‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 137 sur 191 · LE GÉNÉRAL JOURUAN AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL JOURUAN AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE

Analyse. — Il mande que les joiirndes des i5 et 16 octobre ont été si vives que l'annde s'est trouvée ddgarnie de mutations. Aussi en a-t-il demandé à LiUe, Douai et Arras. Il propose de créer h la Fère un établissement pour la confection des cartouches à canon et à fusil. Il se plaint que le parc manque de chevaux. Il a donné onlre au commissaire ordonnateur d'approvisionner de munitions les places de Maubeuge, Landrecies et Avesues. Il attend le résidtat des opérations du général D'Avaine dans la Flandre maritime. rrLe représentant du jieuple Caraot jMrt à l'instant pour Paris. Il fera part au Comité de salut j)ul)lic de la [)osilion de nos ennemis, qui se sont tous réunis du côté de Betlignies et qui présentent une force considérable. Je lui ai témoigné le désir que j'aurais que le Comité de salut public voulût bien me tracer un plan d'opérations. Nous avons ou une longue conférence à ce sujet; nous avons discuté le pour et le contre de différents projets, de manière ([u'h l'arrivée du citoyen le Comité pourra facilement prononcer'''. J'ai vu partir d'ici, avec peine, le citoyen Carnot, de même que son frère, chef de brigade du génie, qui s'était rendu auprès de moi par ordre des représentants du peuple, et qui n'a pas cru dfwoir rester ici plus longtemps. Les conseils de ces deux citoyens m'ont été intlniment utiles et je vous avoue avec franchise que, me voyant réduit h moi-même , je me défie de mes connaissances '''. »

(Copie certifiée par Boucbotle, Arcli. de la guerre, armée du Nord.)

'" A ce sujet , Jourdan a écrit les lignes suivantes dans ses Mémoire» inédits, conservés au ministère de la (juerre. Après avoir raronlé que le duc d'York rej(>i([nil l'armée ennemie avec i5,ooo hommes, le 16 octobre au soir, il ajoute ; tr Nonobstant re renfort qui portait l'armée des allies à près de 80,000 hommes, tandis que celle de la République n'en roniptail pas plus de 5o,ooo, y compris une partie de la garnison de Maubeuge, Carnot n'en était pas moins d'avis de s'avancer au delà de la Sambre. Le gi-néral en chef, calculant les suites d'une entreprise aussi téméraire et prràumant avec raison que l'ennemi, après avoir échoué devant Uunkerque et Maubeuge, n'entreprendrait rien pendant l'hiver, voulait au contraire rester sur la défensive et insistait fortement sur la néccsailé

d'incorporer les bataillons de réquisition dans les anciens cadres, opération qui, dans peu de mois, mettrait l'armée sur le pied le plus respectabli'. Carnot n'était pas éloigne de partager celle opinion, mais, pressé par le Comité de salut public qui, dans l'enthousiasme de la victoire de Wattignies, avait conçu le projet de reconquérir, sans délai, les places perdues et d'envahir la lîelgiipie, il se borna à autoriser Jourdan à attendre de nouveaux ordres cl se rendit à Paris. n

'" En marge de la lettre de Jourdan, du tg octobre 179?, Itoucholle a répondu en ces termes : it Knvoyer à Jourdan le détail des ordres donnés en poudre , boulets , cartouches. Le Comité de salut public s'occupera de ses demandes d'un plan et il y a lieu d'espérer que le représetilaTit (iarnot

CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [19 oct. 179.3.

AVESNES, ig OCTOlillE 1793.

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