GAVRELLE, I7 AOUT
Analyse. — La masse de son armée est derrière la Lys; 3, 000 hommes à Monsen-Pevèle et 7,000 entre Douai et Lille. L'ennemi concentre ses forces vers Tournay, ce qui fait redouter que les Anglais combinent les attaques par mer et par terre et veuillent s'empai'er de Dunkerque '"'.
(Analyse, Areh. delà guerre, armée du Nord.)
LES GÉNÉRAUX FAVART, LA BAROLLIÈRE ET O'MOBAN AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
Analyses. — 1° Le général Favarl'*' expose la péniu-ie de subsistances où se trouve la ville de Lille. (Analyse, Arch. de la guerre, reg. C du Comité de salut public, fol. lu h.) — a° Le général La Barollière ''' écrit de Paris pour être
<■> Le même jour Houcliard écrivit deux '') Jacques-Marguerite Pilotte de La Ba-
lettres au ministre de la guerre. (Orig., rollière, né à Lunéville (Meurlhe-et-Mo-
Arch. de la guerre, armée du Nord.) selle) le a8 novembre 1746, fds du capi-
<'' Cf. t. II, p. loà. tainc général des chasses du roi Stanislas,
[sa AOÛT 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ.
•> 1 AOLT 17*) 3.
LES GÉNÉRAUX BÉCOLRT, FERRIEn ET VER(i>ES AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
Analyses. — 1° Le général Recourt ''', commandant à Péronne, signale la présence d'émigrés dans plusieurs maisons et déclare faux le hrnitde Pinveslissement de Cambrai. (Analyse, Arcli. de la guerre, coït, gén.) — 3° Le général Ferrier '^' mande qu'ayant donné avis au ministre de la guerre de son ineajiacité de commander en chef l'ai-niée de la Moselle ''', les représentants l'ont envoyé à l'armée du Rhin, où il est dans l'inaction '*'. (Anidyse, Arch. de la guerre, reg. du Comité de salut public, C. , p. h:iti.) — 3° Le général Vergues écrit de Nantes pour adi-esser la situation de l'arlillei'ie de l'armée des Côtes de Rresl et l'éliit de ses besoins. (Orig. , Airh. de la guerre, armée des Côtes de Brest.)
GAVBELLE, 9a AOUT l^^S'*'.
LE GÉ.NÉRAL UOUCHABD AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
K Gavrelle, lo aa août 1793, l'an i" do la République.
LE (iÉMiRAL IIOVCIIÀIID ALX CITOÏKXS HKPIIKStiyTA\TS DU PEUPLE COMPOSA HT hE COMITE DB SALUT PUBLIC.
Je suis li'ès sensible , citoyens représentants, aux reproches que vous me faites de ne pas coirespondre avec vous et de ne pas vous donner régulièrement des nouvelles de ce qui arrive à l'ai'mée dont le connnandement m'est confié. J'ai fait les rapports les plus (lét<iillés au ministre de la guerre, le priant de vous communiquer mes flépdches: mes occupations dans un pays (jue je connais à |)eine ne me donnant pas le temps d'avoir des correspondances trop éleiuluos. J'étais tranquille parce que je savais que le ministre, qui a loute votre confiance, vous communique toutes les nouvelles qu'il reçoit de toutes les armées.
(') Cf. t. 11, p. 37.
(•) Cf. t. 1, p. 85.
'"' Ferrier avait été nommé général on chef de l'année de la Moselle le i" août 1793 en reiiiplareinent de Hoiirliard, appelé au roiiimaiidomput di> rariiioe du Nord et des Ardcmics. (Cf. Aulard, V, 4^3.)
"' Le a8 août, Boiirliolte iTriiil aii\ rcprésenlaiils Bnric. Milhaud el Ruaiaps, à ranncc du Rhin: "Je vous préviens que le général Ferrier, ayant domié sa démission de cuiiiniaudaut de l'année de la Mo-
selle, a obtenu, d'apn'-s la deniaiidc qu'il m'a faite, de rctounier à l'année du Rhin pour y reprendre son poste de général divisionnaire. »
<*' (Jarnol est présent au Comit('' do salut public {<■(. Aulard, VI, 60). Il rédige pt écrit trois arrêtés : i" pour mettre iioo.odo livres à la disposition di' la \ille do (^ind>rai; a" [Miur excepter de la ré(piisition les ouvriers des manufactures d'armes; 3° jwur employer le citoyen Bouiu coMune courrier extraordinaire.
32 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [22 août 179.3.]
Vous savez que l'ennemi a divisé ses forces en deux grandes armées, i'une qui est dans la Fiancb-e niariliine, et i'autie qui o]ièrp en avant du Quesnoy et dans la forêt de Monnal. Je joins ici les mêmes détails que je viens de donner au ministre.
Je viens d'apprendre que les ennemis se portent toujours eu foire du côté de Dunkerqne; les avant-postes de Rergues ont été attaqués vivement et tous rejdiés. Le général Barthel n'a pas eu le temps de me donner des détails, mais je sais que l'ennemi s'est porté jusque sur la chaussée de Bergues à Lille. Le général Jourdan '"'
W Jean-Baplistc Jourdaii , ni! à l^iinogos (Haule-Vicune) le ag avril 1762, fils d'im cliirurgicii, soldai au dépôt dos colonies à l'ile de Rc le a avril 1778, incorporé dans le régiment d'Infanlcrie-Auxerrois le 1 o décembre 1 778 , flt la cani])agne d'Aiiiériquo , assista au siège de Savamiali (seplend)re 177g) et rentra en Franco pour cause de maladie le 1" janvier 1783. Rcinlégré dans son régiment le li novemliro 178.3, il fut réformé le a6 juillet 1784 et alla s'établir mercier à Limoges, où il se maria le aa janvier 1788. Dès la formation de la garde nationale en juillet 1 78g, il devint capitaine de chasseurs, puis fui élu, le g octobre I7gi, chef du a° bataillon des volontaires de la Haute-Vienne. Il était membre de la Société des Amis do la constitution de Limoges. 11 servit sous Dumouriez, Dampierre et Custine à l'armée du Nord, et fut promu général de brigade le 97 mai 1798, et de division le 3o juillet suivanl. Il commanda successivement en chef les armées des Ardennes (11 septembre 1703), du Nord (53 seplondirc I7g3), de la Moselle (ao venlose an n- 10 mars I7g4) et de Sambre-et-Meuse (a5 prairial an in-i3 juin 179a). Remplacé par Beurnonville le 9 septembre 1796 et nommé provisoirement au commandement de l'armée du Nord, il fut élu député de la Haute-Vienne au conseil des Cinq-Cenis le 33 germinal an V ( la avril 1797), présida deux fois colle assemblée (ig septembre 1797 et 28 seplend)re 1798), fut remplacé à l'armée du Nord par Hatry le i5 juillet I7g8 cl donna sa démission le aa vendémiaire an vu (i3oclobre 1798) pour prendre le coramandoniont on chef de l'armée du Danube ( i U oc-
lobre). 11 quilla l'armée le, li germinal an vil (3 avril i7gg), pour raison de santé, et fut remplacé par Masséna. Réélu député au conseil des Cinq-Cents le a !i germinal (i3 avril 1799), inspecteur général de l'infanterie le 8 floréal (37 avril), il fut exclu du conseil le 19 brumaire an viii (10 novembre 1799). Sous le Consulat, il devint inspecteur général d'infanterie et de cavalerie le 1" pluviôse an vin (ai janvier 1800), administrateur général du Piémont le 5 thermidor an vin (2 6 juillet 1803), grand oflicier delà Légion d'honneur et chef de la 16' cohorte le a 3 messidor an X (13 juillet 1803), membre du conseil d'Etat le 10 frimaire an xi (1" décembre i8oa) et général en chef de l'armée d'Italie te 5 pluviôse an xu (a6 janvier i8o4). Maréchal de l'Empire le 19 mai 180Û, grand cordon de la Légion d'honneur le a février i8o.5, gouverneur de Naples le 17 mars 1806, major général do l'armée d'Espagne en juillet 1808, rentré en France en novembre i8og, gouverneur do Madrid le 8 juillet 1811, chef d'étal-major du roi Joseph du 16 mars 181a au 7 août 181 3, commandant supérieur de la 1 5' division militaire ( Rouen ) le 3o janvier i8i4, chevalier de Saint- Louis le a juin i8i4, créé comte par Louis XVIII, pair de France le a juin 181.5, gouverneur de Besançon et commandant supérieur de la 6' division militaire le II juin, général on chef de l'armée du Rhin le 36 juin i8i5, gouverneur de la 7° division militaire (Grenoble) le 10 janvier 1816, pair de France le 5 mars 1819, chevalier-commandeur des ordres royaux le 3o mai i8a5, commissaire provisoire au ministère des affaires étrangères le
[aa AOÛT 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 3:5
me mai-qiie ''' qu'il marche avec sa division légère au secours du général Barihel , et j'es[)ère qu'il rétablira les choses et repoussei'a l'ennemi '*'. J'ai fait partir hier une autre division pour rester au camp de Cassel , de sorte que l'armée aux ordres du général Barlliel, de])uis Dunkerque jusqu'à Cassel, se trouve complète et portée environ à vingt mille hommes. .Mais les places de Calais, Gravelines, Béthune et le poste de Boulogne sont pour ainsi dire sans gai-nisons, et il est pressant que des gardes nationales s'y portent pour y faire le service, pendant que nos ti-oupes se hatti'ont avec l'ennemi.
Le général Jourdan ne reviendra qu'au moment où l'ai'mée de la Moselle arrivera pour composer derrière la Lys l'année exterminatrice , qui sera directement sous mes ordres. Maubeuge, avec ce qu'il a déjà et les dix mille hommes de l'armée de la Moselle qui lui sont destinés, travaillera l'ennemi sur le liane droit.
De l'arrivée des ti-oupes de la Moselle dépend donc le moment de l'attaque générale, cw il ne reste plus au camp de Biache qu'environ douze mille hommes, avec lesquels je dois couvrir Douai et Arras, qui sont sans garnisons.
J'avilis envoyé un adjudant général du côté de Philippeville à la rencontre des troupes de la Moselle, croyant qu'elles venaient le long de la frontière. Je vais envoyer un courrier à cet officier |)our qu'il se rende à Soissons et se concerte avec l'adjudant général (jue vous y avez envoyé pour la distribution des trouj)es.
Je n'ai encore aucune nouvelle sur les détails de l'affaire de la forêt de Mormal. J'en attends à chaque instant.
On a fait une bien nuuivaisc disposition en faisant laisser à beaucoup de ti'oupes venant de la Moselle leurs canons dans ce pays. J'en suis si dépoiuTU ([iie l'autre jour le poste de Linselles n'a pu être repris, faute de canons de bataille dont les trou|>es manquaient.
J'ai envoyé au ministre l'état du parc, poui- lui faire connaître combien il est pauvre et cond)ien il est éloigné de ronvenii- à une ai-mée de ()0,ooo hommes comme celle qui doit agii'. Il nous maïupie des chevaux , et si vous avez , citoyens représentants, des ressources |K)ur m'en faire passer, je vous prie de le faire promptement, car il est temps de frapper sur ces ennemis orgueilleux et de faire mordre la poussière à tout partisan du despotisme qui ne voudra j)as quitter la lei'i-e de la liberté.
J'ai fait la demande au ministre de vingt pièces de 4 de bataille.
Vous savez, citoyens représentants, que le scellé a été mis sur les jiapiers des citoyens Vernon et Lenionnier. Comme ces |)a])iers ne renfermaient que des mé-
3 août i8;jo, gouverneur de I'HoIpI des Invalides le 1 1 aoiU 1 83o , Jourdan mourut à Paris le a3 uovonilire t833.
'■> Le 19 aoi'il, Jourdan avait rendu Compte :i Hourliard de l'allaquo dos villages de Blalon cl de Linselles par les Aiiî;lais cl les llollaiulais. (Orig. , Areli. de la guerre, année du Nord.)
''> Le a3 août, le général Darlhel é-crivil de Casse! à Hourliard qu'il avait alla(|ué
l'ennemi le aa, aux environs de Wormlioudt , aGn de rétablir ses communications avec Bergues, mais que malgré ses elTorls il n'avait pu le dt-busquer de ses posilions. En roiiséquciice, le a6 aoùl , lloïK'liard ordonna à Jourdan de se rendre snr-le-cbarnp au rainp de (jassel pour remplacer Uarihel, nonmic au rommandenient de Saint -Quentin. (Arrh. de la guerre, année du Nord.)
IHVIIHtRIi; HATIONALJ
M CORRESPO^DANGE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a3 août 1793.]
moires cl plans mililaires qui me sont nécessaires et qui allaient m'élre remis par le citoyen Gay-Vernon , je vous prie de me les renvoyer de suite; ils me sont in- (lisponsahlos. Quant à riMix qui reg-ardent le citoyen Lemonnier, Us sont le fruit de son travail et lui sont si nécessaires que ce serait le pri\or du liien le plus précieux que de ne pas les lui renvoyer le plus prompleineiU possible. Cet officier n'a jamais eu aucune relation avec Custine; on ne l'a vu que très nu'ement chez lui, et puliiiquemenl: c'est le citoyen Gay-Vernon qui avait enjjagé les l'eprésentanls (lu peuple à le noniniei- chef de brigade adjudant général , pour rem])lir les fonctions concernanl la partie rnilitaire , vu qu'il n'y avait aucun olliciei' à l'étatniajor pour remplir ces fonctions inq)oi-tantes. Cet officier a repris ses fonctions de capitaine du génie. On peut dire avec vérité que personne n'a un ])atriotisme plus pui-, ni une sagesse plus grande que le citoyen Lemonnier. Quant à ses la- Icnls mililaires, peu d'officiers en réunissent autant (pie lui , mais ils sont ("ouverts d'une modestie rare.
Le général en chef des armées du Nord et des Ardeiiiies,