‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 14 sur 191 · DES PYRÉNÉES-ORIENTALES, AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC · texte numérisé non relu

DES PYRÉNÉES-ORIENTALES, AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Analyse. — Envoi des élats demandés. Les souliers manquent absolument , oai' il n'y en a pas une paire en magasin. Les chevaux de l'armée n'ont pas eu d'avoine depuis quinze jours.

(Orig., Arcb. de la guerre, armée des Pyrénées orientales.)

lenant on pied le 1" janvier 1791, chevalier de Sainl-Louis le lo avril 1791, capitaine le 95 janvier 1799, aide de camp du général Valence le 1" mai 179^, lieutenant-colonel de la légion Kellermann le 1" juillet ) 799 , chef de brigade du 1 li' dragons le 1 ^1 octobre 1792, retraité le 1 3 mars 179C, sous-inspecteur aux revues le 97 février 1800, démissionnaire et remis en jouissance de sa pension le 9 7 octobre 1800, mort à Metz (?) le 96 janvier 1895. Il avait fait, sous l'ancien régime, les campagnes de Hanovre en 1761 et 1769 et de Brabant en 1768. Il avait eu devant Charleroi , le 1 6 juin 1 79/1 , le bras gauche cassé et une cote enfoncée par im boulet de canon.

'" Paul .Guillaume, né à Courcelles- Chaussy (Moselle) le II mai 17/4'!, fils d'un pàys-in, entre dans les mineurs en juin 1760 et au régiment d'artillerie de Toul en 1764, professeur et examinateur des élèves de l'artillerie et du génie eu Prusse en 1779, rentré en France en 1789., où il devint professeur pour la partie militaire au corps de la gendarmerie française, retiré à \ audoncourt , procureur de la Commune et commandant de la garde nationale du district après la Révolution, comman-

dant la i" compagnie franche de la Moselle lo 3i mai 1799, chef do brigade provisoire le iC juillet 1798, nommé général de brigade provisoire par les représentants à l'armée de la Moselle le 5 septend)re 1798, nus en arrestation le 6 octobre suivant , employé à l'armée des Pyrénées orientales le 8 août 179'!, confirmé dans son grade et employé à rarmée d'Italie le i3 juin 1795, mort à Brescia (Italie) le 28 ventôse an VII (i3 mars 1799). Il eut pour fils le général et écrivain militaire baron Frédéric-François-Guillaume de Vaudoncourt, né en 177a et mort en 1 845.

<*' Gf. un état , signé par le chef d'étatmajor Hédouville lo 36 août 1798, des trou|ios fouruios par l'armée de la Moselle à colles du Rhin et du Nord. (Orig., Arch. do la guerre, armée do la Moselle.) Hédouville transuHt lo mémo jour cet état au Comité de salut public.

W Gaspard-Vincent-Félix Giacomoni , né à Savone ( Piémont ) le 1 7 décond)re 1750, volontaire au régiment d'Anhall- Infauterio lo 1" mars 1768, sous-lioutenaut dans Royal-Corso lo 99 lévrier 1770, lieutenant lo 98 juillet 1770, capitaine au 9' do grenadiers le 8 avril 1779, en mission à Naples pour l'organisation de l'ar-

[i7 AOÛT 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITE. 19

1111 régime comiiinii tous les intëréis de commerce, fie politique et autres; d'oîi il s'ensuit que dans l'ai-mée anglaise ou lit et on vante notre constitution. Le but et l'amhition du duc d'Yorck serait de s'emparer de la Flandre maritime.

L'Autrichien est dans le plus grand déiuiemenl , eu désordre, vil mal avec l'Anglais qu'il déteste et dont il se croit méprisé, pille, brûle, dévaste et laisse partout des traces de sa brutalité. Son état-major jiaraît plus occupé de vengeance que de conquêtes: il est devenu plus em-agé, plus indiscipliné, plus cruel depuis la traduction d'Antoinette devant les tribunaux '''.

Le Prussien a l'air de n'agir que faiblement et d'épier l'occasion d'une retraite absolue.

Ces conjectures sont fondées sui' des relations naïves et vraies de quelques villageois conduits devant les différents chefs et interrogés par eux.

L'Autrichien leur demande ; la Reine est-elle jugée? Il leur rejn'oche la mort du Roi. L'Anglais leur fait amitié , les traite avec douceur, les appelle frères. Le Prussien ne leur demande et ne leiu- dit rien.

La marche rétrograde de l'eiuiemi vient : i° de cette mésintelligence; a° de la connaissance qu'il a de l'énergie française et des dispositions qu'on prend |)our les chasser; 3° de l'épuisement et du dégoût du soldat, ou j)eut-étre de la connaissance qu'il aura eue du mouvement ordonné pour s'emparer de Furnes et brûler le port d'Ostende.

Anecdote imporlante. — On présume que depuis près de deux ans il existe entre les traîti-es de l'intérieur et les puissances coalisées un concordat, ou marché de vente, pour réunir les deux dé|)artemenls du Nord et du Pas-de-Calais à la Belgique. Une foule de riironstances appuyenl cette présomption, entre autres la levée du camp de Gdsai- cl res[)èce de déroute qui en a été la suite. Cette levée ressemblait à celle du ran\|) de Famars et In déroute à la retraite de la Belgique.

Un des représentants du |)eu|)le s'enti'etenanl avec Kilmaine, général provisoire, et lui manifestant avec franchise son élonnemenl et ses .soupçons, ce général répondit; tNous nous trouvions dans une alternative lelle qu'il fallait opter entre la conservation de l'intérieur ou celle de deux départements. •■

Cette réponse, faite en présence du conmiissaire Varin et de Des Bi-uslys, ne conlirme-l-elle pas le soupçon et la presque certitude d'une transaction perfide ?

Je liens pour démontré que la maison d'Autriche espérait voir la Flandre et l'Artois agrandi!' ses jiossessions en Belgi([ue, sauf les parties maritimes, dont r.\ngleterre se serait accommodée.

Levée du camp de César. — Cette joui-née devait ou pouvait être la dernière de la Républi<|ue; il serait diflicile de peindre le désordre de l'année, l'insouciance des chefs, les mouvements des malveillants; l'artillerie, les charrois, tout en général se reportait sur Arras, connue pour y attiier l'ennenii et faire brûler les magasins. Pendant deux ou ti-ois jours les routes ont été couvertes de soldats er-

<'' Le i" août 1793 la Convention avait renvoyé Marie-.^ntoincttc devant le tribunal extraordinaire.

20 CORRESPONDANCE GENERALE DE CARNOT. [17 aoôt 1793.]

ranls, qui recherchaient leurs drapeaux et leiu-s chefs. Si le génie tutélaire de la France n'avait rallié l'armée , non seulement c'en était fait des deux départements, mais le passage dans l'intérieur était si facile et si bien prépai-é que , sans un prodige, Paris ne pouvait échapper à l'invasion. L'armée était sans général, sans état-major, remplie de traîtres, de lâches et d'espions. Malgré tant de causes de dissolution totale , elle existe encore aujourd'hui; elle est dans d'excellentes dispositions, on peut gai-antir que sous le commandement d'un chef actif et brave, qui enti-etiendi-ait en elle le feu sacré du patriotisme , cette armée peut repousser l'ennemi, reprendre Valenciennes, délivrer la frontière et pénétrer dans la Belgique , tout cela avant trois mois.

P.-S. Au moment de mon départ, le i6, les espions ont rapporté que Ihler vers le Quesnoy avait battu l'ennemi , que plus de deux mille Autrichiens étaient restés sur le champ de bataille , et que sur la roule de Mons on avait renconti'é un grand nombre de voitures chai-gées de blessés.

Le général de brigade adjoint au ministre de la guerre,

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