BDLLETIN DE L'ARMEE AUTRICHIENNE SUR LA BATAILLE DE WATTIGNIES
Au quartier général de Pont-sur-Sanibre.
la et i3 octobre. Il ne s'est j)assé rien de nouveau à l'armée ; l'ennemi n'a entrepris qu'une forte reconnaissance le 1 3 au son-, sans cependant inquiéter nos postes.
Le 1 II. L'ennemi s'est approché avec toutes ses forces de notre corps d'observation placé entre la forêt de Moimal et Beaiunont, et il y a pris poste. Il n'y a eu
xomme toutes les autres de celte nature, sans avoir rien fait, et il n'en restera (ju'un levain de haine produite par la jalousie qui règne entre les puissances coalisées et les agents de leur aiiiLition et de leur tjTannie.n
('' Jourdan, on le voit, ne clicrchc pas à se faire valoir devant ia postérité et , s'il constate les fautes de l'adversaire, il ne dissimule pas les siennes. L'opinion pu-
blique lui fut favorable. Au club des Jacobins le sévère Hébert s'exprimait en ces termes le 18 brumaire an w (8 novembre 1798): ff Jourdan jusqu'ici s'est conduit vaillamment; ses eiinemis même lui rendent cet hommage et, quoique jeune, il est, à mon avis, un grand homme, puisqu'il a déjoué, ballu les généraux les plus consommés de l'Autriche. » (Cf. Momtmir, XVIIl, 383.)
[iGocT. 1793.] CORRKSPOINDANGE MILITAIRE DU COMITÉ. , 319
que des afiaires d'avant-postes , dans lesquelles la ' perte n'a été conséquente ni de part ni d'autre , et nos avant-postes ont généralement gardé leurs positions.
Le i5. Dès la pointe du joiu- l'ennemi se montra en fortes colonnes, poui-vues de plus de cavalerie qu'à l'ordinaù-e ; il marcha de toute part et fit replier nos avant-postes. Les bois et les ravins, que l'ennemi avait en avant et en amère de lui, emj)èchèrent de le charger et a])portèrent des oiislaoles à ce qu'il disposât avantageusement de sa nombreuse artillerie. On en vint donc à une très vive canonnade , dans laquelle l'artillerie de l'ennemi avait sur la nôtre l'avantage du nombre. Cependant nous empêchâmes l'ennemi d'avancer, et nous le forçâmes même, à l'aile droite et au centre, à se retirer. Le terrain était peu favorable h la cavalerie , et celle-ci ne put rendre des services aussi prompts que de coutume.
Nous prîmes à cette affaire douze pièces de canon et primes et tuâmes quelques cents hommes; mais l'aile gauche fut en quelque sorte entamée et ne put reprendre sa position qu'après avoir perdu beaurou|) de monde. Les efforts du brave major de Stein , Nesslinger, ont beaucoup contribué à nous remettre de ce côté-là. Le général major comte de Bellegarde a rendu de grands services h l'aile droite et a montré, ainsi que toutes les troupes, une grande intrépidité, comme aussi le lieutenant-colonel baron de Rouvroy, qui dirigeait l'artillerie et qui a eu un cheval tué sous lui. Le colonel Schmidt, de l'état-major, s'est pareillement beaucoup distingué dans les différentes dispositions qui ont été faites. Le général d'artillerie comte de Clerfayt, qui se trouvait au centre du corps d'observation, s'est de nouveau montré, par ses talents et son intrépidité, comme un excellent général. Le lieutenant général Terzy, qui commandait l'aile gauche, fait aussi un grand éloge du bataillon de Stein et de son commandant, déjà bien connu, le major de .Nesslinger. En général , on ne saui-ait exprimer avec quelle intrépidité et quel sang-froid nos troupes ont soutenu les attaques réitérées à tant de reprises pendant huit heui-es entières. L'ennemi s'élant retiré dans son ancienne position, sans qu'on ait jugé devoir le joindre de nouveau, on a lieu de s'attendre demain à une nouvelle attaque.
Le 1 6. Au matin il fil un brouillard extraordinaire et , dès qu'il s'éclaircit , on vit de nouveau l'ennemi s'avancer sur les mêmes points que la veille; mais il s'était renforcé par différentes lignes de troupes fraîches très nombreuses qui appuyèrent le centre et l'aile gauche. Le feu de l'artillerie fut effroyai)le toute cette journée de part et d'autre et fut secondé par un feu de mousqueterie non moins vif, et notre centre, ainsi que notre aile droite, se soutinrent parfaitement; jnais l'aile gauche fut entamée. Cet événement nécessita de sa part un mouvement réirograde, (pi'elle n'exécuta que lentement et non sans avoir encore enlevé à l'ennemi neuf pièces de canon; mais la levée du blocus de Maubeuge en devint une suite nécessaire, exigée par la prudence, pour prévenir les suites qui auraient pu résulter de la division de nos foi'ces, ce qui s'exécuta dans la nuit du i6 au 1 7 dans le meilleur ordre et sans la moindre perte. L'armée de siège passa donc la Sambre , près de Hautmont et de Recquignies , et celle d'observation la passa près de Boussières et de Pont. Nous occupons actuellement la rive gauche de cette
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rivière. La valeur des troupes ne saurait être exprimée, ayant'élé sous les armes pourtant deux fois vingt-quaire lieures sans avoir pris aucune nourriture et ayant eu à lutter ronli'e un ennemi très nombreux; elle» ont montré une luavonre que l'on peut dire sans exemple. Noire perle, dans les joui'nées du i5 et du 16, peut se monter en tués, blessés et égarés, à environ 3, 000 hommes, parmi lesquels beaucoup d'officiers. La perte de l'ennemi est évaluée au moins au double.
Outre celle affaire, qui eut lieu à la grande armée, le lieutenant général de Beujowsky, qui commandait un détachement à Beaumont, fut attaqué par un corps de 6,000 hommes. Ce heutenant général, inlbmié de la marche de cette colonne, envoya encore dans la nuit du i5 une division de Spleny-Infanlerie et une division de chevau-légers de Latour, sous le commandement du major Rclller, au devant de l'ennemi. Cette troupe, réunie avec les avant-j)ostes, attaqua le corj)s avec tant de fermeté qu'elle lui enleva deux pièces de canon et le força à la fuite'''.
Le 16. L'ennemi se ])résenla de nouveau de ce côté, et le major lieffler, ayant encore reçu un renfort de deux divisions de Spleny, avec deux pièces de canon, il attaqua de nouveau l'ennemi. Le commandant du balaillon, capitaine Kokowsky, de Spleny, fonça avec la baïonnette, et l'ennemi fut complèlement baltu. On lui prit dix canons, deux obusiers, onze chariots de munitions, six chariots de grenades , un chariot chargé de trois tonneaux de poudre , deux chariots de bagages et un drapeau. On a fait prisonniers un officier, un chirurgien et vingt-cinq hommes. L'escadron des chevau-légers de Latour a montré sa valeur accoutumée et a sabré environ 600 hommes à l'ennemi. Notre perle est d'un homme lue et 5o blessés.
Le lieutenant général baron de VVenckeim , détaché auprès d'Englefontaine , a l'ait faire vers Landrecies une petite diversion qui a pareillement réussi, tellement que les uhlans, sous la conduite du lieutenant-colonel prince de Srhwarzenberg, ont pénétré jusque dans les faubourgs de Landrecies, y ont taillé en pièces tout un poste des ennemis et ont fait quelques prisonniers.
Outre les généraux et officiers déjà cités, le lieutenant général baron de Teriiy, le colonel comte de Haddiek, des hussards de Blankenslein , le major Royer, de Klebeek, le major Nesslinger et le capitaine Caraccioli, de Stein, le major Barco, des hussards de^Rarco, ainsi que les régiments de Kleberk, Stein, Hohcnlohe et Rrechainville, et les cuirassiers de Kavanagh, qui ont le plus souffert, se sont, en général et en particulier, extrêmement distingués. L'artillerie s'est aussi signalée dans toutes les occasions, et le premier lieutenant Kéer, des dragons de l'archiduc Joseph, adjudant du général Rellegarde, a rendu de très bons services par son activité et sa valeur. Le lieutenant-colonel prince d'Anhall-Kôthen, annoncé comme tué , n'a été que blessé d'un coup de cartouche et il est égaré. 11 est à croire qu'il est fait prisonnier.
(Copie, Ai'cli. de la jjucrrc, armée du Nord.)
"' Il s'agit des troupes du {jénéral Klie, (jul rciilrùreut précipitaiiunenl dans Philippeville. (Cf. le récit de Jourdaii. )
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AVESNES, 1 6 OCTOBRE lyÇjS.