LE COMITÉ DE SAI.UT PUBLIC AU REPRÉSENTANT DENTZEL, À LANDAU
Paris, le 3 septembre 1798, l'an 11 de la Rcpulilùjuc française.
LES BEPRÉSEflTA\TS DU PEUPLE MEMBRES DU COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU CITOYEU DEXTZEL, HEPItlîSEKTAM DU PEUPLE À LAXDAU.
Citoyen collègue, nous partageons la confiance que vous inspirent la bravoure de la garnison de Landau et le civisme du chef qui la commande. Cette place opposera enfin une barrière au torrent du despotisme qui nous environne. Assurez ces braves républicains que la Patrie, sensible et reconnaissante, compte leurs peines et récompensera leur généreux dévouement.
Votre conduite ferme à l'égard du général Delmas '" est digne d'un républicain '-'. Vos dispositions, citoyen collègue, inspirent au Comité la plus grande confiance.
Les membres du Comité de salut public,
Carnot, C.-A. Prieur.
(Bibl. nat., Rapport/ait à la Convention nationale par Dentzel, député du Ba«-Bhin, p. 35.)
''' Antoine -Guillaume Delmas, ne à Arpentai (Corrèze) le 3 janvier 1766, fils d'un ancien capitaine, chevalier de Saint- Louis, cadel-gentilhomme au régiment de Touraine-Infanlerie le 3 janvier 1781, souslieutenant le 18 avril 178'!, lieutenant en second le 3o mai 1787, destitue le 18 janvier 1788, lieutenant dans la gendarmerie de la Corrèze le 19 juin 1791, chef du 1" bataillon des volontaires de la Corrèze le 1/1 septembre 1791, général de brigade à l'armée du Rhin le 3o juin 1798 et de division le 19 septembre suivant, général en chef provisoire de l'armée du Rhin en remplacement de Landremont le ai septembre 1793, mais ne peut remplir ces fondions, étant enferme dans Landau, non compris dans l'organisation du i3 juin 1795, remis en activité et employé à l'ar-
mée de Rhin et Moselle le 37 octobre 179.5, général en chef par intérim de l'armée d'Italie du 1" février au 6 mars 1799, admis au traitement de non-activité le 23 septembre 1801, inspecteur général d'infanterie le a 5 décembre 1801, réformé le 1 6 mars 1 80 a , retraité en 1 8 n , remis en activité le 10 avril 1 8 1 3 , membre de la Légion d'honneur le 3 juin i8i3, blessé à la bataille de Leipzig le 18 octobre 1 8 1 3 et mort le 3o du même mois i l'hôpital de Leipzig.
W Le représentant Dentzel avait fait arrêter le général Delmas le )4 août 1798 pour avoir communiqué , le 11, avec un trompette ennemi, et il l'avait remplacé par Emmanuel Serviez , le plus ancien chef de brigade de la garnison. (Cf. Rapport de Dentzel, p. 7.)
LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Analyse. — Envoi du rapport du chef de brigade Reubell ''' au général PuUy '"' sur l'afiaire de Ketlerich '''.
(Analyse, Arch. de la guerre, reg. du Comité de salut public, C, fol. &65. )
"' Henri-Tlioinas Rpubcll, né à Colmar (Haute-Alsace) le 7 mars 17'n, fils d'un avocat au conseil supérieur d'Alsace , lieutenant dans le bataillon de milice d'Alsace le 1" juin 1760, sous-lieutenant au régiment Royal-Suédois le 518 mai 1761, souslicutenaiit de grenadiers le ig juin 17G5, lieutenant le a8 juin 1766, capitaine en second ie & juillet 1777, chevalier de Saint- Louis le 23 mai 178'?, capitaine commandant le .'il décembre 178.Î, lieutenantcolonel du 96' régiment le q.5 juillet 1791, colonel le afi octobre 179a, général de brigade le 116 août 1798, suspendu le a 3 septembre 1798 et emprisonné, mis en liberté le 7 frimaire an 11 (27 novembre 1793), réintégré le 16 brumaire an m (0 novembre 1794), général de division le 16 frimaire an iv (7 décembre 1795), retraité le g nivAse an vin (.To décembre 179g), mort à Paris le a 4 juillet iSo4. Le général Reubell avait fait les campagnes de HanovTC de 1760 à 1763 el d'Espagne de 1781 à 178.3. Il était le frère aine du directeur.
'"' Charles-Joseph Randon de Malboissière de Pully, né à Paris le 18 avril 1751, volontaire au régiment des hussards de Bcrcliény le a a avril 1768, admis dans la première compagnie des mouscpietaires de la garde du Roi le i4 janvier 1769, capitaine-commandant en la compagnie du Mestrc-de-camp le 11 avril 1770, pourvu d'une compagnie le 5 mai 177a, capitaine en second à la formation du 8 juin 1776, capitaine-commandant le 8 juin 1780,
chef d'escadron le 1" mai 1788, lieutenant-colonel du régiment Royal-Cravattes le 17 mai 178g, chevalier de Saint-Louis le ag mai «789, colonel le .") février 179a, maréchal de camp à l'armée de la Moselle le 19 septembre 179a, général de division le 8 mars 1798, suspendu le 1" août 1798, autorisé à prendre sa retraite ie 1 4 avril 1793, employé à l'armée du Nord du i3 juin au m6 septembre 1796, commandant la 1 5' division militaire le 9 janvier 1800, membre de la Légion d'honneur le n décembre i8o3, ronmiandant le 1 4 juin 1 8o4 , inspecteur général de cavalerie pour les années de Naples et d'Italie le 6 octobre 1807, comte de l'Empire le i5 aoiit 1809, gouverneur du |)alais de Meudon le 5 janvier 1 8 1 a , colonel du 1" régiment des gardes d'honneur le 8 avril i8i3, grand officier <lo la Légion d'honneur le 33 août 181 4, retraité le 4 septembre t8i5, rappelé à l'activité le 7 février i83i, mort à Paris le ao avril 1883. <') Cf. le rapport du chef de brigade Reubell, daté du campd'Hornbach, a a août 1798, aux Archives de la guerre, armée de la Moselle. — Reubell était accusé d'avoir abandoimé la position (pii lui était rimliée. Suspendu de ses fonctions le aa septembre 1798 et emprisonné, il se justifia par une lettre adressée le la brumaire an II (2 novembre 1798) au ministre de la guerre. (Orig. , .Arch. adm. de la guerre, dossier Reubell.) En conséquence, il fut mis en liberté le 7 frimaire an 11 (37 novembre 1798).
IvrmMLItU RlIluTii
82 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. |3 sept. lygS.]
LILLK, 3 8KPTEMBBE ijfji- LE GÉNÉRAL HOUCUAHD AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE.
Lille, le 3 soptembre 1798 , l'au 1" de la République française.
lE GÉNÉRAL EN CHEF IlOUCHARD AU CITOYEN MINISTRE DE LÀ GVERRE.
Depuis ma dernière dépêche , citoyen ministre , il ne s'est rien passé de nouveau. Les progrès des ennemis devant Dunkerque ne sont ])as considérables encore ; leurs ti'avaux consistent en une seule pandièle, éloignée de quatre cents toises de la place, dont la droite est appuyée par une batterie. Ils n'ont pas encore tiré un seul coup de canon sur Dunkerque, de sorte que cette place ne craint qu'une attaque de vive force. J'en ai fait renforcer la garnison par deux mille honnnes au moins; les représentants du peuple et le générid Jourdau ont fait sortir de la place tous les gens suspects et qui cherchaient à attiédir le coui-age de la garnison et des citoyens. Par ces dis})Ositions Dunkerque ne court aucun risque , jusqu'au moment où j'aui'ai assemblé des forces pour tomber sur les Anglais.
De l'intérêt que Diuikerque doit nous inspirer par toutes les raisons qui m'ont été dites par vos lettres et celles du Comité de salut public, je me suis déterminé à agir directement pour délivrer cette place, au lieu de porter mes attaques du côté du Menin , à la rive droite de la Lys , pour de là prendre h revers l'armée qui attaque Bergues et Dunkerque ; j'ai fait le rassemblement des troupes sur Cassel , et nous nous porterons dii'ectement sm* les ennemis. Je ne me dissimide pas la difficulté de cette entreprise dans un pays tout couvert de haies , coupé par des canaux dans tous les sens , et dont tous les postes occupés par l'ennemi sont fortifiés pw la nature et par l'art; mais je compte sur l'audace des troupes de la République, et je ferai tous mes efforts pour leur assurer la victoire. Cependant, citoyen ministre, je suis cruellement entravé dans tous les détails de l'exécution; l'an-estation du commissah'e général''', au moment oti il était occupé à poiu-voir à tous les besoins de l'année pom' rendre ses mouvements possibles, produit un mal horrible'*'. Vous savez que mes besoins en tout genre sont énormes; sans les rej)résentants du peuple les subsistances auraient manqué, et je ne puis pas assurer dans ce moment que nous n'en manquerons pas. Nous sommes forcés de tirer nos vivres des places; ce grand nuilheur vient de l'égoïsme qui gouverne et les villes et les districts et les dépail^meuts , de sorte que les administrations ne concoiu-ant pas à l'envi à la subsistance et au besoin de l'armée, il est impossil)le de faire des opérations promptes et rapides. La pai'tie des fourrages est une chose afS-euse et dés-
'"' Petiijoan avait été dénoncé par jour, au Comité de salut public une opi-
Ronsin (cf. p. 16) et décrété d'arrcsialion nion analogue à celle Je Hoiichard sur les
le 39 août 1793. inconvénients dn remplacement de l'etit-
'-' Les représentants Levassour, Bon- jean. (Cf. Foucart et Finol, II, 91 , et Au-
labolc et Chasies exprimèrent, le même lard, VI, 357.)
espérante; depuis quinze jours, les chevaux de la cavalerie, de rarlillerie, etc. n'ont point d'avoine, et beaucoup nieiu-ent a défaut de nourriture suffisante. Ce malheur vient encore de ce que resj)rit public, étiint pour ainsi dire nul dans ces contrées, on n'a pas pu piu-venir à faire recueillir et battre les avoines pour l'armée. J'avoue qu'avec le nouveau commissaire général qui m'est donné et qui n'a aucune coiniaissance préliminaii-e , ni aucune base pour établir ses moyens d'une manière prompte et rapide , je ne sais pas comment je ferai , car il faut que la cavalerie soit pourvue d'avoine pendant quatre joui-s, vu que, dans les opérations de cette nature, la cavalerie n'a pas le temps de faire manger du foin. 11 aurait été bien convenable de gai-der Petitjean sous sauvegai-de pendant se|)t à huit jours, et lui laisser achever les opérations qu'il av;iit commencées; mais les représentants du peuple n'ont pas jugé à propos de prendre celte grande mesure siu- eux et il est remplacé pai" un homme qui parait j>eu actif et sans aucune connaissance locale.
Je vous répète jusqu'à l'ennui que mon parc d'artillerie est misérable ; il me manque six cents chevaux poiu- conduire le peu de pièces que j'ai , et c'est encore une question poiu- moi de savoii- conniient je marcherai dans un pays si difficile avec si peu de chevaiu.
Presque tous les bataillons de l'armée de la Moselle ont laissé leurs canons derrière eux, ce qui est un gi-and malheur. Les bataillons ont la plus gi-ande répugnance à maiTher sans canons; les dix que vous m'envoyez ai-rivent ti'op lentement ; il aurait fallu les faii'e partir en poste.
La nouvelle que vous m'avez donnée, que j'aurai dix mille hommes de moins d'infanterie et ([ue la marche des carabiniers était ari-êlée, me fait faire la plus terrible grimace du monde. Si les carabiniers étaient arrivés le i", comme je le comptais, cela aurait fait un gi'and effet, surtout si j'ai le bonheur de mettre les ennemis en déroule. Je liicherai de me passer de cet excellent renfort , mais la chose n'en ira pas aussi bien.
Il est certain que Beaulieu ''' avec i o,ooo hommes , dont beaucoup de cavalerie , a remonté la Sand)i-e et s'est reprlé du côté de Beaumout. Gela dérange furieusement le projet de diversion ([ue j'avais mandé au général Gudin d'exécuter. Il est bien fâcheux que la cavalerie que vous nous a\oz annoncée ne soit pas arrivée dans ce moment; cela dérange tout à fait les projets d'attaque et empêchera de convertir la défensive en offensive.
Je crois que je serai en mesui-e d'agir vers le 7 ; ce sera plus tôt , si je le peux.
J'ai reçu les dix millions que vous m'avez fait passer; je les ai remis au nouveau conniiissaire général ; je désire bien que cette ressource , ({ui nous était indispensable , nous procure de l'avoine.
Je vous prie, citoyen ministre, de faire part de cette déj>à;he au Comité de salut public.
HoUCHARD.
(Orig. , Arcii. de la guerre , armée du Nord. )
'" Joan-Piçrrc, baron de Beaulieu, (jcnôrai autrirliien, né i Namur en 1730, mort à Uiiz le a a décembre 181 g.
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [!> sept. 1793.]
LILLE, 3 SEPTEMBRE l"]^^- LE GENERAL FAVART AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
Analyse. — Il donne des dclails sur l'affaire qui a eu lieu le 18 août à Lonime, |)rès de Lille <"'. Il expose rinsulfisance de la garnison el de l'arinenienl de cette dernière ville et insiste sur la nécessité d'y établir une société de Jacobins.
(Analyse, Aich. de la guerre, reg. du Comité de salut public, C , p. 45 1.)
LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE
AnaJyae. — Trois lettres : i° Envoi d'une lettre du général Chapuis- Tourville ''' demandant sa mise à la retraite. « C'est à vous d'examiner la justice de cette demande que nous vous adressons, r (Orig. sig. par Carnot et C.-A. Prieur, Arch. adm. de la guerre, dossier Chapuis- Tourville.) — a° Envoi de pièces relatives au citoyen Thouvenin, lieutenant de la gendarmerie à Toul. (Minute, Arch. nat. , AF n 36, dossier 998.) — 3° Envoi d'une lettre du chef du 5' bataillon de la Marne relative à une perte considérable de fusils et de gibernes brAlés dans un incendie qui a dévoré les cabanes faites par les volontaires pour reposer plus tranquillement. (Minute, Arch. nat., AFii 36, dossier 298.)
''' Lommc, canton d'Haubourdin. — Le matin du même jour, 18 août, le duc d'York avait l'ait attaquer par la division hollandaise le village de Linselles et l'avait enlevé aux Français. A midi ceux-ci reprirent leur position, mais, attaqués par les Anglais, ils durent abandonner Linselles après un sanglant combat. (Cf. Victoires et conquêtes des Français, I, a 18.)
'^' Carnot est présent à la séance du Comité. (Cf. Aulard, VI, 270.) Il rédige de sa main un arrêté sur l'augmentation de
la cavalerie. — Carnet rédige aussi le même jour le décret de la Convention enjoignant au représentant Joseph Le Bon de rester au sein de l'Assemblée el à son collègue André Dumont de terminer dans le déparlement de la Somme les opérations commencées. (Orig. aut., Arch. nat., C 3G8.)
'■^' Cf. I. II, p. a?ii. — Le général Chapnis-Tourville avait été suspendu le 3i juillet 1793. Il ne fut réintégré dans ses fonctions que le a4 mai 1790.
[isEPi. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 85
LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AUX REPRESENTANTS BENTABOLE ET LEVASSEUR, ENVOYt's PRÈS L'ARMÉE DU NORD.
Analyse. — Il mande que les mesures ont été prises pour pourvoir autant que possible à l'armée du Nord '".
(Minute, Arch. nat., AF ii 938.)
PARIS, 4 SEPTEMBRE 17<)''>- LE MINISTRE DE LA GUERRE BOICHOTTK À CARNOT.
Les occupations multipliées du Comilë de salut public ne lui ayant permis, citoyen , de donner sa sanction définitive à l'instruction que je lui ai déjà présentée pour faciliter l'exécution de la loi du aS août dernier'*', je vous prie de vouloir bien lui en présenter 'de nouveau le projet et de le faire approuver par le président du Comité et les membres qui s'y trouvent rassendilés, afin que je puisse aller en avant sur cette opération inqrortante. Le Conseil exécutif l'a adopté.
Le ministrr de la guerre,
J. BOLCHOTTB.
Au citoyen Carnot, représentant du peujde, membre du Comité de salut public.
(Orig. . Arrh. de la ('tieri'e, correspondance (générale.)
PARIS, fl SEPTEMBRE l']^-^- LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCIIOTTK AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
Analyse. — Deux lettres : i° Il a examiné le mémoire du citoyen De{{aulle relatif à une nouvelle levée, mais il ne peut adopter des dispositions contraires h la loi du 93 août et qui nécessiteraient un décret changeant le mode de réquisition.
'■> La lettre di' lientaliolc el de Lcvassi>ur, <*' Le ministre de la guerre Bourhode
datée de Lille, i" septembre 1793, porte avait déjà écrit, le 1" septembre, sur ce
relie annolalion autographe de (ianiol : sujet au Comité de salut public. (Orig. ,
rllépondre qu'on a pourvu autant qu'il a Aroli. de la guerre, correspondante gé-
cté possible de le faire.» nérale. )
86 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [5 sept. 1798.]
Orig., Ai-ch. de la guerre, corr. gén.) — s° Il donne i'ëtat des armes mises à la disposition du général en chef de l'armée d'Italie et assure que ces armes ont dû surpasser les besoins de l'armée. (Analyse, Arcli. de la guerre, reg. du Comité de salut public, G, p. 563.)