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manœuvre a ddcidi! du sort de celte bataille, qui a duré deux jours. L'ennemi, se voyant tourné , a opj)osé la résistance la plus opiniâtre pour garder le village de Walligiiies, qui couvi-ait son camp. Ce village a été pris, repris trois fois; les représentants du peuple Garnot et Duquesnoy ont été à la tête des lrou])es ; ils ont inspiré par leur exemple à nos soldats ce eourajfe digne des républicains français. Rien n'a pu leur résister; ce poste a été enlevé à la baïoimette, malgré le feu de la mitraille et des obusiers. Mallieureusement la nuit est sui-vcnue et il me fut impossible de pousser plus loin rennemi. Je m'attendais ce nialin à le forcer jusque
qualités d'un générai et nen a pas sans doute les pretenlions. Pourtant il est certain qu'il a voulu mettre un sien frère à la tète des années et qu'il s'est constamment opposé aux vues de Jourdau, pour pouvoir l'entourer du soupçon. Je ne veux contre le frère de Duquesnoy que les témoignages de Duquesnoy lui-même. Un jour, en ma présence, le ministre de la guerre, qui s'occupait alors de régénérer l'armée, sachant que Duquesnoy avait un frère dans les armées , lui demanda à quoi il pouvait l'employer. Duquesnoy répondit : tr Je vous prie de le laisser à sa place; il n'est pas bon pour commander une armée, pas même une division; il est fort bien à sa ])iace. » C'était alors son sentiment : je regardai cet aveu comme admirable ; cependant il paraît qu'U a bien cbangé; il en veut faire un général. Il tient maintenant sous le despotisme le plus cruel et le général Jourdan et l'armée entière : personne n'oserait écrire au Comité de salut public; la lettre serait interceptée, fauteur arrêté, traîné dans les cachots, ji — (Cf Aulard, La société det Jacobins, V, 5oo.) — Celliez, ancien commissaire du pouvoir exécutif à l'armée du Nord, confirma les dires d'Hébert et il lut des lettres accusant les représentants de ne pas être toujours à leur poste et Carnot de chercher à faire avancer son frère. Hébert ajouta que Duquesnoy avait dit faussement (jue son frère s'était distingué à \\'atlignies. (Cf. Moniteur, XVIII, 890). — La dénonciation d'Hébert fut transmise au Comité de salut public. Elle contenait des inexactitudes, car on voit que le général Duquesnoy, promu divisionnaire par Bourhotte le 3 septembre 1798, malgré les jirotestations de son frère (cf plus haut.
p. aoo, note i ), était tenu en grande estime par Jourdan et avait pris une part glorieuse à la victoire de Wattignies. D'ailleurs, dans la séance du 19(9 novembre), Duquesnoy se défendit d'avoir voulu élever son frère aux grades, rrje déclare, dit-il, que je n'ai qu'un frère dans les armées, que je n'ai jamais sollicité pour lui; qu'il fut fait général de brigade sans ma participation, et à la recommandation d'Hébert lui-même. Enfin , nommé général de division, le ministre de la guerre m'écrivit pour l'en aviser. Je lui répondis pour lui témoigner ma surprise qu'il ne m'en eût pas prévenu auparavant, et je dis formellement que je ne doutais point du patriotisme de mon frère, mais beaucoup de ses talents pour celle place. Cependant, voici une lettre écrite par le chef d'état-major Henoud (lisez Ernoiif), contenant les détails de Taflaire de Maubeuge, dans laquelle on dit que c'est particulièrement à Duquesnoy et à Jourdan , dont on fait aussi féloge parlait , que le succès de celle journée est àù.n — Duquesnoy disait vrai et il trouva un appui dans Robespierre, qui réfuta en ces termes les calomnies proférées par Hébert contre les généraux, tt D'abord je vous dirai que nous sommes parvenus à réunir dans l'armée du Nord trois républicains qu'il serait peut-être fort dillicile de rencontrer adieui-s. C'est Beauregard, général sans-culolle, dont vous connaissez les talents. C'est Renoud ( Ernouf) , chefdel'état-niajor. ami de Jourdan; c'est Duquesnoy, ami aussi de Jourdan. Tous trois s'entendent parfaitement, et l'amitié de ces trois hommes peut sauver la chose publique.» (Cf. Aulard, ut supra.
dans ses derniers retranf hemenls ; mais , profitant de l'obscurité de la nuit et d'un brouillard épais qui s'est élevé et a duré jusqu'à midi, il a opéré sa retraite et repassé la Sambre, au-dessus et au-dessous de Maubeug'e. Sa pei-le est d'environ six mille hommes. Nous n'avons eu, de notre côté, qu'environ deux cents hommes de tués et douze cents de blessés. L'ennemi avait déjà repassé la Sambre quand j'ai été averti de sa retraite ; il ne l'aurait pas faite facilement sans le brouillard qui me cachait absolument ses mouvements. Enfin Maubeuge est libre. Notre avantage eût été beaucoup plus considérable sans la lâcheté du général Gralien, qui lit battre en retraite ime brigade destinée à renforcer l'attaque du village de Wallignies. Ce général a été destitué par les représentants du peuple à la tête de sii colonne et mis en élat d'arrestation.
Je ne puis trop louer le courage et l'énergie que les soldats républicains ont montrés dans cette action. C'étaient autant de héros. Le citoyen Cariiot , chef de brigade du génie, a rendu les plus grands sei-vices. Il m'est de la plus haiile inqwrtance de conserver ce brave homme à l'armée du Nord , qui manque absolument d'ingénieurs. J'espère que vous voudrez bien donner des ordres poiu- cpi'il y soit employé.
Je m'occupe à prendre des mesui-es pour profiter de la défaite de rennemi ; je ferai les plus grands efforts pom- le chasser du territoire français. J'attends tout de la valciu-, du zèle et du courage de nos soldats.
Salut et fraternité.
(Orig. , Arch. de la guerre, armée du Noid.)
JoUBOAN.
CARROl'GBS, 17 OCTOBRE 1793.
LK GÉNÉRAL KELLERMAPiN AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
Analyse. — Deux letli-es : l'Envoi d'une lettre du général du Merbion''' el
<" Pierre Jadarl du .Merbion , ne à Montnioiilant (Ardennes) le 3o avril 1787, fils d'un major d'inraiileric, lieutenant du bataillon de milice de. Mazarin le i"a>ril 17.54, lieutenant au régiment de Vastan le 5 novembre 1757. prisonnier de guerre à Harbourj» le 38 décembre 1737, échangé le a3 juillet 1761, sous-aide-major le t" février 17O3, aide-major le ag février 17C8, capitaine le 10 septembre 176g, capitaine de chasseurs le 6 juin 1776, chevalier de Saint-Louis le 99 janvier 177g, capitaine en second de grenadiers le a avril 1780,
capitaine commandant le 95 février 1789, lieutenant-colonel du gt' régiment le 5 février I7ga, colonel le i5 octobre 179».
maréchal de camp provisoire à l'armée d'Italie le 93 novembre 1799. général de brigade le 8 mars I7g3 et de division le j5 mai suivant, général en chef provisoire de l'armée d'Italie le 8 août i7g3, confirmé lo lô prairial an n (3 juin 1794), commandant en chef des armées d'Italie et des Alpes le 4 fructidor an 11 ( 9 1 août I7g4), remplacé par Sclierer le i3 brumaire an ni (3 novembre 1794), pen-
[i 7 ocT. 1793. J
d'une coj)ie d'une lettre du résident de France à Gênes ''> annonçant que le Midi est menacé d'un grand effort de l'ennemi. Il a donné ordre à deux bataillons de se rendre à Grasse et a envoyé des munitions au général du Merbion. 11 prie le Comité de lui laLie passer des secours de Lyon. — 9° Se conformant à l'ari'êté du Conseil exécutif prononçant sa destitution'*', il a écrit au général d'Omac'*' pour lui remettre le conminndement de l'armée '*'.
(Analyses, Arcli. de la guerre, reg. D du Comité de Salut public, p. Ci3.)
sionné le 18 floréal an m (7 mai 1795), mort à Montmeillant le 7 ventôse an v (20 février 1797). Le général du Merbion avait fait les campagnes d'Allemagne de 1737 à 1761, une sur mer en 17C3, et avait passé huit ans en Amérique, de 1765 à 1778. (Cf. Paul Laurent, Notes inédites sur le général du Merbion; Paris, 1 SgS , in-8°. )
<" C'était Tilly.
'-' Le général Kellermann avait en vain protesté contre sa clestitulion (cf. p. 255). L'impopularité du vainqueur de Valmy était extrême. En effet, clans la séance du club des Jacobins du ig octobre 1798, on lut une lettre de lui, par laquelle, après s'être félicité d'avoir fait triompher le patriotisme dans le dépapteraent du Mont- Blanc, il priait la société de lui confirmer le titre de général des Jacobins, que lui avaient donné les ennemis. Cette lecture souleva des protestations telles, que, sur la proposition de Pereira, Kellermann fut rayé de la société des Jacobins. (CL Aulard, La société det Jacobins, V, i68.)
W Jean -Jacques de la Roque d'Oies d'Ornac, né à Angles (Hérault) le 21 mars 1739, fils de Jean, sieur d'Ornac, cornette au régiment de dragons de Languedoc le )0 juin 1766, réforme le 99 septembre 1 768, lieutenant en second le 7 juillet 1749 et en premier le 18 août 1751, capitaine le 10 février 1769, chevalier de Saint-Louis le 12 mars 1768, aide-major le 13 juin 1763, major du régiment Mestre-de-camp-général le 9 décembre 1771, rang de mesire de camp le 8 mars 1774, lieutenant-colonel le 8 avril 1779, brigadier le 1" janvier 1784, maréchal de camp
le 9 mars 1788, employé à l'armée du Midi le a 2 mai 179a, lieutenant général le 7 septembre 1792, commandant en chef provisoire de l'armée des Alpes en l'absence de Kellermann le 26 avril 1 798 , destitué le 99 juin, réintégré par le représentant Gauthier le 38 août 1798, autorisé à prendre sa retraite le 1" frimaire an 11 (21 novembre 1798), retiré à Angles, où il vivait encore en l'an vni. Le général d'Ornac avait fait les campagnes d'Italie de 1744 à 1748 et d'Allemagne de 1761 et 1762. 11 avait été blessé d'un coup de feu à l'épaule lors de la descente des Anglais à Cherbourg en 1768.
'*' Le a 5 octobre 1798 le général d'Ornac écrivit des Marches à Bouchotte pour lui mander qu'après la retraite précipitée des Piémonlais sur le mont Cenis et le mont Saint-Bernard , il a établi son quartier général aux Marches pour veiller sur la Maurienne et la Tarentaise. 11 avait doimé'ordre au général Le Doyen d'attaquer les Piémonlais qui se fortifiaient au col de la Roue, mais, vu la suspension de ce général, l'attaque a été contremandée. R ne sait que faire, vu que le bruit court que lui-même est suspendu et remplacé par le général Doppct, trce qui, dit-il, me jette dans un embarras extrême, en me forçant d'user de la manière la plus circonspecte du commandement qui m'est confié, ri (Orig., Arch. de la guerre, armée des Alpes.) — Le 3i octobre, le général Doppel prévint le ministre qu'il avait ordonné au général d'Ornac de cesser tout commandement. (Arch. de la guerre, armée des Alpes. )
[i7 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 335
BELVER, l'y OCTOBRE 1793.
LE GÉNÉRAL DAGOBERT AU COMITÉ DE SALLT PUBLIC
Aa quartier géoéral de Belver, le 17 octobre 1793 , l'an 11 de la Républiqiio frani;aise.
LE GiyÉBÀL DAOOBERT ÀVl CITOÏEyS HEPHÉSEMàSTS DV PEUPLE COMPOSÀM LE COMITÉ DE SALVT PUBLIC DE LA COMEXTION NATIOHALB.
Les Espagnols semblaient menacer celte frontière de la Gerdagne; ils avaient a[)j)osté huit cents hommes au village de Monteilla et cinq cents à celui de Martinet, dont les patrouilles et les postes avancés se fusillaient chaque jour avec les nôtres. li m'était également rapporté qu'il était arrivé deux régiments de plus à Urgel , outre ceux qui composaient l'armée que j'avais chassée de la Perche. Je ne me suis pas néanmoins départi jK)ur cela du projet que j'avais foniié d'aller attaquer cette place; je me suis en conséquence porté sur Monteilla et Martinet, que j'ai attaqués ce matin.
Le premier de ces villages est situé sur une hauteur et presque entièrement environné d'un ravin profond, qui le rend inaccessible; j'ai fait avancer pendant la nuit des léles de colonnes pour le tourner et s'emparer des hauteurs; elles étaient gardées par l'ennemi, mais, après une fusillade très vive, nous l'en avons délogé. Nous l'avons pareillement délogé des deux villages. Nous nous sommes emparés de quelques caisses remplies de cartouches et fait dLx-neuf prisonniers. Le soldat, à qui le représentant du peuple Cassanyès avait fait mettre le fou à Riber, a cru pouvoir faire encore de m(*me, et, quoique soin que je me sois donné, je n'ai pu empêcher le pillage et l'incendie. Toute l'armée et le représentant Cassanyès lui-même, qui était présent, rendraient témoignage, s'il en était besoin, des démarches que j'ai faites pour prévenir ces malheurs. Néanmoins j'entends dire (jue la malveillance , qui me poursuit depuis ([uelque temps , se permet d'en rejeter la faute sur moi , comme si un général pouvait éti-e partout et empêcher les désordres dont un représentant du peuple avait pi'écédommcnt donné lui-même le signal. Cotte circonstance, plus encore que les propos et l'inqn'obation du représentant du |)euplo, m'a fait ramener l'année en cantounomonl, dans les environs de cette place , et renoncer pour le moment à l'attaque d'Urgel '"'. Nous n'avons eu que deux hommes de tués et [leu de blessés.
Salut et fraternité.
Dagobebt.
(Orig. , Arcli. de la guerre, armét; des Pyrénées orientales.)
'■' Le général Dagolierl s'entendait assez ne participait pas. (Cf. dans /a Rétoliilion
mal avec le rfprés«;nlant Cassanyès, qui, frnnçaite, l. XIV, p. 806, un article de
de s«n côté, arrusait celui-<-i de ne pass'in- M. P. Vidal, biblintliéraire de Perpignan,
Icresser au succès des combats auxquels il sur la bataille de Trouillas.)
336 CORRESPONDAiNCt: (GÉNÉRALE Oli GAIWUT. [17 oct. 179.*?.]
PARIS, fj ocTOBitK lygS.