L'ADJUDANT GKNKBAI, DEMONT AL COMITÉ BE SALUT PUBLIC
Au quartier général à Schlltigheim, près de Strasbourg, le 19 octobre 1798, l'an 11 de la République française, une et indivisible.
l'ÀDJBDANT GénÈHAL DSMO^T AVX CITOÏKKS ngPKÉSENTÀXTS , IIBMBBES DU COMITE DF SAI.VT PUBLIC, À PABIS.
Citoyens représentants.
L'armée a été attaquée hier au matin , depuis sa droite appuyée à Dnisenheini jusqu'à la lin de sa ligne du centre. Les troupes de la gauche de l'armée, placées depuis les hauteurs de Hochfelden jus<juc sur les hauteurs et dans les gorges de Saverne, n'ont essuyé d'autre attaque <jue celle nécessaire ])our les tenir eu éche<-.
Le centre de i'anuée, vivement attaqué siu- les hauteurs de (îendertheini , a soutenu avec fermeté une canonnade très vive (jui n'a cessé qu'au soir, (^elte partie de l'armée a même gagné du terrain ipie trois cliarges de cavalerie lui ont procuré. Cet avantage a été conservé jusqu'au soir, mais la conduite de (jueitjues troupes légères à cheval a permis à l'ennemi de reprendre le terrain ((u'il avait perdu.
I^ général en chef provisoire'*', qui commandait le centre de l'armée et qui se trouvait partout , a marqué à ces corps son mécontentement d'une manière non équivo(pie.
Je dois obsener aux citoyens représentants que , dans une des charges de ca- \alerie, le citoyen Donadieu '', ca])itainc au 1 1' régiment de dragons, a enlevé un
'" Le in^me jour le (jénéral Elle écrivit <'' Joan Donadieu, m- à Arles (Bouclios-
dans les mêmes termes à Jourdan. du-Rhon(>) en 1744, drajjon au régimpiil
'' Le géni^ral Caripiir. d'Anffoulème le 6 avril 1760, bri(;adipr le
362 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [19 oct. 1798.]
(étendard aux ennemis, que le général s'empressera d'envoyer à la Convention nationale '•'.
Une compagnie d'ai'tiilerie volante a été enveloppée par les ennemis et prise pour un moment, mais deux esradrons de dragons sont accourus pour la dégager. (jCt événement cependant nous a fait perdre une pièce de canon et un caisson VVurost, qu'on a été obligé de laisser sur la place, les ennemis ayant tué les chevaux.
Puis l'aile droite de l'armée, placée depuis Drusenbeim jus(pj 'à la rivière Zorn, sans doute attaquée par des forces supérieures , a reculé dans le courant de cette journée jusqu'à Hoenheini. Ce jnouvement rétrograde de la droite de l'armée, ayant détaché le centre de l'armée de son aile droite et l'ayant isolé , le général en chef a craint que l'ennemi ne jirofîtàt de sa position critique en se Replaçant entre le centre et l'aile droite pour l'enveloj)per; en conséquence, il a ordonné à toute l'armée, excepté au corps de trou])es placé à Saverne, un mouvement en arrière ])our venir se ])lacer sous le canon de Strasbourg. Celte retraite s'est effectuée à dix heures du soii-, et l'armée est venue prendre la position qui suit :