhonne le i5 août I7'i7, soldat dans le régiment d'infanterie de Daupliine le i5 mai 1763, passe dans les gendarmes le i5 juin 1771, licencié ave; le corps le 1" avril 1788, sous-lieulenanl au 1 4* d'infanterie eu 1791, lieulenant-colouel du a' bataillon des chasseurs fnncs du Nord le 1 5 septeudire 1 793 , rlief de liiigade, conimauilaut le c.Tuip de Cholet, fait prisonnier par les Vendéens à l'allaire de Moi tngne le 1 1 vendémiaire an IV (3 otobre 1 790) et fusdic au château de Reaurepairc (cf. Savary, Guerret de»

Vendéen», V, lia.) — Cailhava cul le mois suivant maille à partir avec le général La Mailièrc. ('e dernier l'accusa d'avoir, par son refus de concourir à une expédi-

CORRESPONDA.NCE {'.ENEIIAI.E DE CARNOT.

[l3 AVIUL 1/1)3.1

Le citoyen Levasseur,''', adjoint aux adjudants généraux, que le gJndral Dampierre a su apprécier en le nommant depuis peu adjudant général, a eu l'honneur lie vous adresser sou mémoire en demande d'une lieulenance-colnnelle au 3' régiment de hussards. J'ose vous assurer, citoyen ministre, (pi'il serait diflicile de faire un meilleur choix.

La M,iiiLii;RE.

(Ori[;., Arch. de la (fuciTc, arinru du Nord ot dos Ai'deiincs.)

BOUCIIAIN, l3 AVRIL 17<)3. LE GKNÉllAL DAMPIEIlllK AIX COM.MISSAIIIES.

Citoyens ,

L'ennemi semhlc vouloir nous tûter sur tous les points, j'ai l'ait renforcer l'avantgarde de plusieurs pièces de canon et de plusiem's bataillons , alin de rétablir la communication entre Condé et Valenciennes. J'espère (pie cett' attaijuc r.'ussira et redonnera une nouvelle activité à la garnison du brave Cliancel ^''K

tlon, empêché ie succès de celle entreprise. 111e fit mettre en arrestation le .3i mai 1798. Cailbava expliqua sa conduite et, grâce à l'inlorvcntien du général O'Moran, obtint, le 3 juin suivant, la levée des arrêts de rigueur. (Cf. lettres du général La Marlière et de Cailhava aux Arcliives nationales, AF n 55.)

"> Henri-Alexis Levasseur, né à Dourdan (Scinc-et-Oise) le 18 janvier 1753, enrôlé au 6" régiment de cavalerie le 1 1 septembre 179a, adjoint à l'ctal-major de l'armée du .\ord le 3i octobre 1793, adjudant général chef de bataillon le t 3 avril 1793, mort à Rambouillet le 3i juillet 181 II. — Le 20 décembre 179a le général La Marlière se loua de ses services (Moiiileur, XV, 89). Le a 5 mai 1798 Levasseur vint à la barre de la Convention rendre compte des succès remporlés à l'armée du Nord par le général La Alarlièrc et ofliir un étendard enlevé aux ennemis par le citoyen Logros- Lambert, grenadier au a° régiment d'infanterie (Moniteur, XVI, '173). A l'armée du libin il se signala par «on courage au passage du Rhin (cf. lollre de Moreau du 6 messidor an iv-a'j juin 1796 dms le Monileur, XXVIII, 338). Le 1 1 messidor an iv (28 juin 1796), Moreau mcntioiuia dans un rappml (pie l'adjudanl

général Levasseur a chargé à la tête du li' chasseurs et culbuté l'ennemi {Moniteur, XXVIII, 3/i5). Enfin cet ollicier eut un cheval tué sous lui à la babille de Rasladt le 5 juillet 179G (ihiiL, 'ihh).

'-' Jean-Nestor de Cbancel , né à Angoulême le 1" mars 1753, aspirant surnuméraire à l'école d'artillerie de Strasbourg ie i5 juin 1769, passé au service de l'Au- Iricbe comme élève du génie le 1" avril 1771, sous-lieutenant le 16 janvier 177/1, premier lieutenant de chasseurs le 5 avril 1778, passé au régiment d'infanterie de Preiss le 10 juillet 1779, conmiissionné capitaine d'infanterie au service de la France le 5 avril 1 780 , capitaine adjoint aux aidesmaréchaux de logis de l'armée le i" décembre 1784, lieutenant-colonel le i"avril 1791, adjudant général colonel à la /i" division militaire (Nancy) le 2 juin 179a, maréchal de camp provisoire le 2 1 oclobre 1792 , conllrmé le 3 février 1798 , général do division le 11 septembre 1798, suspendu le 22 octobre 1798, arrête et détenu à Arras, envové à Paris le 6 janvier 179^1 (cf. leltre de Duquesnoy à Fouipùer- Tinville, écrite d'Arras le 17 nivosc an 11, Arch. nat., \V 335, 585), traduit devant le tribunal révolutionnaire, interrogé le 33 pluviùse an n (10 février 179']), cou-

[i3 AVRIL 1793] MISSION DANS LES DEPARTEMENTS DU NORD. 107 Je vous prie, citoyens, si le brave Veneur'"' ne revient pas à i'arnit'e des Ar-

dainiié à mort et décapité à Paris le 6 iDars 1794 avec les ffénéraux O'Moran et d'A vainc. — Clianccl commandait alors la place de Condé, qui était investie par les Autrichiens. Les papiei-s du ({énéral O'Moran contiennent une lettre à lui adressée par cet officier le 39 août 1799. (Orig. , Arch. nat. , AF 11 , 5.î , 1 86 , n° a 9 A.) Comme celle pièce fournit des renseignements sur la carrière peu connue de Cliancel, je crois devoir en reproduire ici le texte :

Au qaarlier gcrxîral à Sainl-Amand, le 39 aoùl 179s , Tan it de la liberti^.

ffMon général,

«Je conserverai précieusement le billet (|ue vous m'avez fait l'honneur de m'ccrire liier. Jo suis aussi sensible <pie je dois l'être aux témoignages d'estime et d'amitié ([ue vous m'y donnez.

tr Malheureusement pour moi, ceux qui disposent de<; grâces ne se sont pas forme! de ma pcrsoime une idée assez avantageuse, pour me juger susceptible d'un avancement prcmaluré. J'espère au moins leur prouver, par ma conduite , que mon zèle pour la défense de ma jiatrie n'a pas besoin d'être aiguillonné par le grade de maréchal de camp. Mon camarade l'uthod vous a sans doulc fait part ihi ilésagrément que j'ai éprouvé; et il l'aura [H'irit avec les couleurs de l'amilié. Je lui sais gré de l'intérêt qu'il me témoigne, et cela me dédommage des brocards que les malveillants m'ont lance et me lancent encore.

(tjeliensà l'honneur d'avoir contribué à faire reconnaître la loyauté et les talents de M. le général Dillon |)ar les commissaires de l'Assemblée nationale. Je ue iloule pas <pi'il ne rende justice à la conduite (pie j'ai tenue dans des circonstances ilillicilcs, et qu'il ne finisse par reconnaître en moi le meille:ir de te» ami».

<r J'ai appris avec le plus grand plaisir le (lépai't de M. le général Dillon pour l'armée d(?s Ardennes. Je ne doiUc pas qu'il n'ciface les mauvaises inq)ressions que l'AiM'mblcc nationale avait prises à son

égard, et que, mieux informée, elle ne lui rende la confiance de la nation, que son décret de suspension lui avait fait perdre. Il est certain que les ennemis de la chose publique ont fait l'impossible pour l'attirer dans leur parti, et que leurs démarches ont été cond)iiiées de manière à le perdre, ou à rendre au moins ses talents inutiles à la patrie, s'ils ne pouvaient réussir dans leur projet de séduction. Sa franchise et sa loyauté l'ont préservé de leurs embûches et le feront dans peu triomplier de tout. C'est ce que je lui ai piéilit, au moment où j'ai quitte Valenciennes.

irJ'ai cru devoir lui écrire hier à Sedan, pour lui témoigner ma satisfaction de le voir employé provisoirement, et des bonnes dispositions dans lesquelles l'Assemblée nationale (qui a dans ses commissaires la confiance qu'ils méritent ) ])arait être à son égard. Vous lui écrirez sans doute aussi, mon général, à ce sujet, car vous l'aimez. l'uis(|ue vous prenez intérêt à moi, mon général, je ne crains pas de vous prier de lui dire un mot qui me concerne. Il m'a promis de faire réaliser, le plus promplcnient possible, mes espérances sur la place de mai-échal de canq). à latjuellc le malheur d'avoir été compromis me donne, si l'on peut dire, plus de droits que je n'en avais, avant la scène qui m'a causé tant de désagrément.

«il s'agit, au surplus, do se mettre audessus des événements; et je m'y mettrai certainement, car j'ai le cœur droit, la conscience pure, et je nai à me reprocher aucune fausse démarche.

t Veuillez agréer, mon gi'-néral, l'assurance du très respectueux et sincère attachement que je vous ai voué pour la vie.

<xLe colonel adjudant géiiéral de l'urmèe du Nurd.

(rCoANCEL.

rrM. O'Moran, maréchal de camp, commandant à Condi'.n

<'' Alexis-I'aul-.Michcl-Tanneguy Le Veneur de Tillicres, né à Paris le a8 sep-

(.OlillKSl'ONDANCE Gbl.M'lliAl.t; DE CA15.N0T.

AVRIL 1 yfj.i.

ileiuies '', ireii faire confier le coiumaiulenienl à La Marlière et de donner le coniinandenient en second de celle du Nord au brav,; Lamarclie '''. Ce vieux militaire a passé ])ar tous les grades; il est plein de zèle et de taleiit.

Les dragons du lo' régiment ne m'ont |)oint envoyé leur dénonciation [contre La llocjue] , et le patriote Chéi'in '■'' m'en a dit tant de l)ien , il conduit l'avant-garde avec tant d'intelligence , je suis si sûr de Gliérin, que je le laisse à ce commandement. Le fait est qu'il est revenu de bonne grâce à la tète de son régiment. Au reste Ghérin m'a assun' qu'il était bon el (jn'il y regarderait avec attention.

lemhie 17/10, lieutenant en second au ré- (jiiiieiil du roi le ao soplcuibre 1768, colonel du régiment provincial d'Abbeville le ig octobre 1773, chevalier de Saint-Louis le 18 octobre 1781, ineslro de camp le y 7 janvier i 782, comnuuiilant le rc;;iuient lie Lyoïniais au sièjje de (jiliialtiu-, brigadier le 1" janvier 178/1, maréchal de camp le 9 mai-s 1788, lieutenant général le 10 juin 1799, suspendu de ses fondions le a5 juillet 1798, réintégré le 19 lloréal an III (8 mai 1795), député de l'Orne le 3 octobre 1808, retraité le 1 6 mars 1810, comte (le l'Empire avec majorât le /i juin 1810, mort dans son château près de Carrougos (Orne) h; a(i mii i833.

•'' Le général Le Veneur avait été arrêté comme complice de Dumouriez et emprisonné à Rouen. Le a'i avril 1798 le Comité de salut public le fit mettre en liberté et venir à Paris pour rendre compte de sa conduite. (Cf. Aubud, III, /120 et

<') François-Joseph Drouot, dit Lamarclie, né à Lutzelhauscii (Basse-Alsace) le 14 juillet 1783, dragon au régiment de Frise le l> janvier 1751, lieutenant le 1 "janvier 1 7G0, capitaine ie 1 3 septembre 1761, major de (;oiinans-Hiissards le 1 5 février 178/1, lieutenant-colonel du 5° hussards le 1°' mars 178/1, colonel du mèuio régiment le 2,") juillet 1791 , muréchal de camp le 3 février 1798, général de division le 8 mars 1798, commandant en chef de l'armée des Ardennes sous les ordres de Dampierre le 11 avril 1798, el provisoirement de l'armée du iNord en remplacement de Dampierre le 8 mai 1798, suspendu de ses fondions le 3o juillet 1798, réinlégréle 90 pluviôse an ni (8 ('('viior 1 79.">),

chef de la 9' demi-brigade de vétérans le 1" frimaire an i\ {99 novembre 1800), retraité le 17 odobre 1807, mort à Kpiiial le 18 mai 181/1.

<^' Louis-Mcolas-FTpcinthe Chériii, né à Paris le 9i octobre 1763, généalogiste des ordres du Uoi en 1780, conseiller à Li cour des aides le 8 février 1788, sous-lieulenaiit au 1 8° d'infanterie le 3 février 1799, adjoint aux adjudants généraux le 90 juin suivant, adjudant général chef de bataillon le 9.) octobre 1799, chef d'état-major de Iloche en Vendée, g'éiiéral de brig'ade le '!.5 prairial an ni (i8 juin 179.5) el de division le 11 fructidor an v (28 août 1797), commandant en chef de la garde du Directoire exécutif, chef d'état-major de l'arméo du Danube en 1799, ble-sé à la retniite de Zurich le 3 juin J799 et mort à Aarau le 8 du même mois. (CL .lacijues Charavay, /,cs gémh-aiix morts pour la pallie, 06.) — L'adjudant général Cliériii avait été, le 3 avril 1798, arrêté par les ordres de Dumouriez en vertu d'un ordre donné au géni'ral Rosières (cf La (lej'ense nalionnle dans le Nord, l, 3jh). 11 lit à ce sujet la déclaration suivante (Orig. , Arch. de la guerre, armée du Nord el des Ardennes) :

ffJe déclare ijue c'est le lieutenant général Rosières, commandant au Rruille , (jui m'a l'ail arrêter le 3 de ce mois au soir, par ordre de Dumouriez.

ffV \'aleiiciennes, ce G avril 1798, l'an II de la République.

T L'adj iduiit ifénérul,

frClltlIlN.i

{(^f A.Chuquel, An Iniliisoii de Diimo.irie: , 192 , iiol" 1 .)

fi3 vviiiL .71)3.] MISSION DANS LES DÉPAItTRMENTS DU NORD. 109

Adieu, braves citoyens. Plut à Dieu que tous les Français vous ressemblassent et la pairie serait vc'rilablement sauvc'e.

Le (relierai en chef,

Dahpierre.

i3 avril lan i" de la lli>|)tibli<jue, à IJouobain.

(Oii(j. ,iut., Ai-tliiïcs Jl- la |;iieiTC, année du Nord et des Aidcnncs.)

noicuAiN, i3 AvniL 1793.

LR CKNKRAI, DAMPIERRE AU MINISTRE DE LA GtERRE.

Ail qiiarliei- gênerai de lîoiichaiii, le i.3 avril I7<j3, l'au i de la i;(''|)ul)lii|uc'.

(litoyen ministre.

J'ai l'i onneur de vous rendre compte (|ue la manière dont j'avais disposi' mon avant-garde me faisait tout espérer de sa position, ainsi «jue le patriotisme et le conraffc de ses cliefs et des troupes (|ui la com[)osaient. Les bois île U:iismes, qui étaient au centre, étaient conliés à la garde du io° bataillon d'infanterie légère, ci-devant chasseurs de Gévaudan. Mais le lieutenant-colonel ''' ayant passé celte nuit à l'ennemi avec une partie de son bataillon a livré les avant-posles aux Aulricbiens.

De tout ciMé l'ennemi s'est montré en force avec une artillerie supérieure à la nôtre. Le général Li l'ioque'*', connnandant notre avant-garde, l'avait arr<5tée à lîruay après deux heures de combat dans ce village; mais voyant ipi'on le tournait par la gauche, il a été obligé de se replier sur les hauteurs d'An/.in >''.

!" Cliarlcs-Alexamlre-Hilaire Gujon de Quii^iiy, jioiilonant-folonel du 10* bataillon iriiifanlciie léjjciv depuis le (5 novenilire 1791.

'^' Jcaii-I.ouis de La Roi|uc,né à Angles (Hérault) le a6 soplcnibre 1754, éli^ve à l'école d'artillerie le ao décembre 17G8. volontaire dans le rcjjinicnl de cavalerie de (iondé le 10 janvier 1770, sous- lieutenant le i3 mars J771, capitaine en second le in octobre 1778, capitaine-oommandaiil le t '1 février 1*83, clief d'escadron le 1" mai 17H8, chef d'escadron au 1" iira(rons le () novembre 1791. chef de hri(;ade du ai' rcjjimeiil de cavalerie le 7 aoi'il 179a, passé au 10' draj;ons le 8 mars 179'!. ([énéral de hrifj.iile provisoire le 7 avril 1793, confirmé le i5 mai, arrêté et emprisonné dans la citadelle de (>ambrai le It juin 1793 (i-f. lettre de Custine aux représenlanbi du peuple, Arch. nal., W 332 , 563 bii), transféré à Paris cl incarcéré à

l'Abbaye le i.'i août suivant (cf. Monileur, XVII, 398), interrogé le lendemain, suspendu le ao seplembrc 1703, traduit devant le tribunal rcvolulioimiire et condaiiiiié à mort coiiiiiie complice de Duiiiouriez le la venlose an 11 (a mars I79'i)- .Son iulcrro{jatoire meiilioiuie (|u"il ctiil d'orijjinc protestante et ex-vicomte.

'" Le a juin 1798 La Roque écrivit à Xavier Audouin la lettre suivante (Orijj. aiit. , Arch. adm. de la ffuerre, dossier La Rotpie) :

A l'i^vanl-garvie de rarmi'-*? ilu \onl , lf> 9 juin 1793 , l'an 11 de la République.

" Le général de brigade pn vimire Jean La roijue, commandant de V avnnl-garde de l'armée du Nvrd, au citoyen Xavier A'tdouin , adjoint di miiiixlre de la guerre à ta 6' dirininn.

irj'ni été nommé par le (;éncral Dampierre (jéiiéral de briijade provisoire jus-

110 CORRESPOiNDANCK GÉNÉRALE DE CARNOT. |i3 avrii, 179.3.]

Je ne puis trop me louer du courage des troupes, de l'inlelligence du gduf^rat l^a Ro(nie, d'Ilrilouville''' el de liuljudanl-gi'ndral Cliérin, mais il a faiiu céder à la Iraliison cl à la supéiiorilé du nombre.

Le général en chef,

Dahpierre.

(Oriij., Ai'ch. do la (;u<iric, orniéc <lu Nord pl des Ardnnnes.)

qu'à ce que le pouvoir exécutif me fil passer un brevet en forme, en date du 7 avril dernier. J'ai pris le 10 même mois le commandement de l'avant -garde à Raismes; j'y ai combattu le 10, le 11. le 13. Le i3, attaqué par des forces supérieures, je fus obligé de faire une retrailo, mais honorable. Je pris une position sur Anzin pour couvrir Valenciemies, et, dans la nuit du 1 .3 el journée ilu 1 i , je m'y retranchai, y élevai des batteries, fus atlaquc le ! 5 par le général Clerl'ayt avec une l'or.e plus forte du double que la mienne. Je m'y maintins, je forçai l'ennenn à se relirer cl à me céder du terrain le 1" mai. Le 8 j'y comballis sous les ordres du général de division Kilmaine. Je n'ai pas reçu de lettre d'avis que les nominalions du général Dainpierre aient élé toutes confirmées par li^ pouvoir exi-rutif. Le général Dampierre a nomme généraux do brigade des olliciersque j'avais conmiiindés dans l'avant-garde comme chef de brigade el à qui il a donné des brevets de même date que le mien , malgré qu'il y ail eu trois semaines de dillérenre. Je ne crois pas qu'il soit jusie qu'aprè-t avoir eu à mes ordres tel et tel ollicier, il vienne aujourd'hui me commander.

ffSi je fus choisi pour commander l'avanlgarde, c'est que peu d'odiciers pouvaient le faire, que plusieurs refusèrent en alléguant que c'clail un service qu'ils ne connaissaient pas. J'acceptai parce qu'un soldat ne doit pas composer avec le danger; il doit obéir et justifier de la confiance qu'on a pour lui. Je vous demande donc, citoyen, de présenter au iniiustre mes services, les actions où je me suis trouvé el lui demander le rang sur ceux qui furent nommés

après moi el que j'ai eus pendant un mois à mes orilres.

ttj'allends de vous une réponse satisfaisante et qui maintienne en moi le désir de servir la République par la justice qu'elle me rendra , étant un de ses plus zi'lcs défenseurs.

irLe général de brigade commandant l'avant-garde de l'armée du Nord.

«Jean Lirooie.b

'" Jose]>b, vicomte de Hédou\ille, né à Ijouppy- le -Petit (Meuse) le 6 mai 17/1'!, lieutenant au régiment de llontureux le () novembre 1757, réformé en décembre 1 7. ')(). lieutenant au y bataillon provincial de Saint -Dizier le lO juin i7()i, cadet volontaire à la légion de Halnaut en 170^^, garde du corjis du roi dans la compagnie de Villeroy en 1706, lieutenant au régiment provincial de Troyes le i"niai 1770, capitaine le 1" mai 1778, chevalier de Sainl-I.ouis le .j juillet 1789, capitaine au :!" bataillon de la Marne en septendire 1791, commandant de la compagiiie IVanche de Valenciennes en 179'?, chef de la légion des Ardennes le i5 octobre 179'. nommé général de brij[ade par Dauqùerre le 9 avril 179^, confirmé le i5 mai suivant, suspendu le i6 septembre i79''f, traduit devant le tribunal révolutionnaire, acquitté le 1 6 nivôse an n ( .5 janvier 1 79A), réformée le ai floréal an v (10 mai 1797), membre du conseil d'administration de l'hôpital militaire de Luxembourg le 33 mai's 1800, de celui de Mayence en 1801 et de celui d'Ajaccio en 1809, admis au traitement de réforme le ati mai i8o3, retraité le 7 juillet 1811, mort à SaudrupI (Meuse) le aS juin 1818.

|i5 AVRIL 179.3.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. 111

PARIS, 1/1 AVniI, 1703. LE MIMSTniî I)K I,A GTERRR BOIOHOTTE

AIX (iÉMÎllAlV O'MOnAN ET PASCAL-KEnE>VEVEIl.

AVX GÉMÎnAVX O'WOn.l.V À CASSKl. ET PASCAL À DUDKEHQIE.

i4 avril i7o3, nn i".

Les nouvelles qui ont él6 communiquées au Comili? de salut pulilie et au Conseil exécutif provisoire lui ont appris que la pres(jue totalité de nos ennemis sur la frontière du Nord se trouvait rassemlJi'c de Valencienncs à MauheUji-e. Cela ]iosé leur a l'ail naître qiiel([ues réiloxions dont je crois devoir vous faire part. Ils ont |)ensé qu'il serait possible que les troupes du côté de Cassel et Dunkerque, aidées d'un renfort des environs de Lille, tentassent une entreprise sur Ostciide pour lirùler tous les vaisseaux appaj-lenant à nos ennemis, et une autre entreprise sur Bruges pour y enlovrr ou di'truire les magasins que reunemi peut y avoir; que celte opération ne devait être qu'un coup de main tenté avec promptitude pour retourner aussitôt reprendre les postes que nous occupons en ce moment.

Je vous fais part, général, de ces réflexions qui prouvent la sollicitude conlinuello des pouvoirs supéi-ieurs sur l'état de cette frontière; vous attendrez à cet égaril les ordres du général Laiiiarclie à qui jeu ai écrit.

Soyez dans une continuelle surveillance, inspirez les mêmes sentiments à nos défenseur et que les sentiments civiijues et l'exactitude du service marchent partout de front pour le plus grand avantage de la Ré[mlilique'''.

( Miniit'' îiut., AitIi. (le l;i (juerr**, armée du \or'cl et des Ardennes.)

BEIiGlES, l5 AVaiL 1793.

CAnXOT ET DIJQIESNOY ASSISTENT À LA SEANCE DU DinECTOIRE BU DISTRICT.

Les citoyens Carnot et Du([uesnoy, commissaires de la Convention, prennent séance au hureau. DiUi-renles réclamations leur sont Foumises; ils disent <[u'il faut que l'administration y prononce avec l'assentiment du dé|)artement. Le maire de Tclegliem se ])résente et dit que la municipalité se trouve très embarrassée de fournir les hois dont les troupes (|ui y sont cantonnées ont besoin. I/> citoyen Carnot dit (pie cet objet est de la compétence des commissaires des guerres; que néanmoins pour le service exliaordinaiic dont est ipiestion les administrateurs

Il avait failles campagnes de 1768 cl bataille de Hondsrhootc. Il étail parent du

de 1709 en Allem.i(jiie et celles de 179a (;éncral Ttiéodore de Hcdouville (né à Laon

el de i79liaiix armées de la Moselle cl du en i655, rnorl en i8a5), (jui commanda

Nord. Il avait reçu deux -blessures, une a l'armce des Côlcs de Brest el l'ut sénateur

l'armée de Hanovre, élaiil iljjé de i '1 ans, et comte de l'Empire, l'autre à Caii(;nan en 179s. Le (jénéral O On lil enli^tede la iiiinnle: (rExpédié

Josepli de Hédouville s'était distingué à la le i3 mai 1793.-

112 CORUESPOMDANCE GÉNÉRALt; DE CAR.NOT. [i5 avhil 1793.]

pcuveiil cliai'jjer un de leurs couuuissaires de faire couper des bois parloul où ils en Irouveronl en indemnisant à dire d'experts les propri(!laires d'iceux.

On a conliW sur les moyens de mettre les places de Dunkcrque et Rerjfuos en d(^l'ense; on a ailégud (pi'il nianipiait du canon; on a observ(^ qu'il s'en trouvait une partie de fer enfouis à Dunkcrque et (ju'on pourrait en faire usage, si on l'ordonnait; on a oliservd ([ue ces canons, qui étaient plantés le long du quai, n'étaient pas de service. Celle discussion n'a pas eu de suite.

La municipalité d'Uxem ayani présenté un état des journées dues aux ouvrière qui ont travaillé à faire une tranchée et une batterie j)lacée sur le terrain de ladite paroisse pour battre la frontière, d'après les réquisitions des généraux, les commissaires delà Convention eu ont autorise le payement.

Les commissaires de la Convention ont remis sur le bureau un paquet cacbetc adressé à l'admiiiistration. Ouverture faite d'icelui, il a été fait lecture d'un arrêté par lequel, sur les plaintes ipii leur ont été portées contre les maire et procureur de la comiuune de celte ville, les suspend de leurs fonctions et nomme en leur lieu el jilace les citoyens Lauwereyiis et Bailliaert, et chai'ge le conseil du district de le faire exécuter.

{Arcli. dép. (lu ÎVord, L, rojf. du dislrict de n'.-rjfues, fol. 36 v" et 37.)

5/j. uEncuEs, i5 AVRIL lyyS.

CARNOT AUX ADMINISTRATEURS DU DEPARTEMENT DU PAS-DE-CALAIS

Berguos, lo 1 5 aM-il 179.3, l'an 11 de la République française.

Citoyens achninislratcurs,

Le dénuement où nous trouvons la plupart des corps militaires nous décide à vous écrire pour vous engager de nouveau à porter toute votre attention sur cet objet capital, il faudrait donner des ordres pressants pour (pie dans les districts et municipalités on travaillât sans relâche à faire des bas, souliers, chemises, dont vous feriez ac(piitter le prix sur-le-champ par les caisses publiques et dont vous feriez surveiller la distribution par des commissaires.

Bergues et Dunkenjue sont menacées el il s'en faut beaucoup (|u'il n'y ait assez de monde pour les bien défendre'", (iomplétez donc le plus

f On lit dans le procès -verbal de la i3 avril 1793, on n.

séance du conseil du dislrict de Bergues, nl)u treize avril mil sp|>t cent qualre-

du i3 avril I7g3, les curieux renseigne- vingl-lreizo, l'an'serond de la Républitpie

ments suivants sur l'élal de nos troupes à IVançaise, présents les citoyens Deniari-

la frontière (Arcb. dép. du Aord, L, dis- eaux, président, Faulconnier, Boissier et

Irii'l de Bergues, fol. •3.5.) : Josselin, adniinislraleui'S, le ciloyen La-

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tôt possible les bataillons qui se trouvent tant chez vous qu'à Calais, Saint- Omer, Aire, Béthune et Boulogne, afin que nous puissions en tirer une partie pour nous renforcer ici.

Un objet de besoin infiniment essentiel est celui des affûts; il en manque partout et l'on ne sait comment s'en procurer, faute d'ouvriers et surtout d'ouvriers en fer. Il faudrait charger un commissaire pris hors de votre sein, si vous le jugez à propos, qui parcourrait les villes de Béthune, Aire et Saint-Omer, pour savoir s'il ne pourrait pas y trouver des personnes assez industrieuses pour fabriquer très promplement 100 ou plus, s'il est possible, d'affùls, d'après les modèles qu'ils trouveraient dans les arsenaux, et, dans ce cas, il faudrait mettre la main à l'œuvre sur-le-champ '".

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