‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 17 sur 191 · LES GÉNÉRAUX BERTHELMY, DEVRIGNY ET GOUERT AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC · texte numérisé non relu

LES GÉNÉRAUX BERTHELMY, DEVRIGNY ET GOUERT AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Analyses. — 1° Le général Bertheliny écrit de Gavrellc pour mander (ju'il a liùl retnpiacerle général 0'M(!ara dans ses fondions, en attendant que de plus amples renseignements montrent le degré de confiance qu'on peut avoir en lui^''. (Orig.

'') Caniol est présent au Comité (cf. tion permanente. (Cf. Aulard, vi, ^a.J La

Aulard, VI, 68) et r(^dijje de sa main l'ar- minute de ce décret est écrite en grande

r(5lé portant (|ue l'aniKic revenant de partie par Carnot, et amendée et complétée

Maypuce se rendra à Nantes, et de là près de la main de Barèrc. (Orig., Arcli. nal.,

des c('(tes de Brest. — Le mdine jour, C a64.)

Carnot rédige le laiiiciix décret (le la Cou- '*> Le même jour, a3 août 1793, le duc

ventioii mollaiil les Fraiii;ais en ré(iuisi- d'York somma la ville de Duukerque de se

[a3AofiT 1793.] CORRESPOIVDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 35

aul. , Ai-cii. de la guerre, année du Nord.) — a° Le générai Devrigny écrit de Pari.s pour solliciter le Coniilé de l'employer dans les armées. (Analyse, .Arch. de la guerre, reg. du Comité de salut public, C, p. 495.) — 3° Le général Gohevt ''' envoie de Paris un expos(; de sa conduite ''' et demande un passe-port pour se rcndi'e chez .son père à (jorbeil. (Analyse, ibid., p. /109.)

CAMBRAI, a3 AOÛT t "] ^^ ■ DESCHAMPS, BÉCAKI) ET QUIKCY, COMMISSAIBES DANS LE NORD AU COMITÉ DK SALIT PIBUC.

Analyse. — Partis de Paris le 18 août h 6 heures du soir, ils sont arrivés le lendemain il Péronne, où ils ont constaté le mauvais état des fortifications. itLe commandant Bécourt est patriote mais nous le croyons trop faible en cas de siège, vu la 'contradiction où il est avec les habitants de la ville, dont il ne possède pas la confiance. ■» — Ils ont quitté Péronne le 90 et sont aiïivés h Cambrai. L'esprit public nest pas excellent dans celte ville, bien (pi'il s'y trouve de bons ré|)ublicains. Le ai, ils ont visité les fortifications avec le commandant tempoiairc Soyez et le général Declaye '*'. Ils ont fait une enquête sur la situation des ennemis. Les

rt'iiclro, mais Ip général O.Mcara ri''|ion<Iil : (rliivcsii de la ronliance de la népiiblique française, j'ai reçu voire 8<)innialiun de rendre une tille iiii|Hirtanle. J'y ré|)ondrai en vous assiiranl (|iie je saurai la déleiidre avec les braves ri''|>idili<'ains (|iie j'ai l'Iioiineiir de roiiiinaiidiT. n {(,(. Arrli. na(., C 2(J5, el Kiiucarl el Fiiicil, ()7 e( Cy.) Malgré relie énergique allilude, O'Meara. dénonré au (Comité de salut pnlilir, fui destitue le 7 seplenibre t7<).'i.

"> Cf. l. Il, p. 93, el Kliennc Cbaravay. Le générnl Alrji» Ia Veiinir.

t'' (iénéral de brigade de|iuis le 7 mai 1793, deslilué le 3ii juillet suivaiil.

''' I.C i5 aoùl 1793, le (ioinilé de sailli |niblic a>ail einové à l'année du Nord les rilojeiis François DeM'Iiamps et Bward «rpour s'y procurer des renseignements sur l'élal des |>lares, sur l'élal de l'armée et sur relui de reiinemi."» l^'arrélé spérifiail <|iic les deux rommissaires deiaienl se rendre jour à lour, tous les Imil jours, auprès du (jomilé pour rendre roiiiple de leur mission. (Cf. Aulard, V, 555.) Ijp 17 août le Comilc alloua à res deux riloyciis une soniiiic de 3, 000 livres pour

leurs frais. H',\. Aulard, VI, i3.) — Quant à Joseph Quincy, qui signe aussi celle lettre, il lie fut reromiu olTiriellemenl pour cominis.saire par le Comité de salut public que le 19 seplembre. (M., VI, /iCo.)

'■*' Nicolas Declaye, né à Liège (Belgique) le 8 juin 1758, volonlaire au régiiiienl (le Herwick le 1 a juillel 177^, adjudant écrivain de place à lélal-inajor deSaiiil-VIarlin-de-Hé en septembre 1787, adjudant iiislruclcur aux gardes liégeoises le 19 octobre 1789, aide-major le 13 novembre I 789, major le '1 mai 179:', lieulenanlH'olonel de la légion belge le la août 179:1, aide de camp du général Rosières le 7 avril 1793, coiiimaiidaiil temporaire (le Cambrai eu mai 1793, général de brigade le 3o juillel 1793 el mainlcnu dans ses fondions. (Cf Foucarl cl Finol , 1 , 698.) Arrélé à Cambrai le t5 seplembre 1793, remplacé le 18 par le général Clia|)uy, el rondiiil à Paris, Declaye se justifia au|irès du lÀimilé el devini conimandant teinporaiie (b' Lyon le 9 bruinaii'e an 11 (3o octobre 1793). général de division le i3 venli'ise (3 mars 179'' ), el rommandant d'armes au .Monl-Cenis en prairial (juin

36 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [aS août 1793.]

Autrichiens se sont inonti-és cruels et ont dévasté beaucoup de villages. Les Anglais sont moins féroces et essayent de gagner les Français à leur politique , qui est de faire couronner le duc d'York roi de Fiance: mais les paysans ne sont ])as dupes de la politique anglaise. irLe général Declaye, qui commande la place de Cambrai, paraît bon républicain. Sa réponse à la sommation qui Ini fut faite par l'ennemi de rendre la viUe est une preuve de son civisme, et d'aiUenrs il veille avec la pins grande activité à sa défense. Il fait faire différents Iravaux sur les fortifications , qui annoncent son génie et l'envie de servir la République. 1 La garnison est dans les bons principes, mais pas assez considérable. Le général fait évacuer tons les gens suspects et les bouches inutiles. «Tous les moyens de sûreté et de défense générale sont pris avec enthousiasme, f-es chefs et les soldais sont prêts à périr à leurs posles. n — Ils pro|)osent de faire un camp entre (>andjrai et Péronne. Le 21 ils ont quitté Cambrai à trois lieures de l'après-midi et sont arrivés à Saint-Quentin à sept heiu-es et demie du soir. Ils ont assisté à une séance du club. Le 22 ils ont visité les fortifications et ont constaté que celte ville ne pourrait supporter un siège, vu la faiblesse de ses i-eniparls et de sa garnison et le manque d'artillerie. En effet, Saint-Quentin n'a que i,5oo hommes de troupes. — Le 9 3 au soir ils repartii-ent pour Cambrai, et à deux lieues de cette ville ils virent les avant-postes de l'ennemi. Ueschamps, l'un d'eux, se rend à Paris et remettra lui-même cette letti'e au Comité. — Ils viennent d'apprench-e la prise de Caleau- (jambrésis. Le Quesnoy est bloqué et tous les grains des environs sont eidevés par l'ennemi , qui renferme les paysans dans les églises taudis qu'il enmiène son butin. «Les ennemis sont lâches et , pour peu qu'on ait des forces en cavalerie , nous les repousserions aisément. Hâtez , citoyens , le départ de la levée , et la République ne lai'dera pas à triompher de tous ses ennemis, -n

(Orig. , ArcU. delà guerre, armée du Nord.)

1794). Il lut arnMé de nouveau trois niois plus lard, et prévint aussitôt Fourlié par une lettre écrite de Cliarenlou le 26 fructidor au II (la septembre 1794). Fouclié s'entremit auprès du (fouillé, et Carnol, le même jour, si[jiia l'ordre de mise en liberté du général. (Arcli. nal., AF 11, 807.) La 4' sans-culottide au 11 (ao septembre 1794) le Comité l'autorisa à se retirer où bon lui semblerait, mais à vingt lieues au moins de Paris et des frontières. (Arch. nat. , AF II, 3o8.) Declaye commanda la garde nationale de Nevers en brumaire an iv (octobre 1795), redevint commandant de place le 13 thermidor an iv (3o juillet 1796) et fut réformé le 13 lirnmaire au Y (9 novembre 1796). Il rentra au service comme rlief de bataillon à la H't' demi-

brigade de ligne, le 6 tliemiidor an vu (24 juillet 1799), commanda la place de Vannes le 6 brumaire an tiii (28 octobre 1799) et le 1" bataillon franc le 16 ventôse suivant (7 mars 1800). Il s'adonna à la littérature, et Qu^rard mentionne de lui le Cilalmr anti-britanniqiw, publié à Hambourg en l'an xii (i8o4). Dans une lettre écrite à Bertbicr de Paris, le 1" complémentaire an \ni (18 septembre i8o5), Declaye se déclare l'auteur de l'opéra le Triomphe de Mars et d'un hymne guerrier dédié à l'armée de Boulogne. (Orig., Arcb. adin. de la guerre, dossier Declaye.) — M. H. Wallon a consacré à ce général, dans la Rnue Bleue du 8 août 1891, un article intitidé : Le fjénéral Declaye. commanilant (te pince a Cambrai et à Lyon en i 79-?.

[a3AOÈTi793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ.

DUNKERQIE, 3,3 AOÛT I793 "'.

BOURG '■-', C0M11A!NDA.\T TEMPOIlAinE, Al COMITÉ DE SALUT PUBLIC.

A Dunkerque, ce 33 aoùl 1798, l'an 11 de la République.

LE CITOYEN BOVKG, COMMANDA NT TEMPORAIRE, AVX CITOTEtlS REPRÉSEtlTANTS DV PEVPLB COMPOSANT LE COMITE DU SALVT PUBLIC.

An reçu de voire lettre , j'étais au conseil de giiei're '''. Je vous préviens que le 9. 1 , au malin, tous nos postes dans les environs de Rergues, à deux lieues d'ici, ont éXé vivement attaques et repoussés, et que sur les huit à neuf heures le camp de Ghyvelde, à deux lieues de Dunkerque, près de Furnes, a été aussi attaqué; mais nous n'avons pas perdu un pouce île terrain '*'. La nnit du ai au 29, les ennemis ont fait des approches jusqu'auprès de Rergues, nous ont coupé la connnunication de Cassel à Bergues et ont investi et sommé ladite ville de se rendre; mais le citoyen CaiTion '*', général de brigade, qui commande la place, leur a répondu

<■' Celle lettre, lue daas la séance de la Conveiilion du 9 5 août 1793, a été insérée au Moniteur du 27 août, sous le nom erroné de Hurkf, avec la date fautive du 3 9 août et plusieurs erreurs assez graves. Le Journal det Déhntt (n° 34 1, p. 339) ne duiine qu'une courle analyse de celle lelire, mais avec le nom vérilahle de son auleur.

''1 Barthélémy Uour|j, 11c le 1" février 1789 , soldai dans Colonel-Général le 1 0 novembre 1768, caporal le 35 septembre 1766, sergent le 33 août 1770, sergenlmajor le 16 juin 1770. porl(>-<lra|)eaii le 3'i oclobre 1786, sous-lieutenant li- i"avnl 1791, adjudant-major le 1.") septembre 1791 .lieutenant-colonel du 3' d'Iiifanlerie le 1 4 janvier 1798 el du i6' le 8 mars suivant, commandant temporaire de Dunkerque, où il fut remplacé par Hudry, el de la place de Ballleul par arrêté du représentant Florent Cuiot, le a') iduviose an n (i3 février tjgij.

''' On lit dans le procès-verbal du conseil général de la commune de Dunkerque, à la date du a a août : wA dit lieures se sont présentés le commandant temporaire, commandant d'artillerie, ingénieur en rbef et autres ofliciers militaires. Le commandant temporaire a communiqué- une réquisition du commandant de Bergues de libeller les eaux de mer pour former une

inondation; a été observé que le Cons.MI n'avait rien à y opposer, (|ue c'était au commandant à prendre ses mesures.» — Vers les quatre heures el demie arrivèrent les dépêches du Comité de salut public mettant à la disposition de la nmnicipalité une somme de 100,000 livres pour l'équlpeinenl et le campement des troupes. (Cf. Foucarl et Finol, II, 55 et Sg.)

'*' Le camp de Glipelde était commandé par le général Souham. Le corps anglohanovrien du maréchal Freylag occupa , le 31 tioùt, Oost-Cappel et Hondschoote , el poussa des recoiniaissances sur Houlker- ((ue, Herzeele, Bauibecque et liexpoëde, occupés par des détachements français, qui se replièrent sur Bergues el sur Cassel. Le •13 , le dur d'York entama une canonnade avec le général Souham.

'*' Marlin-Jean-F'rançois de Carrion.né à Gand (Belgique) le 9 mars 176a, d'une famille d'origine espagnole, dragon dans le régiment Mestre - de - camp - général le iti luars 1779, congédié le 8 mai 178/1, entré au régiuicnlde Champagne le 18 janvier 1785, caporal le a avril et sergent le 19 aoùl de la même année, congédié comme gentilhomme le 28 septembre 1788, procureur de la commune de Carvin- F.pinoy et commandant de la garde nationale, élu capitaine au 1" bataillon du l'as-de-Calais le a6 septembre 1791 , lieu-

38 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [28 août 1798.]

qu'il était républicain ainsi que toute sa garnison, et qu'il préférait mourir plutôt que (le se rendre '*'.

Je ne sais encoi'e quelle est la force de l'ennemi ; je ci'ois qu'il nous coupe h deux lieues d'ici la communication de Boiirgbourff , qui aboutit à Saint-Onier. Le conseil de guerre a arrêté que la ville est eu état de siège , qu'elle n'est qu'un camp retranché. La garnison n'est composée que de i4 à i,5oo hommes: le camp de Ghyvelde, à peu près de 4, 000 hommes. Voilà ce que nous avons à opposer à l'ennemi. A onze heures du matin, heure de la marée niontante, l'on a levé les ('■cluses pour inonder les envii-ons de Bergues et l'on continue ce soir jusqu'à grande inondation. La nuit du 22 au 28, le canq) de Ghyvelde s'est replié sui- la ville, craignant d'iHre coupé par l'ennemi et pour mieux garder la conununicalion île Dunkerque à Bergues.

Nous avons reçu, la nuit, une lettre du général Houchard, qui nous pi-évient qu'il envoie un renfort à Cassel. Nous espérons que l'on fera lever le siège de Bergues. La garde citoyenne de Dunkerque est composée de neuf bataillons : chaque bataillon est à peu près de 2 à 3oo honunes bien disposés à défendre la ville.

Je suis avec fraternité votre concitoyen.

Le commandant temporaire , Bourg o.

(Orig., Arcli. nat., C 270, classé au 16 septembre 1793.)

Icnanl-colonel en second le 4 février i^ga et en premier le 16 septembre suivanl , i)assé au 3' bataillon des grenadiers de la réserve le 8 novembre 179a, rentré au 1" balalllon du Pas-de-Calais le i"avril I7g3, général de brigade à l'armée des (Jôtes de Cherbourg le )5 mai 1793, employé à l'armée du Nord le a août, commandant la ])lace de Bergues, puis le camp sous Dunkenpio, déuiissionnalre le 98 octobre 1793, emprisonné à Bélbune ol mis en liberté aprJs le 9 thermidor, commissaire du Directoire près l'administration municipale du canton de Carviu en l"an vu, maire d'Oignies en l'an x, adjudant major de la a" légion du Pas-de-Calais en 1806, mort à Oignies le a8 septendire iSaS.

Carrion avait fait les campagnes d'Amérique de 1779 à 1783. Il clail parent de Carrion-Nisas. Il signait , ou 1809, Carrion de lAitconde». (Cf. Itéxtimé exposilif île la conduite révolutionnaire de Martin -Jean- François Carrion, ex-général de brigade; Douai, 1794, 89 p. in-/i°, aux Archives adm. de la guerre , dossier Carrion. )

C) Le 39 août 1793,1e général Carrion écrivit à Bonchotte que la ville de Bergues venait d'être sommée de se rendre par le comte de Walmoden, mais qu'il avait répondu : «Le général français, qui sert sa patrie à Bergues, est un franc et fier républicain ; ses camarades qu'il commande lui ressemblent; ils ont fait le serment de vaincre et de mourir, et ils ont en horreur le parjure. En conséquence, tant en leur nom qu'au sien, il déclare au général ennemi , (pu le sonmie de rendre la ville, que ses fo-républicains et lui sont tous dispos("s à montrer l'exemple du véritable héroïsme.» ( Orig. , Arcli. de la guerre , armée du Nord.) — Voir la lettre du Comité à la date du 7 septembre 1 798.

'*) (Jet ollifier ces-sa bientôt ses fonctions de conuuandanl temporaire par suite de la nomination du général Souham au ronimandement de la place de Dunkerque. Le ag ai)ù{ 1798, le conseil général de la commune lui délivra un certificat de l)oiuie conduite. (Cf. t'ourart et Kinol , II, 81.)

[ift wtir 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 39

LA PAPE, 9 A AOIT l^JjS'".

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