‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 129 sur 191 · LE GÉNÉRAL JOURDAN AU MINISTRK DE LA GUERRE BODCHOTTE · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL JOURDAN AU MINISTRK DE LA GUERRE BODCHOTTE

Au quartier générai d'Avesnes, ie 17 octobre, l'an 11 de la République française.

LE GÉNÉRAL JSiV CHEF DE L'ARMÉE DU SORD AU CITOÏEX MINISTRE DE LA GUERRE.

J'ai reçu hier, sur le champ de halaille, votre dëpêche, citoyen ministre. La division de di'oite , aux ordres du général Duquesnoy, a forcé le camp et le poste de Waltignies, que sa position rendait imprenable; mais rien n'a résisté à la bayonnelte des républicains. La division de gauche, aux ordres du général Fromentin , a forcé Levai, Saint- Waast, Saint-Rémy et Saint-Aubin.

J'apprends à l'instant que l'ennemi a évacué dans la nuit le camp qu'il avait sur les hauteurs de Dourlers , sans doute parce qu'il a craint d'y être enveloppé. Je monte à cheval et j'espère vous en rendre bon compte '*'.

Le combat d'hier a commencé à huit heures du malin et a c«ssé à la nuit.

'*' Outre ces lettres les deux frères Carnet écrivirent du champ de bataille à leur père pour lui annoncer qu'ils étaient sains et saufs. (Cf. Mémoires tur Carnot par ton fih, nouv. éd. , l, 4ao. ) Nous n'avons pas retrouvé le texte de cette lettre.

'*' Le 17 octobre 1798 Jourdan donna les ordres suivants : Au général Fromentin. Réunir sa division et la faire camper dans la position la plus convenal)le pour défendre le passage de la Sambrc. Donner l'état dos pertes éprouvées par sa division dans les

journées des 1 5 et 16. — Au général Cor- (lellier. Faire camper ses troupes en arrière de la haie d'Avesnes. Donner l'état des pertes. — Augénéral Z}a//o»i</. Camper dans les positions qu'A occupait avant de se porter en avant de la haie d'Avesnes. Donner l'étal des pertes. — Au général Duquesnoy. Campersur les hauteurs de Wallignieset donner l'état des pertes. —.Augénéral Beauregard. Camper sur les hauteurs de SoIre-le-Cbâteau et donner l'état des pertes. (Arch. de la (juerre, reg. de Jourdan.)

[lyocT. 1793.J CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 331

L'ennemi a perdu beaucoii[) de monde. Les républicains se sont battus avec un courage dont il n'y a pas d'exemple.

Les représentants du peuple Carnot et Duquesnoy ont marché à la léte des troupes qui ont chargé. Ils ont destitué sur le champ de bataille le général de brigade Gratien (pii , ayant reçu l'ordi-e de se porter en avant , avait battu en retraite. Cet acte (le justice a produit un bon effet et cette brigade a été de suite reprendre son poste.

Je n'ai pas le temps de vous donner de plus amples détails. Il est plus essentiel dans ce moment de se battre que d'écrire.

Salut et fraternité.

JODRDAN.

(Copie certifiée par Boucbotte, Arch. de la guerre, armée du Nord.)

AVKSNES, l'y OCTOBRE lygS.

LK céjCKRAL JODRDAN AC .MINISTRE DE LA OIERRE BOIICHOTTE.

Au quartier général à Avesnes, le 17 octobre 179.3, l'an 11 de la République'".

LS CITOÏES JOVBDAy , GÉmÉRAL B,V CHEF DE L'ARM EE DU XOltD , àV ClTOTElf BOaCBOTTS, MiyiSTRg DE LA GDERRB.

Citoyen ministre ,

IjCs troupes de la Républi([ue viennent de remporter une victoire signalée sur les satellites des tyrans coabsés. La supériorité du nombre, la position presque inexpugnable dont ils s'étaient emparés, tous ces avant<iges réunis n'ont pu arrêter la valeur de nos soldats. L'ennemi , attaqué au centre et sur les ailes , s'est vu forcer, malgré une résistance opiniâtre qui n'a fait qu'augmenter ses pertes. Sa position était extrêmement avantageuse. Maître des hauteurs couronnées par des bois, il avait établi différentes batteries qu'il fallait affronter avant de le joindre. 11 eût été aussi difficile que dangereux de l'attaquer de face , et la latitude de sou front ne me permettait de le tourner qu'en dégarnissant beaucoup le centre. Je pris cependant ce parti; j'ordonnai au général Duquesnoy de se porter sur le flanc de l'ennemi et de gagner une position qui me mît à portée de l'attaquer avec avantage. Ce général exécuta mon ordre avec autant de bravoure que d'intelligence ^'* , et celte

'') On lit en léte : rReçu le 27 (du Duquesnoy, «sans comiaissance et sans ta-

1" mois) i 8 heures du soir. Répondu le lents», qui a entravé les opérations de

î8.» Jourdan, cl son frère le général. «J'avais,

''' Hébert, dans la séance du club des dit-il, jusqu'à ce jour regardé Duquesnoy

Jacobins du 18 brumaire (8 novembre comme un l)ou patriote; c'est un cultivateur,

1793), attaqua violemment le représentant c'est un assez pauvre citoyen, il n'a pas les

GORRESPOINDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT

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