‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 60 sur 191 · A LEURS COLLEGUES MEUBBSS DU COMITE DE SALUT PUBLIC · texte numérisé non relu

A LEURS COLLEGUES MEUBBSS DU COMITE DE SALUT PUBLIC

Citoyens coliques ,

Des plaintes portées contre quelques individus de l'armée relativement au pillage nous ont engagés : 1° à envoyer dans le sein de l'armée même la commission militaire qui siégeait àDunkerque; a° à faire une proclamation aux troupes '*'; 3° à destituer un officier qui , à la tête de son bataillon , avait élevé la voix contre le général Garrion , faisant à ce sujet des remonti-ances.

Copie de nos trois arrêtés est ci-jointe. Nous y joignons également copie d'une lettre que nous avons écrite au général Gigauxj'''. Ce que nous y di-

<" Cette lettre n'a été qu'analysée dans le recueil de M. Aiilard et sous la date erronée du i3 septembre 1798 (VI, 465).

'" Voici le texte de rette proclamation (copie rerlifiée par TruUard et Berlier, Arch. nat., AF n 988) :

«AoM», reprétentanl» du peuple, envoyéf prêt l'armée du Nord à l'm-iitée contmamlée par le général Carrinn.

(t Citoyens soldats,

(t C'est aveo la plus (jrande douleur que nous a\on8 appris les brigandages ronimis par quelques individus renfermés dans votre sein. Nous sommes bien loin, braves défenseurs de la patrie, de vous confondre avec ces malheureux qui vous déshonorent en déshonorant le nom français , mais r'e«l à vous à nous les faire connaître; vous le devez au salut de la patrie. Vous savez, autant que nous, que le Français est invincible, quand il demeun' soumis à la discipline; soyez-le donc: c'est au niini de la patrie que nous vous le demandons. Un pillard, un soldat qui n'obéit pas est toujours un lâche, et nous savons que vous seriez désespérés (l'en conserver parmi vous.

(tAu camp d'Adinkerque, le iK septembre 1793, l'an u de la Répuhliijue française, une et indivisible.

(tTrulhiid. t. Bkrlikr.ti

''' André Gigaux, né à Saint-Liguaire (Deux-Sèvres) le 3i janvier 1753, fds d'un fermier, soldat au régiment de Vintimille le i5 mars 1768, caporal le 90 février 1770, sergent le 97 août 1770, sergent-major le 11 novembre 177'!, adjudant le 11 juin 1776, porte-drapeau le I Q février 1 780 , sous-lieutenant de grenadiers le II juin 1784 et lieutenant le 3 octobre 1785, adjudant-majorle i"mar8 1791 , capitaine de grenadiers au 49' régiment le i5 septembre 1791 , lieutenantcolonel au 5' d'infanterie le 8 mars 1798, général de brigade provisoire , commandant à Bcrgues et à Hondschoole, confirmé le 3o septembre 1798, suspendu de ses fonctions le 17 ventôse an 11 (7 mars 1794), autorisé à prendre sa retraite le i" thermidor an m (19 juillet 1796), admis à la solde de retraite le •18 floréal an vni (i3 mai 1800), maire de Hondschootc, chevalier de .Saint- Louis, mort à Hondschoole (Nord) le a 8 février 1817. — Cf. Mémoire d'Amlré Gigaux, ci-devant général de brigade, daté de Ver, 19 fructidor •in II (99 août 1794), 48 pages in-fol. (Arch. adm. de la guerre, dossier Gigaux.) Gigaux avait été, pendant qu'il était en garnison à Toul, reçu en 1786 membre de la loge des Neuf-Sœurs à l'Orient de Toul (cf le brevet dans ma collection révolutionnaire). Il avait épousé, en octobre 1798

172 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [19 sept. 1798.]

sons '"', relativement aux 'pi-ovisions de l'année, était déjà exécuté en partie et l'on a aujourd'hui pressé d'autant plus cette mesure que, d'après les ordres de Bouchard, les troupes de la Réjiublique devaient évacuer P\irnes et se replier pour procurer des forces aux auti-es jiarties de l'armée.

En attendant, nous avons leliré du pays ennemi les farines, avoines, etc., tout ce que la brièveté de l'intervalle et les mauvais chemins ont permis de ti-ansporter. Cela ne laisse |)as que d't^lre considérable et nous vous en ferons incessamment parvenir l'état ''\

Salut et fraternité, Trullard, T. Beri.ikr.

Le 19 septembre 1793, l'an 11 de la République, une el indivisible.

(Orig., AiTh. nat., AF ii a.^8.)

à Hondscliool(> , unp veuve, M"" (loppens, dont le fils se maria on i K 1 6 avec une sorur (In (frand poète Lainarliiie. (Ci', dans ma collection révoliilionnaire le rouirai de mariage passé à llondsdioole en la demeure du général Gigaux le la août 1816.)

'" Voici le lexle de celle letlre en dale du 19 septembre 1798 (copie cerliliée par Trullard et Bcrlier, Arcli. nal. , AF n a38) :

(tNous venons, citoyen général, de recevoir vos dépèches, el voici brièvement noire façon de jicnser sur le genre de guerre que nous faisons aciuellement.

ir Nous ne pensons pas que nous devions aujourd'lmi faire la guerre eu dupes, comme l'an dernier. Il nous faut vivre aux dépens du pays ennemi. Nous croyons que les grosses provisions de l'armée, les grains, fourrages, etc., peuvent élre enlevés au profit de la rtépul)iique, ce qui peut élre malheureux pour les particuliers, mais ce que nous |)ouvons faire eu conquérants et sauf à ces particuliers à se faire indemniser par leurs gouvernements, comme le nôtre le fait en même occasion, (^etle grande mesure serait même, à notre sims, d'autant meilleure qu'elle sérail légalisée par des ordres supérieurs.

ffMais le pillage, selon nous aussi, est là où chacun se dispersaiU çà et là travaillerait à son profit et s'approprierait des effets mobiliers et autres choses qui ne peuvent constituer des objets propres aux besoins de l'anuée. pillage qui sérail une

vraie débandade el enirainerait d'autant plus d'inconvénients qu'il n'y aurait plus d'armée et «pie, diarun Iravaillaul pour soi d'une manière inuuorale, la République serait totalement oubliée et mal servie, (lelle distinction nous semble surtout convenir dans un moment où il ne s'agit que d'un coup de main et où l'on ne peut commodément asseoir une contribution régulière.

ff Voilà, citoyen général, notre avis; mais c'est à vous à juger si la première mesure, qui est la seule lolérable, peut s'accorder avec les mouvements de voire armée, le temps qui vous reste et les ordres que vous avez reçus.

ffTnuLLAnD, T. Bebliei.»

"' Le Comité de salut public répondit en ces termes aux représentants (minute, Arch. nat., AFii a38) :

trLe Comité de salut public, citoyens collègues, a reçu votre lettre du 19 septembre, ensemble les pièces que vous y avez jointes, el ne peut qu'applaudir aux vues solides que vous avez présentées au général Gigaux, ainsi qu'aux mesures vigoureuses que vous avez prises pour arrêter le pillage; car on doit réprimer soigneusement dans les armées tous les désordres et y établir une sévère discipline, et l'on ne peut parvenir à ce but qu'en mettant les lois en vigueur cl en les faisant exécuter avec énergie.?)

[i9sr,PT. i7'j3.J CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 173

PARIS, 19 SEPTEMBRE IJtJO.

I.E MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE AU COMITE DE SALUT PUBLIC

LE MINISTRE DE LA GUERRE ÀVX HEPRÉsSNTÀyTS DV PEI'PLK , MEMBRES DV COMITE DE SALUT PUBLIC.

Les réclamations multipliées, qui me sont adi-essées, citoyens, sur les dispositions du titre 7 de l'instmction relative h l'exécution de la loi du 9 3 {ioùl dernier, me mettent dans le ras de iixei' votre attention sur la nécessité de donner plus de (iéveloppement au titre dont il s'agit.

Plusieui"s considérations infiniment import^mtes au bien du service me paraissent l'exiger impérieusement.

1° Jja promulgation des lois et de toutes les instructions que délenninenl les circonstances présentes va se trouver sans action, si la loi du s septembre, (jui met en réquisition tous les imprirueui's ''', n'est pas stricleinenl observée, et si les ouvriers qui composent cette classe ne sont pas assujettis à rester à leur poste. Je puis citer à cet égard les ouvriers de l'imprimeur du dépaiiement <le la guerre, dont le service exige la {)lus grande célérité. Ne jugeriez-vous pas convenable de faire autoriser les membres du Conseil exécutif à mettre en réquisition cette classe d'artistes, sans le secours de laquelle les o|)érations du Conseil exécutif seraient absolument en stagnation?

a' Par une conséquence de ce princijM!, je penserais (pi'il pourrait t'ire également utile d'accorder aux membi-es du Conseil exécutif le droit de retenir près d'eux ceiLX des employés de leur administration qui, ([uoiqiie dans l'âge de la première réquisition, sont cbargés de déUiils ditliciles à conlier à des agents inexperts; car, si le Conseil a le droit de retirer des armées les agents qui peuvent ^tre utiles au service public, il est incontestable ipi'il doit avoir par le même motif le droit de retenir à leur poste les employés dont il s'agit. Le nondire ne peut, à la vérité, en être considérable , mais il est des agents très ditliciles à remplacer <lans cei-taines parties de l'administration.

J'ai cru devoir vous soumettre ces réflexions en vous engageant à les prendre en grande considération.

J. BoDCHOTTE.

(Orig. , Arcli. de la guerre, corr. gciiér.nle. )

'" Le 3 si'plembre, sur la proposilion (l<; Hasirc, la Convciilion avait mis à la disposition de l'Imprimerie nationale tous les ouvriers imprimeurs de Paris.

nu CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [19 sept. lyç^S.]

SAHREBRUCK, 1 () SEPTEMBRK 1793.

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