‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 160 sur 191 · LE MINISTRE DE I.A GUERRE ROUCIIOTTE AU GENERAL PICHEGRU · texte numérisé non relu

LE MINISTRE DE I.A GUERRE ROUCIIOTTE AU GENERAL PICHEGRU

Je compte assez sur votre patriotisme pour croire que vous êtes rendu auprès du représentant Saint-Jusl. Vous pouvez croire à son patriotisme, à sa pureté et à son énergie; il a aussi des ressources dans la léte qui peuvent être fort utiles. 11 vous donnera sûrement connnunication de ma lettre; c'est dans celle espérance que je ne vous écris ])as plus longuement. Indiquez-lui les hommes anti-

cliof d'une armée , ii est instant qiio vous et je dois en bon républicain vous presser

nommiez un général pour commander celle de satisfaire à celle demande.

du Rbin. L'intérêt de la République l'exige rrCARLEUc.Ji

[q3oct. 1793] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 393

populaires, pour qu'ils soient éloignés des armées, et ceux attachés au peuple pour les remplacer.

( Arch. de la guerre, armée du Rhin, reg. 47, p. aa.)

SGHILTIGHEIM, 9 3 OCTOBRE lygS.

L'ADJUDANT GKNKnAL DEMOT AU C0MITl5 DE SALUT PUBLIC.

Analyse. — L'armée française occupe toujours la même position >''. Les ennemis tâcheront de percer vers Saveme , mais ils paraissent cependant menacer le point central , à en jufjer par les chemins qu'ils font percer à travers la forêt de Brumath vers Berelett et Eckwersheim. ^L'armée de la Ropuhiiipiea besoin de la plus grande circonspection , surveillance, fermeté el discipline. 11 n'appartient qu'à vous, citoyens représentants, de donner aux défenseurs de la liberté les vertus qui ont toujours caractérisé le militaire des peuples les plus libres de l'univers, s

(Orig., Arch. de la guerre, armée du Rhin.)

NICE, 9 3 OCTOBRE lygS.

LE GÉNÉRAL DU MERBION AU COMITE DE SALUT PUBLIC

Nice, i3 octobre l'an 11 de la République.

LK OSXÉRÀL DITISIONUÂIRS , COMMÀNDAflT L'ARMEE D'ITALIE ,

Alix KKPRKSElfTàXTS DV PEUPLE COMPOSAIT LE COMITE DE SALVT PUBLIC

DE LA CO^YEUTIOy flATIONALE.

Je VOUS envoie ci-joint , citoyens , le bulletin de ce qui s'est passé aux attaques de Gilette, les 18 et 19 de ce mois'*'. Vous verrez que les soldats de la République, composant l'armée d'Italie, y ont montré leur énergie et leur courage ordinaires, et que leur conduite est au-dessus de tout éloge.

'" AL K. Chuquct dit à ce propos ( IVï»lembourg, aai) : «L'armée du Rhin se relira donc le 18 octobre, à huit heiiros du soir, derrière la petite rivière de la Soulfei, sous le canon de Slrasliourij. L'avaul-[jarde, commandée par Couihez, campait à la Wanlieiiau el détachait un hatailhm au Jardin d'Aii(jieterre. La droite avait pris position à SoufTelweyersheim , et le centre à Vendcnheim, à [.lamperlheini, à Mun-

dolsiieini, à Nicderhausbergeu. La cavalerie, qui formait deux corps sous Diettmann et La Farellc, occupait Hoenheim, Mittelhausl)er(jeii et Oberhausberpen. Le quartier jfénéral était à Schiltigheim el l'ambulauce à la Robertsau.j!

'•' Celle relation, datée de Nice, a. 3 octobre 1793, est signée par le général Gaultier Kerveguen. — CL Krebs et Moris, I, 325 et suiv.

[siS OCT. 1793.]

Je vous ai dëjà mandé à plusieurs reprises que cette armée manquait de munitions de guerre en tout genre, de fusils et surtout de haïonneltes, qu'il est. urgent de nous faire passer ; que les subsistances nous arrivent à peu près , au jour la journée.

Nous avons bien reçu des draps , mais pas en assez grande quantité. Je vous demanderai surtout des renforts, cette armée étant considérablement diminuée par la division envoyée sur Toulon , par les maladies et la désertion. J'insiste aujourd'hui d'autant plus sur cette demande que les ennemis , ayant été repoussés du Mont-Blanc, refluent sur nous, et que déjà ils ont reçu des renforts considérables. Le général Kellermann me mande bien qu'il fait partir deux bataillons pour Grasse , d'où je les ferai venir ici , mais cela ne suffit pas , et il est nécessaire que nous en recevions un plus grand nombre.

Je dois vous observer que les bataillons du département du Var, de nouvelle levée , ont généralement marché sur Toulon , et que je n'en ai ici que la valeur de trois à peu près , et la très grande partie sans iusils.

J'apprends dans le moment, que le poste d'Utelle a été attaqué dans la nuit du ai au 22 par une force supérieure'"'; mais, quoique cette attaque ait été très vive, l'ennemi a été repoussé. Lorsque j'en aurai reçu les détails je vous les ferai passer.

Aucun des généraux de brigade , dont le ministre de la guerre m'a envoyé les lettres de services n'est encore arrivé. Le général de brigade Garnier''* me

'■' Le général Dugommier écrivit d'Utelle, le 39 octobre 1798, au ministre de la guerre pour lui envoyer une relation des combats des 18 et 19 octobre. «Je vous dirai de plus, qu'aujourd'hui a a octobre, le poste d'Utelle, qui couvre Levenzo et Nice, a été attaqué, à une heure du matin, avec furie par cinq mille homuies que commandait le général Saint -André. Ils ont été repoussés avec perte de notre coté de sept à huit concitoyens et autant de blessés. L'ennemi a perdu plus de cent hommes trouves près de nos postes et nous lui avons fait quinze prisonniers. Fort heureusement, je suis rentré à Utelle le lendemain de l'alTaire de Gilette, ainsi que les forces que j'en avais tirées pour le secourir. Ji'ennemi ne s'attendait pas que nous eussions fait sept lieues par une marche forcée pour nous rendre à propos à notre poste naturel; mais notre prévoyance a déjoué son projet et il a eu encore la honte de se retirer avec une force très supérieure. 71 (Orig. , Arch. de la guerre, armée d'Italie.) — Robespierre jeune écrivait de Nice, le a3 oc-

tobre, au Comité pour lui annoncer nos succès, tt L'armée d'Italie a bien mérité de la République. Déclarez-le; c'est une récompense qui lui est due et que vous ne pouvez retarder sans injustice ... Le général en chef provisoire (du Merhion) combine avec sagesse les opérations de cette armée; il fait les dispositions les plus utiles et tire le meilleur parti possible du petit nombre des combattants qui la composent. Le général de brigade Dugommler est un vrai républicain , qui sait Inspirer l'enthousiasme do la liberté à ceux qu'il conduit à la victoire; il est aimé de ses subordonnés, qu'il aime; il est actif et courageux; il rendra de grands services à la patrie ...» (Cf. Aulard, VII, 699.)

(3) Pierre-Dominique Garnler, né à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 19 décembre 1756, fds d'un entrepreneur architecte, soldat dans le régiment de l'Ile-de-France le 9 1 février 1776, congédié le i5 septembre 1779, commandant en second du bataillon fédéré de Marseille , à la tète duquel il marcha à l'attaque des Tuileries le

[•iSocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ, 395

mande d'OUioules , en date du 19, que le général Garteaux , ainsi que les représentants du peuple près l'armée, sous Toulon, l'y ont retenu pour commander l'aile gauche.

L'armée d'Italie a des officiers qui méritent, à juste titre, d'être promus à de nouveaux grades. Je vous en enverrai l'état incessamment , après m'être concerté avec les représentants du peuple près cette armée.

Du Merbion.

(Orig. , Arch. de la guerre, armée d'Italie.)

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