LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCIIOTTE AU GENERAL PICBEGRU
Il n'est plus moyen de résister, général , à la voL\ de la patrie qui vous réclame au [K)ste qu'elle vous a confié. L'échec du 29''' n'aurait certainement pas eu lieu, si les chefs eussent été meilleurs'''. Hâtez-vous de vous rendre sans différer
chiflns; mais ce n'est pas assez, ni pour raflerniisscnient de la République , ni pour le succi's complet de cette campagne. Elle doil élre la dernière, et son influence doit nous rendre Condé, Valenciennes cl le Quesnoy. C'est d'Avesnes et de Maubeuge que doil sortir la Icrreur qui doil terrasser tous nos ennemis dans le Nord. Votre exemple renforcera le Rhin et dans quelques jours la lerre de la liberté sera purgée de ces hordes de brigands.
«Que la Sambre soit leur tombeau! Elle ne sera pas pour vous une l)orne à vos triomphes. Le Comité de salut public applaudit à vos généreux efforts, il attend encore de vous et de l'armée des succès plus grands et une victoire complète et nécessaire à la liberté. Que l'armée des tyrans soit extcrniince!)i
"' Jacques Rcrlbault, dit Berlaux, né à Audrieu (Calvados) le 10 janvier 1783, engagé au régiment d'infanterie de Roban le a8 mars 1748, sergent en 175.'5, lieutenant le i" janvier 1768, lieutenant de grenadiers le 10 juin 1768, capitaine en
second de la compagnie Colonelle le 1 1 juin 1776, chevalier de Saint-Louis le -ig décembre 1777, major de la place de Rocroi du 8 avril 1779 au 1" août 1791, général de brigade commandant à Philippevilie le 3o juillet 1793, destitué le 1" décembre 1793, autorisé à prendre sa retraite le 39 octobre 1 795 , mort à Rocroi ( Ardennes) le 3 1 novembre 1799. Le général Rectaux avait fait les campagnes de Flandre en 17/18 el d'Allemagne de 1767 à 1759. Il avait été blessé d'un coup de feu à la cuisse gauche à la bataille de Rergen le i3 avril
'*' Le même jour, le général Berlaux écrivit dans les mêmes termes au ministre de la guerre et aux représentants du peuple à .Sedan. Le 19 octobre, le général Elle envoya une relation détaillée à lîoucholle. ''' Le aa° jour du 1" mois de l'an n, c'est-à-dire le i3 octobre.
<*' Les Impériaux avaient célébré la prise des lignes de Wissombourg cl le général Wurmser avait adressé , le 1 5 octobre , à son armée, l'ordre du jour suivant (Arch.
344 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. -[iSoct. 1798.]
près des représentants du peuple , Saint-Just et Le Bas , qui viennent de partir d'ici poui' le quai'tier général de l'armée du Rhin ; prenez le commandement de cette armée, ainsi que le porte l'arrêté du Conseil , appi'ouvé par le Comité de salut public , que je vous avais adressé le 1 3 de ce mois. Vous devez en ce moment vous dévouer pour la patrie. Oui , je le répète , la retraite et les désordres ne seraient pas arrivés si vous vous étiez mis alors en possession du commandement. Je m'en réfère 'aux lettres que je vous ai adressées les i3 et i5 de ce mois. J'ajoute que les troupes sont excellentes , qu'elles pleuraient de rage , demandant des chefs et ne sachant oîi se raUier. On assure que des généraux sont passés à l'ennemi, que des malveillants ou insouciants ont laissé sui'prendre les postes avancés, enfin que les chefs, presqu'en général , n'ont montré ni bravoure, ni zèle. Il faudra rechercher et faire punir les coupables, épurer l'armée, lui inspirer de la confiance , la mener promptement attaquer l'ennemi , qui ne résiste jamais à notre impétuosité. Enfin, il faut marcher au secours de Landau. Le général Lauhadère, qui y commande, m'écrit du ao'"', qu'il est en mesure de rendre vains les projets des ennemis , d'après les dispositions bien fortement prononcées de la garnison, qui ne se rench'a point, dit- il, n'y ayant point d'alternative entre l'indépendance ou la mort pour de vrais républicains. Il ajoute que les fortifications singulièrement perfectionnées chaque jour sont dans un état imposant. Les représentants y ont suspendu le général de brigade Serviez et son aide de camp de Mestre, commandant Saint- Vincent'"' et Laval''', chefs des ai' et 55' régiments,
liist. de la jjuerre, armée du Rhin, carton 2fl-i3, livre d'ordres de l'armée de Condé, a' registre) :
it Quoique je n'aie jamais douté, malgré les dangers de mon entreprise, de remporter la victoire et de passer les lignes, aidé par une troupe aussi valeureuse que celle que j'ai l'honneur de commander, je ne m'en crois que plus obligé à lémolgner une vive reconnaissance à MM. les ofliciers généraux et particuliers, ainsi qu'aux basofficiers et soldats de mon armée et à celle aux ordres de S. A. R. Monseigneur le prince de Condé , à cause du courage et de la présence d'esprit qu'ils ont montrés dans cette occasion.
«La journée du i3, étant mémorable par ses succès, a acquis à l'armée de nouveaux lauriers et les plus brillants. 11 sera, eu conséquence, célébré demain 16, à 10 heures du malin, une messe solennelle et un Te Deum en actions de grâces; il sera fait trois décharges do toute l'artillerie et de toute la mous(]uelerie de l'armée. Le feu du canon commencera à la droite du
corps de M. le prince de Waldeck. Le feu du canon parvenu à la gauche , celui de la mousqueterie y commencera et reviendra à la droite, et ainsi de suite les trois décharges.
«Le comte de Wubmser.h
''' Le 1 1 octobre.
(^' François-Pierre-Jean d'Aiglun de Saint- Vincent , né le 37 novembre 1749, soldat au régiment de Médoc le 10 juin 1767 , sous-lieulenani le 9 novembre 1779, capitaine d'infanterie au service de Hollande le 1" avril 1778, capitaine dans la légion de Maillebois le 1" mars 1786, capitaine d'infanterie à la suite de l'armée en Hollande le i5 avril 1786, major de la garde nationale parisienne soldée le 1" septembre 1789, lieutenant-colonel du i3' bataillon d'intanterie légère le 3 août 1791, chevalier de Saint-Louis le 17 juin 1799, colonel du 91' d'infanterie le 19 juillet 1799, mort le 10 germinal an 11 (3oniars 1794).
<^' Anne Gilbert de La Va! , né à Riom (Puy-de-Dôme) le 9 novembre 1769.
les chefs du a* de l'Allier'"', 5' de Seine-et-Marne''', de la constitution du 21' de cavalerie''', et Dedon'*', chef de l'artUlerie. Je vous prie de me rendre compte des
cadet -gentilhomme le 10 janvier 1781, sous-lieutenant le 1 '1 avril 1783, lieutenant en second le 38 août 1787, capitaine le i5 septembre 1791, lieutenant-colonel au 55° d'infanterie le 3 juin 1799, suspendu le 16 nivôse an 11 (5 janvier 1794), réintégré le 16 pluviôse an m (4 février 1795), chef de la 2o3' demi-brigade le iG messidor an lu (/i juillet 1795), et de la 100' demi-brigade le 97 pluviôse an 1» (16 février 1796). géfiéral de brigade le 39 prairial an vu (10 juin 1799) et de division le ao septembre 1809, baron de l'Empire, mort à Mora (Catalogne) le 6 septembre 18 10.
Cl Jean - Baptiste Party, né à Moulijis (Allier) le 10 octobre 1756, soldat au régiment de la Couronne le !5 février 1775, caporal le 1 7 mai 1 778 , congédié le 1 5 février 1783, chef du 9' bataillon des volontaires de l'Allier le 17 septembre 1799, membre de la Légion d'honneur le 3o messidor an XII (19 juillet 180/i), commandant d'armes à Eppingen (Allemagne), où il mourut le '1 décembre i8o5. 11 avait élé blessé d'un coup de feu à la cuisse gauche le /i thermidor an iv (99 juillet 1796).
'*' François Dujont, né à Fontainebleau , premier lieulenant-colonel du 5' bataillon de Seine-et-Marne le 9 3 octobre 1799, mis en arrestation le 90 nivôse an 11 (9 janvier 1794).
''' Nicolas Maurice, ne à Thionville (Moselle) le i5 mai 17G9, hussard dans le régiment Colonel-Cénéral le 96 octobre 1783, fourrier le 90 août 178/1, maréchal des logis chef le 90 mai 1788, quarlieruiaitrc trésorier le 11 mai 1789, capitaine le 93 novembre 1793, chef d'escadron le 96 janvier 1798, chef de brigade^ du 91' de cavalerie le 90 juillet 1798, général de brigade le 33 août 1798, mais refuse ce grade, destitue le 98 nivôse an 11 (19 janvier 179'!), réintégré le i" nivôse an III (ai décembre 179A) et replacé à la t*te du 9 1' de cavalerie, commandant en second de l'école d'insiruclion des troupes
à cheval à Versailles le a8 thermidor an vu (16 juillet 1799), et en premier le 6 vendémiaire an X (38 septembre i8oi), colonel de la 89' légion de gendarmerie le 1" septembre 1810 et de la 19' le 5 septembre 181/i, maréchal de camp honoraire le i3 septembre 1820, mort à Versailles le 3 1 décembre 1 889.
''• François -Louis Dedon, né à Toul (Meurtbe)le 91 octobre 1769, aspirant à l'école d'artillerie de Metz le 1" avril 1777. lieutenant le 1 '1 juillet 1780, capitaine en second le 17 mal 1787, directeur de l'artillerie à Mayence en 1 798 , commandant en chef de l'arlillerie à Landau en octobre 1798, chef du 1" bataillon de pontonniers à l'armée du Rhin le 10 floréal an m (39 avril 1795), chef de brigade le 91 prairial an v (9 juin 1797), commandant du 7' régiment d'artillerie à pied le 19 prairial an ix (i" juin 1801), directeur de l'artillerie à Strasbourg le 20 brumaire an XII (13 novembre i8o3), membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an xii (1 1 décembre i8o3) el ollicier le 9 5 prairial an XII (l'i juin i8o'i), général de brigade le 98 octobre i8o5, commandant l'arlillerie de l'armée du Nord le 8 n(v vembre i8o5, directeur général du parc d'arldicrie de l'armée de Naples le 98 août
1806, général de division au service du roi de Napics Joseph Bonaparte le 8 novembre 1807, commandant de la Légion d'honneur le 19 juin 1808, commandant en chef de l'artillerie au siège de Saragosse le 3'i mars 1809, colonel-général de l'artillerie du roi d'Espagne le 2 décembre 1809, reconnu dans son grade de lieutenant général le 1" juin 181 4, chevalier de Saint-Louis le 99 juillet 181 4, admis à la retraite le 94 décembre i8i4, rappelé à l'activité le 17 mars i8i5, retraité le 9 décembre i8i5, mort à Vanves (Seine) le 19 janvier 1880. Paul-Louis Courier, (|ui avait servi sous ses ordres en
1807, lui a consacré queUpies-uncs de ses lettres les plus piquantes.
346 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CAR.NOT. [19 oct. 1793.]
motifs de ces sus|>ensions , siir lesquelles je ne peux me former encore une idée. Je crains qu'il n'existe encoi-e quelques germes de division dans cette place qui pourraient atténuer ses moyens de défense , et qui rendent d'autant plus urgent le secours que vous allez y porter pour dégager cette clef importante de la République. Hâtez-vous, général, de rechorciier les maux que la trahison a cheirlié à nous causer, et faites-vous pi'ouiptement connaître à l'armée du Rhin ])oui' un bon sjinsculotte tel que vous êtes , et soyez sûr qu'elle vous suivra bientôt avec soin dans le chemin de la victoire.
(Arch. de la guerre, armée du Rhin, reg. 47, p. ao.)
PARIS, 19 OCTOBRE lygB.
LE MINISTRE DE U GUERRE BOCCHOTTE AU GÉNÉRAL EN CHEF DE L'ARUÉE DD RHIN.
Je m'empresse, général, de vous apprendre que les troupes des armées du Noi-d %iennent de remporter une victoire signalée sur les Autrichiens qui avaient fait l'investissement de Maubeuge. Ïa\ supé'iorité du nondire et la position presque inexpugnable qu'ils occupaient n'ont pu arrêter la valem- des répidilicains, et une résistance opiniiitre n'a fait qu'augmenter la perte des Autrichiens. Le combat a duré pendant les deux journées du ai au 95. L'ennemi, prolitant de l'obscurité de la nuit et d'un brouillanl épais, a opéré sii retraite et rejwssé la Sambre au-dessus et au-dessous de Maubeuge. Sa perte est d'environ 6,000 hommes et la nôtre est à peu près de aoo tués et 1,300 blessés. Maubeuge est délivré; on ne peut trop louer le courage et l'énergie des républicains qui se sont montrés comme autant de héros.
Je viens de recevoir aussi la nouvelle officielle de la prise de Mortagne et Cholet dans la Vendée , avec vingt-huit caissons et bouches à feu. Les rebelles sont jwursuivis jusque dans leure derniei-s repaii-es. Leur chef Lcseiu-e vient d'éti-e tué avec plusieiu-s auli-es.
Faites, sur-le-champ, part aux troupes de ces bonnes nouvelles; engagez-les à imiter leiu^ frères d'armes du Nord et de l'Ouest, et faites-leur remarquer que jamais les ennemis n'ont pu résister à l'att^ujue impétueuse des francs républicains. Ne donnons nulle relâche à ces féroces satellites des despotes; concertez vos mouvements avec l'armée de la Moselle et, suivant les combinaisons et les dispositions que vous am-ez faites d'après les ciifonstances et les positions, frappez vigoureusement les ennemis, coupez-leur la retraite, les vivres et les numilions, et songez qu'ils n'ont dû quelques succès éphémèi-es qu'à la trahison et à l'insouciance des mauvais citoyens qui se sont trouvés dans nos armées.
(Arch. de la guerre, armée du Hliin, carton a a-i3. reg. 47, |). ai.)
[igocT. 1793.1 CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ.
AVESNES, 19 OCTOBRE l"]^^.