III. s
IHI'BtWLKlK KlTtOIALt.
386 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [-aS oct. 1798.]
ia guerre , et je iui ai fait passer copie de la lettre du représentant du peuple Isoré, qui m'annonce plusieurs avantages remportés du côté de Lille par les troupes de la Républiijue. Je lui ai pareillement communiqué l'avis que m'avait donné le général Chapuy sur les postes d'Orchies et Marchiennes, qui ont été forcés par nos troupes'''. J'attends avec impatience des nouvelles ultérieures et je vais donner les ordres les plus pressés, afin ((ue toutes les troupes de la République, qui sont dans cette partie, se dirigent sur Cysoing, Maulde et Tournai. La division aux ordres du général Ducjuesnoy occupe Beaumont ; celle du général Balland se met en marche demain matin pour la rejoindre. Celles du général Fromentin et général Cordellier sont placées le long de la Sambre vis-à-vis Berlaimont et contiennent l'ennemi, qui est très en force dans cette partie. Je me rendrai demain matin de ma personne à Beaumont , pour y faire une reconnaissance qui puisse faciliter l'exécution de voti-e arrêté.
Soyez bien persuadés , citoyens repi-ésentants , qu'il n'y aura point de mauvaise volonté de ma part, si je ne me rends pas utile h la République, autant que l'amour de ma patrie me le fera désirer.
Salut et fraternité.
JODBDAN.
(Orig. , Arch. de la guerre, année du Nord.)
WULPENDÏK, 93 OCTOBIIK lygS.
LE GÉNÉRAL VANDAMME AU COMITÉ UE SALUT PUBLIC
Au quartier général à Wuipendyk, ce a3 octobre 1798, l'an 11 de la République française, une et indivisible.
iB gêxbiial TAUDAUUE AVX CITOrENS REPRÉSEXTAfITS LU PELPLE COMPOSAM LE COMITE DE SALVT PVBLI6.
J'ai fait commencer l'attaque de Nieuport ce matin , après avoir fait établir mes batteries derrière le pavé de Furnes à Nieuport , par la colonne de Dunkerque. J'avais donné ordre à la colonne d'Hondscboote de se porter vers le vieux fort de Nuevendam et de s'en enqiarer, pour couper la retraite à l'ennemi sur Ostende ; mais il ne lui a pas été possible d'approcher, parce que l'ennemi a levé les écluses de Nieuport et a inondé toutes les prairies; elle a été obligée de rétrograder; les eaux sont venues jusque dans mes batteries et m'ont forcé de les placer sur la route , qui est à l'abri de l'inondation , par son élévation. Je ne peux pas y placer beaucoup de batteries , mais elles suffiront toujours pour réduire la ville en cendres.
W Le aioclotire 1798, Garnerin, com- chieunes par les troupes de la République
missaire du pouvoir exécutif provisoire, sous les ordres du général Ransonnet, après
écrivit de Marchiennes au Comité do salut dix heures de combat. (Analyse, Arch. de
public pour lui annoncer la prise de Mar- la guerre, correspondance générale.)
[a3ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITE. 387
J'ai envoyé la colonne d'Hondschoote aux ordres du général Gougelot''' à Oost- Dunkerke , village situé entre les dunes et le canal de Nieuport , j)our empêcher que l'ennemi ne fasse une sortie de ce côté et ne nous tourne. A minuit, je recommencerai le feu et, si l'ennemi persiste à défendre la ville, je la ferai totalement incendier.
Le feu de mes batteries a été très vif; le feu a pris dans la ville au magasin de fourrages et aux maisons adjacentes; il n'est pas encore éteint. L'ennemi nous a envoyé aussi beaucoup de boulets et quelques obus ; mais il est si maladroit qu'il ne nous a tué ni blessé aucun républicain.
La garnison de Nieuport a reçu un renfort de mille hommes . avec plusieiu-s pièces de canon; elle est forte à présent de tpialre mille hommes.
Les villes de Bruges et Ostende sont à la débandade; les Anglais embar<jueat tous leurs magasins poiu- Londres et je ne doute pas qu'avant quatre joui-s ils ne soient eux-mêmes obligés de faire de même.
J'ai reçu aujourd'hui trois bataillons de renfort; j'en ai envoyé deux à Sleenkei-ke et l'autre à Ramscappelle , pour me couvrir du petit camp de Dixmude.
J'ai sonuiié les magistrats de Fumes de pourvoir à la subsistance de l'armée que je commande, de me fournir la moitié des bestiaux, grains et fourrages, qui se trouvent dans le pays, et de compter un million. Je me suis .saisi de toutes les argenteries des églises et des cloches. J'ai chargé de toutes ces expéditions des vrais républicains de Dunkerque , que j'ai nommés à cet effet.
Demain , je vous donnerai d'autres nouvelles. J'espère qu'elles vous apprendront la prise de Nieuj)ort et ma marche sur Ostende'*'.
Le général commandant l'armée sous Nieuport,
D. V.tNDAMllE.
P.-S. J'ai requis la municipalité de Dunkerque de faiie lever les écluses pour faire couler les eaux de l'inondation.
( Ont;. , Arch. de la guerre, iinnée du Nord. )
'"' Jean-Floriinond Gougeiot, né à Origny-sur-Oise (Aisne) le ao juin 17 4 3, fils du pourvoyeur de rai)baye d'Origny, fusilier au rcginieni de Lyonnais le 7 janvier 1760, sergent le g mars 176.3, adjudant au rcgiuipnl d'infanterie du Maine le ai août 1776, porte-drapeau le la septembre 1780, sous -lieutenant le 4 avril 178a, lieutenant en second le .3 juin 1 786, reçoit la décoration militaire le 3 mars 1791, capitaine au 101' d'iufanterie le ag janvier 1793, chef du a' bataillon des -Alpes le 19 septembre i7g3i gé-
néral de brigade provisoire à l'armée du Nord , par arrêté des représentants Trullard et Berlier, le a8 septembre 1798, mort à Paris le a a floréal an m (11 mai 17g.")). Le général Gougeiot avait fait sous l'ancien régime les campagnes de Hanovre en 1761 et 176a.
''' Les opérations militaires n'allèrent pas aussi vile et aussi commodément que Vandammc le supposait, car ce génér.il fut obligé, le ag octobre, d'abandonner le siège de Nieuport. (Cl. lettres de Vandamme, p. 617 à ^119.)
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [aS oct. 1793.J