‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 20 sur 191 · AUX ADMINISTRATEURS DU DÉPARTEMENT DU PAS-DE-CALAIS · texte numérisé non relu

AUX ADMINISTRATEURS DU DÉPARTEMENT DU PAS-DE-CALAIS

Paris, le "îG août 179-!, l'an 11 do la République fraiiçaiso.

LES HEPDKSEXTAXTS DV PEUPLE , MEMBnES DU COMITÉ DE SÀLVT PVBLIC , ADX ADMiyiSTlIATEVIIfi DU Df'pAHTEUE\T DU PAS-DE-CALAIS, À AnilAS.

Nous avons reçu, citoyens administrateurs, votre lettre en date du A du courant, et votre délibération du jour précédent. Nous avons vu avec satisfaction les mesures salutaires (pie vous ont dictées voire amour pour la patrie et le danger oîi elle se trouve. Si toutes les autorités constituées déployaient la même énergie, la France serait bientôt délivrée de tous ses ennemis"'.

Les membres du Comité de saint public chargés de la correspondance,

Laz. Carnot, C.-A. Prieur, Hérault, Prieur, député de la Marne.

(Ori|;., Arcli. du l'as-do-Calais, série LII, Arras.)

'•> Depuis la trahison de Dumoiiricz , le el du Pas-de-Calais avaient bien mérité de

déparlenieni du Pas-do-Culais se faisnil la patrie. Eu raison de sa qualité de dé-

reinarquer par son ardeur palriolique el pulé du dc'parlemenl, Carnot s'orrnpait

jnstifiilil ]e dérrel du 5 avril 1 79.1 (pii parlirulièrenienl de tout re qui roneernalt

avait déclaré que lesdéparlenienls du Nord celte réjjion.

[26AOÙT i7«)3.] COUllESPONUANŒ MILITAIRE DU COMITÉ. Ul

PAItlS, a 6 AOÛT 1793.

LE MINISTRE DE LV GLEBRE BOUCIIOTTE AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Paris, le 26 août 1793, l'an i" de la Régmblique une et indivisible.

LE MIXISTRE DE LÀ GLEItRE ACl MEMBHES DV COUITÉ DB SALVT PUBLIC DB LA COKVBNTtOS yATlOXALE.

Le dépai-temenl île Seiiie-el-Marne, citoyens, s'est einj)ressé de rtissembler des foi-ces pour aller coiiibaltre les i-ebelles de la Vendée: déjà il a fourni un bataillon et est prdt à compléter le second '■''. Ce département ne se trouve uirilé que par le défaul de fonds, allendu les avances déjà faites par son jiayeur jféiiéral, tant pour la solde des volontaires composant ces bataillons, à raison de 3o sous par jour, 'pie pour l'indemnité de i5o livres qu'il a jugé convenable d'accorder à chacun desdits volontaires.

Il a été, à la vérité, établi un rôle de contribution pour subvenir à celte dépense extraordinaire; mais le recouvrement s'en faisant très dilïïcilement, et les besoins de cette administration augmentant chatjne jour, elle l'éclanie le secours d'inie somme de i.to,ooo livres, tant pour reniboin-ser les avances faites par son payeur général que |)our soutenir les dé|>enses (pii restent encori' à faire. Le directoire de ce département offre au surplus de restituer le prêt de ces i5o,ooo livres sur le produit de la contribution qu'il a établie.

Ne |)ouvant faire droit à celte demande sans y être spécialement autorisé par un décret de la Convention, je ne peux (jue vous engager, citoyens, à vous concerter avec le Comité de la guerre et celui des finances, poiu- jiroposer à la Convention de rendre un décret qui autorise à faire verser dans la caisse du payeur général du déparlement de Seine-et-Marne la somme de i5o,ooo livres, à titre d'avance, remboursable sur le pioduil de sa contribution, et qui sera destinée à l'aripiittement des déjjenses occasioimées par la levée des deux bataillons envoyés par ce département dans la Vendée.

J. BotCUOTTE.

(Orig. , Areb. de la guerre, corr. (générale.)

'■' Le premier balaillun des volontaires dans la liuilaiiie une haute paye de quinze

de Seine^ot-Marne destine à la Vcndéi- était sous par jour cl une f|ratiiiration de cent

parti le 17 luai 1793. L'ri arnMc du ron- riniiuanlr \'i\rcs. (i'A. .Xrcli. dc]). de Seine-

seil (rpiiçral du dopartoinenl , en ilali> «lu el-Manie, sf-ric L, 11°' tt-j et '19, rpj». du

Î16 juillet, dcinaïula un noiiviMti ronlin- direrloire du diîparleuu'nl, aux dates des

(;enl et fixa pour ceux qui s'enrôleraient 17 mai el a sepleudire \-]\)3.)

48 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a(i août lyyS.]

CASSEL, q(J AOÉT 1793.

LE nEPRKSENTANT DUQUESNOV AL COMITÉ DE SALLT PUBLIC '''.

Cassel, 26 août 1793, l'un 11 de \a Républiiine.

LE RBPRKSF.HTAM l)V PEVPLU EXVOYB PRES L'ÀRIIÉE DV JVOKO ÀVX REPRÉSEUTAflTS DU PEUPLE CO)IPOSAyT LE COMITE DE SALVT PUBLIC.

Citoyens mes collègues,

Des officiers municipaux de Dunkerque me sonl venus hier exposer les dangers que courait celle place; ils me demandèrent des secours, ainsi que la ville de Berpues. Je fus avec eux clici! les généraux el , après un conseil de guerre tenu, il fut arrêté que le général Jourdan paitirait sur-le-clianq) avec toute sa division et irait s'emparer en passant du poste de Watlen , où il laisserait nn bataillon avec deux |)ièces de canon et un délacliement de chasseurs: qu'il lilerait ensuite le long (lu canal de (!i-avelines, poui- rester niaîti'e des écluses; qu'il jetterait dans cette place un bataillon, deux dans Dunkerque et un dans Bergues, et qu'avec le reste de sa division U se tiendrait à peu de dislance de Dunkerque , oîi il serait à portée de faire entrer tous les secours dont celte place poui'iait avoir besoin.

Les officiers municipaux de celte ville ont dit n'avoir ])oinl du tout de confiance dans les talents militaires du général O'Meara , qui commande en cette place. Le général Houchard arriva ilans ce moment avec son adjudant et les rassura, en leiu- disant de leur envoyer un autre général et qui devait déjà y être rendu.

Nous eûmes nn second conseil de guerre dans lequel on arrêta des mesures contre mon opinion cpii, si elles ne sont nuuivaises, sonl au moins très hasai'dées; car si le général Houchard ne réussit pas son expédition , je i-egarde le département du Nord el celui du Pas-de-Calais comme à peu près envahis.

Voici quel est son [)rojcl : il doit alla(p)er demain le canq) de Menin a\ec 3o,ooo hommes partant de dessons Lille; s'il l'éussit, il poussera jusqu'à Ypres, Poperinghe et Furnes, et cou|)era par ce moyen la retraite aux Anglais el leurs alliés qui se trouvent devant Dunkerque, Bergues et ailleiu's. Si ce jwojet réussit , nous serons maîtres avant la lin de septembre des Pays-Bas, mais si au contraire le coup manque, je vous le répète, les deux départements du Nord coureront de gi'ands dangers. Ce fut son adjudant général Vernon, ci-devant aide de camp de Custine, qui proposa ce jilan et le lit adopter; il a infiniuienl de connaissance el d'activité dans ce qu'il fait, mais il a des yeux qui ne me plaisent pas.

Salut et fratei'nilé.

DuQDESNOY.

P. S. La Convention nationale vient de ia|)[)eler mon collègue Le Bas: vous

'•" Le recueil di" .M. .\ulard (VI, iigjn'ajaiil donne qu'une aiiaUse de cette Icllre, je la reproduis in exlento à cause de ses détails militaires.

[•j6 août 1793

voudrez bien aussi me faire donner un successeui-. Le Coinilé se souviendi'sr <jue , si je suis retourné en conuiiission , ce n'a élé que parce que j'étais sûi- que les principes de Le Bas concordaient avec les miens.

(Orig. aut. , Arch. de la guerre, armée du Nord.)

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