‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 153 sur 191 · BESOINS · texte numérisé non relu

BESOINS

6° Nos besoins sont grands, quant aux vivres et aux fourrages. Les réquisitions fournissent à peine de quoi vivre du jour à la journée. Cependant on nous fait

an I? (16 novembre 1793), coiumandant de place à Landau le 31 nivôse an iv (t 1 janvier 1 796 ), embarqué pour l'Egypte le 3o floréal an vi (19 mai 1798), prisonnier de guerre sur les côtes de Tarente en germinal an tu (mars 1799). rentré en France au commencement de Oori-al an x (fin avril 1801), admis au trailemeni do reforme le 96 fructidor an x (1 3 septembre i8oa), mort k Villen) - Cotterel» (Aisne) le a6 février 1806.

En effet le général Alexandre Dumas n'arriva à l'armée des Pyrénées orientales que le 8 brumaire (39 octobre), mais les représentant» Garrau, Pinet et Monestier informèrent, le 10 (3i octobre), le Comité de salut public qu'ils avaient maintenu le général Léonard Muller dans le commandement de l'armée et nommé Alexandre Dumas chef de division. (Cf.

Aulard, VlIF. i34.)

"■ Cf. t. I. p. laa , note 1.

380 CORRESPONDANCE GENERALE DE CARNOT. [22 oct. 1793.]

espérer un approvisionnement considérable en avoine. Je vous envoie copie de la lettre du rég^isseur à ce sujet, n° 3. 11 nous manque aussi des effets de campement; ceiu qu'on nous a fournis sont do la plus mauvaise qualité. La poudre est encore plus rare. Nous venons d'en demander à Bordeaux et à Toulouse cent milliers au moins.

Voilà , chers collègues , des détails sur lesquels vous pouvez compter.

En finissant, je vous dirai (pie le générai Laroche, chef de l'état-major. dont l'inlellig-ence et le patriotisme doivent vous être connus, m'a montré les nouveaux signaux que le commandant de Brest a envoyés au chef civil de la marine de Bayonne. Ces signaux sont entièrement conformes aux anciens pour le vendredi, ce qui m'a donné des sou|)çons et fait prendre la résolution de conserver les anciens jusqu'à ce que vous en aviez délibéré. Je vous les envoie ci-joint '''.

Salut et fraternité.

GARRAn.

(Orifj. , Arcli. de la Ruorrc, armée des Pyrénées occidentales.)

FURNES, 9 9 OCTOBnE i J ()'i .

LE GKNt-RAL VANDAMME Al COMITE DE SAUT PIBLIC.

Quartier général de Furnes, le i"jour du a* mois de l'an ii de la llépublique une et indivisible.

Je suis parti ce matin à une heure de Dunkerque avec des forces d'infanterie et le 5' régiment de chasseurs à cheval ])our marcher sur Furnes. J'ai divisé ma troupe en deux colonnes; l'une se porta par la porte de Dunkerque et l'autre par l'Estran. Elles arrivèrent devant cette ville à cinq heures; j'en fis faire aussitôt l'attaque par le général de brigade Hoche , tandis qu'une colonne de 4, 000 hommes , commandée par le général de brigade Gougelot, partie d'Hondschoote, l'attaquait par la porte d'Ypres. L'ennemi, au nombre de 3, 000 hommes, bien retranchés, avec plusieurs pièces de canon, voulut se défendre et nous empêcher d'entrer dans la vdle; mais le courage que montrèrent tous les soldats républicains épouv-inta ces vils esclaves. Nous les chassâmes de la ville la baïonnette dans les reins; ils se retirèrent en désordre et nos troupes les poursuivent encore. Cette affaire ne nous a pas coûté douze républicains ; nous avons eu quelques blessés. Une centaine d'esclaves ont mordu la poussière et nous en avons pris environ soixante,

C Les pièces annoncées dans celte lettre d'épurer sans délai l'étal-major de l'armée

manquent. — Ce rapport circonstancié du des Pyrénées occidentales et d'envoyer à

représentant Garrau fut cause que le Co- cette armée les secours nécessaires en

mité de salut public, par son arrêté du armes, cITets de campement et d'habille-

7 brumaire an ii (a8 octobre 1798), ment, munitions, etc. (Cf. Aulard, VIII,

cbargea le minisire de la guerre Boucbolte 70.)

[aa ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 381

sans compter ceux qiie les braves soldats vont attraper encore. Dans le nombre des prisonniers se trouvent trois cmigre's. J'ignore si vous connaissez le traitement que je leur fais ijuaud j"ai le bonlieur d'en attraper; je ne donne pas à la commission militaire la peine de les juger : leurs procès sont faits sur-le-champ ; mes pistolets et mon sabre font leur affaire.

Si le camp de Dixmude ne m'attaque pas en force, demain je marche sur Nieuport et après-demain sur Ostende. Je les enlèverai comme Furnes; je suis d'autant plus fondé à vous le dire, que l'ennemi tremble et que les soldats que je commande sont aussi courageux que discipline's. Aucun pillage n'a élé commis dans cette ville; les républicains ne pensent qu'à se battre et à vaincre; et avec de tels hommes que ne peut-on pas espérer!

Le citoyen Castagnier, commandant la marine de Dunkerque, a mis à la voile toutes les chaloupes et bâtiments en état , et il suit mes mouvements. 11 attaquera |)ar mer Ostende lorsque je l'attaquerai par terre. J'espère , citoyens représentants , que dans huit jours on dira : il y avait un beau port à Ostende. Je fais main basse sur toutes les caisses appartenant aux despotes , et , non content de cela , je fais contribuer la ville conformément à votre instruction. Je veux faire une telle provision que l'armée puisse vivre tout l'hiver sans qu'il en coûte rien à la République. Pour celle fois les tyrans seront totalement exterminés. Vive la République une et indivisible.

Le général de brigade commandtuU l'armée â Furttes,

Vanuamme.

( Imprimé daos ie Mimitew du a6 octobre 1793'".)

MAUBBUGK, 3 9 OCTOBRE I793.

LK GÉISËRAL FERRAND AU COHITÉ DE SALGT PUBLIC.

Analyse. — 11 déclare que, s'il u'a pas opéré la diversion offensive sur laquelle comptait le Comité, c'est (pie cette opération aurait élé funeste sous tous les rapports, étant cerné par six camps ennemis qui ne se sont pas dégarnis un seul instant. Des brouillards épais, qui se sont soutenus dans les matinées des li, i5 et 16 octobre, ont élé un obstacle de plus. Le 17 les troupes sont sorties, ont fait cent prisonniers et repris les postes occupés précédemment. Le général a désapprouvé complètement la tentative du représentant Drouet, mais celui-ci, malgré les représ(;ntalioiis de son collègue Bar, a voulu forcer les lignes ennemies et a emmené à cet effet loo hommes. rD'après le rapport des 38 dragons qui

C II y a aux Archives de la inierre, ar- bal de Vandamrae constatant son entrée

mce du Nord, une copie de celle lellrc, dans Furnes et l'étal des réquisitions et

mais les termes en sont écourlcs. — Ou contributions levées par lui. Ce documeut

trouve dans le même dossier un procès-ver- a 3 1 pages in-folio.

382 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a3 cct. 1798.]

sont revenus de cette expédition , il paraît (jue la troupe s'est dispersée aux premières décharges de l'armée ennemie. Une partie de la troupe a été renversée dans un fossé, ainsi que le représentant Drouet. Les dragons l'ont remis à cheval et il a été suivi de quelques-uns; la plus {«rande pariie s'étant égarée dans l'obscurité de la nuit, ce n'est que deux jours après que j'ai pu m'informer de son sort. J'ai envoyé un trompette sous le prétexte de remettre des lettres de famille de deux oUiciers autrichiens faits prisonniers à l'affaire du 99 septembre. Je demandais en même temps les noms des prisonniers qui avaient eu lieu dans cette affaire et dans une reconnaissance faite quelques jours auparavant. Ji'officier chargé de cette mission a appris aax avant-posles ennemis, avant de se rendre au quartier général , que le représentant Drouet avait été pris. Le général La Tour a annoncé l'avoir fait conduire au quartier général de Cobourg. Tels sont les détails que j'ai pu recueillir sur le sort du représentant Drouet, à qui je n'ai pu voir sans la plus vive peine prendre un parti cpii ne ])ouvait que compromettre la dignité du caractère dont il était revêtu." La conduite du citoyen Pinteville, chef du bataillon de la Marne , ne lui a inspiré aucun soupçon.

(Orig. , Arch. de la guerre, année du Nord.)

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