LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC À LA MUNICIPALITÉ D'AUTUN
Paris, 3 brumaire an ii de la République française, une et indivisible.
Depuis un an le ministre de la guerre a passé un marché et avancé des fonds pour fabriquer des fusils à Autun '-'. Nous ignorons absolument ce qui a été fait dans cette ville. Comme les besoins de la République en armes sont urgents, il est nécessaire que nous connaissions l'état de situation de cette manufacture.
L'article vi du décret du i g vendémiaire porte : « L'inertie du gouvernement étant la cause des revers, les délais pour l'exécution des lois et des mesures de salut public seront fixés. La violation des délais sera punie comme un attentat à la liberté, v
La fabrication des armes étant une mesure de salut public, nous vous requérons de nous faire connaître pour le 1 5 de ce mois l'état de situation de la manufacture de fusils de la ville d' Autun.
Les membres du Comité de salut puhhc, Carnot, Collot-d'Herbois.
(Orig. , Arch. mun. d' Autun. — Communiqué par M. Cli. Le Téo, professeur d'histoire à Autun et actueliemcrtt à Rennes.)
(') Carnot était présent au Comité, 60,000 livres remtwursables en cinq anmais te registre ne porte pas la liste des nées, à condition de mettre sa manufacture présents. (Cf. Aulard, Vit, 601.) en pleine activité dans t'espace de six
W Un décret de la Convention nalio- mois. (Cf im article publié à ce sujet par
nale, en date du 27 janvier 1798, avait M. Ch. Le Tco, professeur d'bistoire à
autorisé le citoyen Déroche à établir à Au- Autun, dans U Républicain au Morvan.
tun ime manufacture d'armes et avait numéros des 4, 10, 18 et 9,5 septcml)re
mis à sa disposition une avance de 1890.)
fa4ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 397
PARIS, ah OCTOBRK i "] ^^ ■ LE MINISTRE DE LA GUERRE BOCCHOTTE AU GÉNÉRAL JOUHUAN.
Paris, le 3 du a' mois de l'an it de la République une et indivisible.
LE MiyiSTBIi DE LA GUERRE AV CITOÏBS JOIRDAX , GÉxÉRAL ES CHEF DE L'ARMEE DV KORD.
Je vous envoie , gênerai , uu arrtHé du Coniilô de salut public relativement à la demande que vous avez faite d'un plan de campagne. Je le crois basé sur les réflexions du citoyen Carnot, l'un des membres, et d'après les conférences que vous avez eues ensemble'''. Vous reconnaîtrez que le Comité, tout en voulant remplir l'objet de votre demande , vous a cependant laissé assez d'espace pour déployer votre capacité et votre énergie et donner au courage de nos braves frères d'armes tout l'essor dont il est suceptible.
Le considérant de l'arrêté mérite voire première attention; il expose qu'il est essentiel de profiter de la victoire et de ne pas laisser effacer l'impression qu'elle a dû faire sur nos ennemis; de tenter par d'énergiques efforts de leur ôter les moyens de commencer une autre caiiqiagne; d'accroître l'esprit public par leur expulsion totale de notre territoire; d'établir le crédit et la sûreté de la nation, ou plul(H sa considération forcée chez les gouvernements voisins , en faisant sentir avec plénitude la pesanteur de ses armes; de préparer la libération des autres peuples et le succès du système républicain en faisant un déploiement de vertus héroïf[ues propres à exciter leur admiration et leur inclination et à leur donner une grande idée de la force qui réside dans les honunes, quand ils sont abandonnés à la raison universelle et qu'ils n'ont pour guides que la justice, qui modère tout, et la force, qui peut tout; et qu'enfin la saison avancée nous donne la certitude qu'en cas de non-succès l'ennemi ne pourra pas faire sur nous de grandes entreprises , tandis que sa défaite le laisse sans ressource. Telles sont , général, les idées qui doivent remplir les esprits républicains, en allant assaillir nos ennemis , et le Comité et le Conseil peuvent se reposer sur votre dévouement connu pour répandre les étincelles patriotiques qui conviendront dans cette grande circonstance.
J'ai donné des ordres pour mettre à votre disposition les munitions et les chevaux d'artillerie nécessaires. Avez-vous des pontons en suffisance? S'il vous manque quelque chose, veuillez m'en faire avertir; j'y ferai pourvoir promptemenl, si cela dépend de moi. Je vous prie de m'accuser réception de l'arrêté.
Salut et fraternité.
J. BOUCIIOTTE.
(Orig. , Arch. de la guerre, .irmée du Noi^d. )
'" Cf. lettre et oote de Jourdan aux pages 3/17 et '.i-]ô, iiole 1.
SCHILTIGHEIM, 9 4 OCTOBRE lygS.
L'ADJUDANT GÉNJ^RAL DEMOMT AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Analyse. — L'ennemi a fait, le 29 octobre, une entreprise sur Saverne. Nos troupes ont perdu du terrain , qu'elles ont repris hier. 11 faut apporter une grande circonspection dans les opérations, cr L'Alsace, citoyens représentants, est le pays qui exige la prudence la plus consommée dans la conduite de la guerre. Ces deux départements sont enfermés entre deux lignes parallèles difficiles à franchir : les montagnes et le Rhin. Si l'armée (jui y est enfermée se trouve dans l'inqjossibilité de fi-anchir une de ces lignes , sa position devient pour lors critique. Il lui reste à la vérité les places fortes, mais ([iii l'affaiblissent nécessairement par les garnisons (pie l'armée est obligée de fournir. Ces vérités n'écha])pent point aux ennemis de la République. Tout nous le prouve , car, ((uels (jue puissent être leurs avantages , ils s'arrêtent et n'avancent qu'après avoir calculé leurs pas. Si nous prenons une position avantageuse , ils s'approchent de nous le plus près possible , sans beaucoup nous inquiéter; ils se mettent d'abord sur la défensive en fortifiant leur position de batteries et retranchements; ils tâchent de là de se procurer par tous les moyens imaginables la plus parfaite connaissance du pays qui est en avant d'eux. Quand toutes leurs mesures sont prises et que toutes leurs dispositions sont faites, ils changent tout à coup de conduite en attaquant l'armée de la République , et surtout ia partie qui avoisine les Vosges, n
(Orig. , Arcb. delà guerre, armée du Rbiu. )