‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 178 sur 191 · DE LA SECTION DE · texte numérisé non relu

DE LA SECTION DE

La levée générale qui va s'effectuer dans ce moment pour chasser tous les ennemis de ia République exige impérieusement une quantité d'armes considérable.

Il en faut pour le moment actuel, il en faut pour les besoins à venir.

Il faut que tous les Français aient des armes pour résister aux ennemis extérieurs et aux projets liberticides des ennemis intérieurs.

Il faut qu'un très grand nombre d'ouvriers soient entièrement et exclusivement occupés à fabriquer des armes.

H est nécessaire que nous connaissions le nombre d'ouvriers en fer existant à Paris, pour pouvoir répartir entre chacun d'eux la fabrication des armes.

Nous vous prions en conséquence de faire de suite le recensement de tous les ouvriers en fer dans votre arrondissement, le recensement de tous les ouvriers qui travaillent de la lime, du marteau, sur toute espèce de métaux.

Nous vous prions d'indiquer dans ce recensement l'âge de l'ouvrier, la nature de son travail ordinaire, l'objet auquel il peut être destine, s'il est père de famille, s'il a une boutique et des ouvriers, combien d'ouvriers il occupe, et généralement tout ce qui est propre à déterminer l'occupation qu'on peut lui donner, et de remplir le tableau cijoint.

Les membres du Comité de salut public,

ROBESPIEHRE, TuURIOT, SaINT-JdST, LaZ. CaRNOT,

B. Barère, C.-A. Prieur, Cocthon.

(Impr , roll. de H. Etienne Chararay.)

Page 45, première ligne. Ajoutez : Le Comité de salut public au ministbk de la cuerhe Bouchotte.

Page 8/i. Intercaler la pièce suivante :

CHAHBéRY, 3 SEPTEMBRE 1793.

LE GlÎNéRAL EN CHEF KELLERMANN AU COHIT^ DE SALDT PUBLIC.

Analyse. — Il rtSclame la formation d'une compagnie de guides de trente hommes pour le département du Mont-Blanc. 11 a choisi , d'accord avec les représentants du peuple, le citoyen Ralel pour capitaine et le citoyen Jean-François Dupasquier pour lieutenant.

(Copie certifiée par Kellermann, Arcb. de la guerre, armée des Alpes.)

Page 86. Intercaler la pièce suivante :

CHAMBÉRY, /j SEPTEMBRE 1793.

LE GI^N^RAL EN CHEF KELLERMANN Ali COMITÉ DE SALUT P,liBLIC.

A Chambéry, le i septembre, ii heures du soir, l'an ii de la Rt'publique française.

LB OÉxÉRÀL D'ARMÉSS des ALPES ET D'ITALIE ACX REPnÉSEXTAXTS DU PEUPLE COMPOSAXT LE COMJTÉ DE SALDT PVBLIC.

Je vais vous rendre compte, citoyens représentants, de ma '.ournée dans le Mont-Blanc et de l'étal des choses.

Sur la réquisition des représentants du peuple près l'armée des Alpes , Dubois- Crancé , Gauthier, Simond et Dumaz , je me suis de nouveau l'endu dans le département du Mont-Hlanc, extr^'-meraent alarmé des progrès des ennemis, tant dans le Faucigny que dans les deux vallées de Maurienne et de Tarentaise. J'ai quitté le quartier général de la Pape le 3i août, à 1 1 heures du soir, et suis arrivé le lendemain à Grenoble. J'ai de suite donné des ordres pour que l'on pourvût avec chaleur à l'approvisionnement nécessaire pour continuer le bombardement de Lyon et la défense du Mont-Blanc. Je dois vous instruire que les arsenaux des départements des Alpes et de l'Isère commencent à s'épuiser de mortiers, de pièces de siège , de boulets , de bombes , d'obus et de poudre ; qu'il faut songer sérieusement à leur remplacement immédiat , trois mortiers , une pièce de a 4 , une de 1 6 , dont trois sont hors de service devant Lyon.

De Grenoble j'ai été à Barraux , à Chambéry ; j'ai dissipé les alarmes qui se renouvelaient. J'y ai trouvé les représentants Simond et Dumaz , avec lesquels je me suis rendu à Aiguebelle. Les généraux me parurent inquiels sur leur flanc droit. Je leur ai renouvelé l'ordre de tenir ferme et j'ai fait des dispositions pour leur ôler la crainte d'être tournés et coupés de Montmélian, deux bataillons étant en marche , l'un des Valloires , qui sera remplacé par un placé au Galibier, et l'autre venant du camp de Tournoux. Les troupes, quoique très affaiblies par les maladies, ont montré beaucoup d'ardeur et de désir de livrer un combat. Le h, nous fûmes à l'Hôpital et trouvâmes dans les troupes même ardeur, mais aussi même affaiblissement.

D'après tous les renseignements, la force de l'ennemi dans les deux vallées ne passe pas huit mille hommes de troupes réglées, mais un grand nombre de paysans a pris les armes en sa faveur. Les représentants vous diront de leur côté ce qu'ils ont remarqué.

Dans le Faucigny, j'ai trois bataillons et des gardes nationîdes sous les ordres d'un brave militaire , nommé Verdelin '"', commandant temporaire à Chambéry et capitaine au 35' régiment. J'envoie le citoyen Santerre '*', chef de brigade au 35' ré-

''' Jean-Gliarles do Verdelin , né à Montégut (Hautes -Pyrénées) le ig janvier 17^9, fils de François, baron de Montégut, sous-lieutenant au régiment de Boulonnais le 11 août 1765, lieutenant le 9 juillet 1769, capitaine en second le 37 juillet 1781, capitaine de grenadiers le «7 juillet 1788, capitaine commandant le l'A avril 1786, commandant temporaire de Chambéry le 4 juin 1798, commandant la brigade de Faucigny le sa août 179.S, adjudant général chef de brigade le 1 7 septembre 1798, retraité le a5 brumaire an lï (16 novembre 1795). Il était cousin de la femme du général Le Veneur.

'*' Louis-Jacques Ruelle de Santerre, né

à Versailles le aa septembre 1789, volontaire au régiment du Colonel-général des dragons le 28 novembre 1756, lieutenant au régiment de Languedoc le j8 février 1769, sous -lieutenant des grenadiers le 1" juin 175g, capitaine en second de cavalerie le ao juin 1759, enseigne au régiment de Languedoc le i5 octobre 1759, capitaine de cavalerie le 1" janvier 1760, .sous-lieutenant au régiment de Languedoc le 81 mars 1768, sous-lieutenant des chasseura en octobre 1764 , lieutenant le a4décembre 1766, lieutenant des chasseurs le a 0 juillet 1 768, capitaine le a4 mars 17G9, lieutenant-colonel le 5 février 179a, colonel du 85' le ag juin 179a, générai de

giment , que les repr&entanls du peuple Dubois-Crancé et Gauthier ont nommé général (le brigade ''', prendre le commandement en cbef de toutes les troupes rassemblées dans le Faiieigny, à Bonneville, avec ordre d'attaquer vigoureusement les rebelles et les troupes piéinontaises réunies à Cluses , et , après les avoir chassés de Cluses, Sallanches, et regagné la vallée, de marcher vivement par Annecy sur la vallée de Beauforl-en-Tarentaise'*'. Cette expédition faite, on attaquera l'ennemi, de concert avec la division de IHôpital, et on le rechasser«i plus promplement qu'il n'est venu.

Je prépare les dispositions pour l'attaque des deux vallées et je la ferai commencer aussitôt que j'aurai le peu de troupes que je fais venir et que je serai en mesure d'agir avec un parfait ensemble.

Dès que cette expédition sera terminée je retourne à Lyon, si ma présence y est jugée nécessaire par les représentants. J'établis mon quartier général au château des Marches , à une lieue de Montmélian , point central.

Je vous envoie copie de l'extrait du procès-verbal du Conseil général du département du Mont-Blanc relatif à la formation d'une compagnie de guides de l'armée pour ce déparlement, avec l'apostille des représentants et la mienne au bas.

Je vous envoie en outre copie de la lettre du citoyen Le Féron ''', général de bri-

brigade provisoire le ah août i7g3, suspendu le 1 6 vendémiaire an il ( 7 octobre 1798), autorisé à prendre sa retraite le 17 fruclidor au 11 (3 septembre 1796), pensionné le 9 messidor an iv {97 juin 1796), mort à Lille le '1 pluviôse an x (•s4 janvier i8oa). Le général Ruelle de Sanlerre avait fait sous l'ancien régime les campagnes de Hanovre en 1757 et 1768, du Canada de 1769 à 1761, de Corse en 1768 et 1769, et d'Amérique en 1780 et 1781. il avait été blessé au Canada le 47 avril 1760.

<*' Le a'i août 1798.

'•' Cf. Krebs et Moris, I, 076.

''' Louis-Hyacinthe Le Féron , né à Paribeoay (Deui-Sèvres) le .3o novembre 1765, capitaine au 1" bataillon des Deux- Sèvres le 6 octobifl 1791, a' lieulenautcolonel le 1" décembre 1792, 1" lieutenant-colonel le 8 janvier 1798, général de brigade â l'armée des Alpes li; 19 août 1798, refuse ce grade par lettres du 9 a août et du 97 septembre 1798, autorisé à reprendre le commandement du bataillon des Deui-Sèvres le la octobre 1798, général de brigade à l'armée des Pyrénées occidenlalcs par arrêté des représentants du peuple

le ao vendémiaire an m (11 octobre 1794), refuse de nouveau ce grade et rentre dans son bataillon le 8 frimaire an m (p.8 novembre 179'!), commande la demi-brigade des Deux-Sèvres le 80 germinal an ni (19 avril 1705), passé à la 68' demi-brigade d'infanterie de ligne le 80 nivôse an vi (19 janvier 1797) el à la 5' demi-brigade le 1" germinal an vin (ai mars 1799), mort en Italie en août 1 799. — Le aa août 1 798, Le Féron écrivait au député Cochon, son compatriote : «Citoyen représentant, si vous avez contribué à me faire nommer général de brigade, à beaucoup près vous n'avez pas rempli mes vues. Le ministre m'ordonnanl de prendre le commandement d'une brigade de la division de Valenciennes qui va se porter sur Lyon, je n'hésite point à obéir, mais celte place est fort au-dessus de mes forces. Rendez-moi un. service signalé; parlez au ministre de la guerre pou;qu'il me Casse donner une place d'adjoint aux adjudants généraux à farmée, pour laquelle je semble destiné; tâchez de faire obtenir le même emploi à Boùet, capitaine de notre bataillon. Si mes propositions ne sont point accueillies, donnez -moi une preuve de votre amitié et faites en sorte

gade, et de l'Aat du nombre des.troupns qui sont arrivëes à Limonest, composant la garnison do Vaienciennes. Vous verrez que cette garnison est loin d'être aussi nombreuse qu'on me l'avait annoncée; elle est composée de corps délabi-és et manquant de beaucou)) de cboses. Vous jugerez vous-mêmes de ce qu'il est possible d'exécuter avec des moyens tellement au-dessous de ceux qu'on m'avait promis.

KELLERHiNN.

(Orig., Arch. de la guerre, armée des Aipes.)

Page 98. Intercaler la pièce suivante :

CHAMBKnV, 5 SEPTEMBRE 1793.

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