‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 18 sur 191 · LE GÉSKIIAL EN CHEF KELLERMANN AL COMITÉ DE SALUT PUBLIC · texte numérisé non relu

LE GÉSKIIAL EN CHEF KELLERMANN AL COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Ail quartier' iféiiéral de la Pape, le a'i août 1798, l'an 11 de la RApiililiqne.

I.B GSUKRAI. D'ARméf. PBS ALPES ET D'ITALIE ArX RKPnKSE.\TAXTS DV PBVPLB COMPOSAST LE COMITE DE SALIT PUBLIC.

Ciloypns représentants,

Vous m'avez nniniiië {jént^ral des armées des Alpes et d'Italie parre tpie vniis aviez confiance en moi sans doute '*'. Cette confiance ('•tait fondée sur l'opinion que vous aviez conçue de mou civisme et des qualilés militaires qui pouvaient me rendre utile à la lîéjiidiliipie. J'ai lieu de croire (pie les pi-euves que j'en ai données depuis le comuiencenieul de la Révolution et particulièrement l'année dernière doivent justifier celle opinion.

Ce|)endant on ose élever des nuages sur ma conduite, on cheiTlie à la rendre suspecte; du moineul que j'ai cessé de plaire à mes coiicilovens. je ne puis plus servir. Je vous prie donc, citoyens repi'ésenlanls, d'accepter ma démission. Je n'en continuerai pas moins d'ol>éir aux réquisitions de vos collègues et d'exercer mes ronclions justpi'à ce (jiie vous m'ayez nommé im successeur ou (pie j'aie forcé I^yon h l'ohéissauce. J'en ai fait le serment h la Répulili(pie; je le liendi'ai. Ma santé d'ailleui-s est altérée par les fatigues, les |>eines et les chagrins que des malveillants veulent me faire éprouver. Au reste, je sacrifierai avec joie ce ([iii m'en reste à la Répulili(pie, s'il se présentait une occasion de lui (''Ire utile.

Kei.i.krmavn.

Kellermann a pens(' ([u'il était de la vertu, du devoir m(*me d'un général républicain qui, lors([ue des perfides ennemis du liien pulilic clierchent à lui ra\ir la confiance de ses concitoyens par les écrits les plus odieux et (pi'ils oui surjiris la religion du Comité de salut ])ul)lic au j)oinl de l'engager à mander aux représentants de son armée de le slu■^ ciller, et même le suspendre iors(ju'ils le jugeraient à |)ropos, de donner sa démission. Il le fait dans la bonne loi d'une âme pure et

'"' Cirnot etil présoiil au Coniilé. (Cf. ndniiiiislralciirs des siilisistanccs mililaircs

Aiilard, VI, 84.) On trouve trois arrriés de (liinner des rcnsoi(;iR'iiu'iils au (loiiiit»'.

écrits par lui : 1° Rassoinlileiiu'iit (l('S(;i'<'iins '*' kelirriiinini avail l'Iô niiiiiiiic fji'iiérai

nt>res8aircs à la sulwislaiirp de Paris; en rliof des aiiiK'es réuiiios des Alpes el

9° Periiiissioii au (ji^iiéral des Brusl^s de d'Ilalie le 30 mai 1798. (f^f. Aulard, IV.

cumuiuuiquer avec son frère; 3"()rdreaux ■iho, a'ii), aCi, afiô.)

CORUESPONDANGE GÉNÉRALE DE GARNOT. [aS août 1793.

d'iiiio conduite sans reproche. Au reste , de la manière dont sa démission est motivée, on peut juger de ses regrets de s'y croii'e forcé '''.

Kellerhann.

(Orig., coll. de M. Ktienne Cliaravay.)

LE COMITt; DE SALUT PUBLIC A DELBURL, LK TOlRMîlin ET (.HALES.

AUX BEPnKSEXTAXTS DU PEUPLE A ARKAS.

Citoyens collègues.

Nous avons partagé votre douleur et votre indignation en apprenant de vous IV'cliec reçu par nos troupes près de Bergues, et nous ne pouvons qu'applaudir à la résolution que vous manifestez de faire punir avec la plus extrême rigueur les traîtres et les lâches '^*.

'■' Ce post-scriptum est de la main de Kcllerinann. — Le {[énéral fut destitué ie 10 septembre 1793 et remplacé par Doppet. (Cf. Aulard, VI, 4 01.)

'•' Carnot est ])réseni à la séance du Comité de ce jour. (Cf. Aulard, VI, 96.)

'■■"l Voici le texte de la lettre des représentants du peuple au Comité de salut public. (Orig. , Arcb. de la {;uerre, armée du Nord):

rAu quarlier |;énérat a Gavreile, 93 août 1793, l'an II de la Itépubli()ue française , une ol indivisible.

tLcs représentants du pmple n l'armée du Ncn-d à leurs collègues membres du Cuvtilé de salut public,

«Citoyens nos collègues, «Nous vous envoyons copie de trois lettres qui vous instruiront du mallieureu\ événement arrivé à Bergues. Nous ne saurions trop vous recommander de nous faire passer avec rapidité les troupes de la Moselle, sans lescfuelies nous ne pouvons agir. Le général Uoucliard vient d'être ])révenu par le ministre que les carabiniers n'arriveront à Péronne que le G du mois pro-

chain. D'oli vient cette lenteur? Vous voyez partout que nos postes se laissent surprendre. Le général nous oliserve que cette inexactitude vient de la part des officiers qui, au lieu de veiller, sont souvent dans les villes, et que ceux que le ministre a nonnnés sont souvent deux mois et plus sans se rendre à leur poste. La plupart sont des intrigants qui, lorsqu'ils ont obtenu leurs brevets, s'inquiètent fort peu si la machine ira ou non. Les officiers nommés par ancienneté de grade peuvent être de fort honnêtes gens, mais souvent hors d'état de conmiander et souvent timides ou ineptes. 11 y a longtemps qu'on vous envoie des observations de ce genre. Pesez-les dans votre sagesse. Que la Convention soit sévère envers ses ofliciers et les commandants lâches, les plus dangereux de tous; (|u'elle ordonne que tous officiers qui n'auront pas surveillé les postes soient fusillés à l'instant , surtout lorsqu'ils abandonnent les caissons et les canons, comme ils ont fait lâchement dans cette malheureuse affaire. Knfin nous ne .sauiions trop vous répéter (ju'il faut des mesures sévères et surtout punir ceux qui ont contrarié la marche de

[a5 AOÛT 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITE. il

L'armée du Nord étant au moins de 100,000 hommes, indépendamment des garnisons, ou de 1 4o,ooo hommes au moins, tout compris, nous ne vous dissimulons pas que nous sommes étonnés que vous ayez un besoin de renfort si pressant pour vous défendre. Il paraît que le vice est plutôt dans la mauvaise disposition de vos forces , trop disséminées, que dans la faiblesse du nombre. Cependant nous [ne] négligeons rien pour hâter les secours que vous désirez; des chevaux d'artillerie en assez grand nombre et cinq à six mille hommes de cavalerie ont dû vous parvenir ou vous parviendront au premier moment. Enfin, le peuple entier se lève. Que faut-il donc de plus? Du courage et la punition des traîtres.

Les 3o,ooo hommes qui vous ont été envoyés ont dû être tirés tous de l'armée de la Moselle, et celle du Rhin a rempli le vide laissé par cette marche dans celle de la Moselle. Si ces 3o,ooo hommes étaient partis en masse, le vide eût été trop grand tout d'un coup, et celle masse énorme eût manqué de subsistances en route.

Nous pensons, citoyens collègues, que le plus sûr moyen d'obtenir du succès serait de couper l'armée ennemie en deux, en attaquant avec de grandes forces le cours de la Lys, par Lille; après quoi il serait facile de la prendre à revers, soit du côte; de la Flandre maritime, soit du côté du Hainaut. Il faut surtout sauver Bergues et Maubeuge et jeter une grande quantité de subsistances dans ces places.

(Minute aut. de Carnot, Arch. de la guerre, armée du Nord.)

nos troupos, parties de la MosoIIp d'après l'ordre (1(- Prieur et Jeanlioii Saint-André, niH collègues. Si nous sommes attaqués ici avant que nous puissions rallier nos forées. nous vous assurons (|ue nous saurons mourir, mais (|U°aussi muLs saurons punir surle-ehamp avec la plus grande sévérité tous les lâches, dussions- nous les exterminer nous-mêmes.

r\ous ne saurions trop vous répéter combien nous sont funestes les relards que l'on pourrait avoir mis à l'arrivée des renforts qui nous tiennent de la Moselle.

Pounpioi en a-t-on pris une partie dans l'armée du Rhin? l'ouriinoi ce renfort nous

vient-il morcelé et non en niasse? Pourquoi nous vient-il par des détours d'une lon(;ueur infinie, au lieu de nous arriver directement? Ils auront beaucoup à se reprocher, ceux qui causent tant de lenteur. Uâlcz-vous de prendre tous les moyens d'activer la marche des troupes qui nous sont annoncées. L'eimemi, qui en sent l'approche, fait tous ses efforts pour nous battre avant que le secours nous arrive, et nous serons toujours battus tant (pie la masse de nos forces ne sera pas assez considérable pour que nous puissions prendre l'offen.sive sur tous les points.

tOelbrel, Le TounKEcii, rHU.Es.i>

/i2 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a5 août 1798.]

IB COMITÉ DE SALUT PUBLIC AIX REPRÉSENTANTS RICORP ET ROBESPIERRE JEUNE.

Paris, le aa août lyg'i. l'an n de la République.

LUS II^:PRÉ■<lE!«TA^TS M EMBUES DV COMITK DE SALUT PVBUC AUX CITOYESS ItlCORD ET ROBESPIEBBE JEVXE, REPRESEflTAXTS DV PEUPLE.

Citoyens nos collègues,

Nous avons donn*^ à votre lettre du 1 6 toute l'attention qu'elle m^rite "', et vous ne devez pas douter que l'on ne s'occupe ici avec autant d'empressement que de chaleur des mesures rigoureuses qu'il convient de prendre contre les rebelles de Marseille (il «pie la conduite du général Brunet sera sévèrement examinée '^'.

Les membres du comité de salut public chargés de la correspondance.

(Minute avpc coneotioiis aiilographns de Carnol, Aroli. nal., AF n i84.)

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