LE GÉNÉRAL RESNIER '", COMMANDANT TEMPORAIRE DE LA PLACE
AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Analyse. — Il mande que le 1 7 septembre les Espagnols , campés à la hanteur de Peyreslortes , ont attaqué le poste du Vernet et s'en sont emparés, mais que le général d'Aoust''* reprit ce jiosle le même jour à neuf heures du matin et, à cinq heures du soir, attaqua les Espagnols dans leur camp, dont il s'empara après un combat <le cinq heures '''.
(Orig. , Arch. nat. , armée des Pyrénées orientales.)
(" Cf. t. I, p. aSfi.
'•' Euslache - Charles - Joseph , marquis d'Aoust, né à Douai (Nord) le 17 février 1763, second sous-liculenant surnuméraire sans appointements au ré({imenl d'infanlerie du Roi le ai avril 177H, sous-lieutenant le 1/1 avril 178a, lieutenant en second le a3 avril 17K6 et en premier le 1 6 août 1 78g , capitaine aide de camp de Rochambeau le 1" avril 1791 , de Lurkner le «i avril 1799, et de Biron le i3 juillet suivant, colonel le 7 oclolire '79-'' général de hrifjade provisoire en juin 1793, chef d'étal-major de l'armée des Pyrénées orientales, (jénéral de divi-
sion provisoire le 7 août 1 793, en remplacement de Pu(jet-Barl(antane, ([énéral en chef provisoire de l'armée des Pyrénées orientales le iti sepleud)re 1793, eu attendant l'arrivée de Dajjoherl, appelé à Paris le •! nivôse an n (•»•! décembre 1793), condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire et décapité à Paris le l'i messidor an 11 (■>. juillet 179'!).
"* Cf. sur la sanglante bataille de Peyrestorles, la lettre des représentants du peuple Cassanyès et Fahre, écrite <lc' Perpignan à la Convention nationale le 1 8 septembre 1793 et reçue le ^î'i. (Aulard, VI, .%3.)
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [18 sept. 1798.]
MCE, 18 SEPTEMBRE 1793.
LES RRPnÉSEINTANTS BARRAS, FRÉRON, RICORD ET ROBESPIERRE JEUM-
AU COMITE DE SALUT PCBLIC
Nice, ce 18 septembre 1798, l'a» second de la République.
LES HEPBKHEXTAMS DU PEUPLE PRES L'àRMÉB D'ITALIE MIT COMITÉS DE SALIT PUBLIC ET DE LA GUEHHE /IKf.VK.
Nous apprenons, citoyens coilègTies, que ia Convention n'a point encore pi-ononcé sur le sort d'Anselme ''\ lorsque , séparant de sa cause celle du conniiissaire Ff'rus''', elle a déchargé celui-ci d'accusation.
Il est incroyable que pei'sonne n'ait entrepris d'éclairer la Convention nationale sur cette alFaire , qui nous paraît malheureuse sous bien des rapports. 11 est vraisemblable que ceux qui connaissent Anselme , qui ont été les témoins de son civisme , de sa bravoure et de sa probité , ont pensé qu'il n'y avait rien à ajouter à son mémoire justificatif et que cette pièce examinée avec impartialité suffisait pour
<" Celte lettre ne Cgure pas dans le recueil de 51. Aulard.
W Jacques-Bornard-Modeste d'Anselme , né à Api (Vaurluse) le aa juillet 1740, lils d'un capilaino au régiment de Souvrc, liculenanl dans le régiment de Soissonnais le ^7 septembre 174.5, réformé le 6 août 17/19, enseigne le 37 mars 17.53, lieutenant le 1" février 1756, capitaine aidemajor le 98 octobre 1760, chevalier de Saint-Louis le 18 avril 1770, major du régiment de l'érigord le 90 février 1774 el du régiment du Maine le 96 avrd 1776, lieutenanl-folouol du régiment de Soi.ssonnais le 17 juillet 1777, mestre de camp du second régiment provincial d'état-major le 1" janvier 1784, premier aide de camp du maréchal de Rochambeau le 1" avril 1791, maréchal de camp le 90 mai 1791, employé à l'armée des Pyrénées le i5 février 1799, commandant provisoire de la 10' division militaire le 3 avril 1799, lieutenant général à l'armée du Midi le 9 9 mai 1799, commandant en chef l'armée établie à Nice le 3i octobre 179a, mandé à Paris le 16 décembre 1799 et suspendu le 97 du même mois, a cessé ses fonctions le
8 janvier 1798, décrété d'accusation le i4 février 1798, autorisé à prendre sa retraite le a3 germinal an m ( 1 9 avril 1 795), admis au traitement de réforme le 1 3 novembre 1797, inspecteur des troupes stationnées dans le Midi le 6 décembre 1 79H , retraité le 97 janvier 1801, membre de la Légion d'honneur le 99 mars i8o5, mort à Paris le 17 septembre 18 1 4. Le général d'Anselme avait fait les campagnes de Minorque eu 1786, d'.Allemagne de 176a à 176a , de Corse en 1768 et 1769 et d'Amérique de 1780 à 1783.
'■■'' C'est le i4 février 1798 que la Convention, après avoir entendu le rapport des commissaires envoyés à Nice, décida, sur la proposition de Collot-d'HerboLs, la mise en arrestation du général d'Anselme et du commissaire des guerres Férus. Ce dernier avait , du ao au 94 octobre 1799, dirigé les réquisitions lors de la première expédition dans la Vésuhie. ((jf. Krebs el Moris, Campagne» dans tes Alpes pendant la Révolution; Paris, Pion, 1891-189.5,
9 vol. in-8", t. I, p. i38, note 9.) Le 19 août 1793 Férus fut mis en liberté. (Cf. Monileur. XVII, 43.5.)
[i8 SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITE. 169
déterminer la justice de la Convention. Mais nous , qui sommes sur les lieux , qui avons parcouru divers départements, nous croyons de notre devoir de vous insti'uire de l'opinion publique à son éjfard.
Partout on nous a parlé d'Anselme comme d'un sans-culotte , ardent républicain , sans fortune , mais d'une probité à toute épreuve , n'étant parvenu à son grade que pai' sii ])ravoui'e et ses talents militaires acquis pai- quarante-cin(j ans de services et plusieurs campagnes. 11 est pourtant accusé de brigandajfe et présenté à toute la France coiiune un homme sans talents , sans moyens militaires. Cependant Anselme ne paide que le langage de la vérité, lorsqu'il dit, dans son mémoire '"', que le pillage existait à Nice depuis vingt-quatre hetu-es lorsqu'il y est entré avec sa |)etite armée ''; qu'il s'est empressé de faire une proclamation ])0Hr arrêter ce pillage sous les peines les plus sévères; que plusieurs soldats, entraînés par l'exemple des Niçards, ont été punis d'après ses ordres. Tous ces Aiits sont exactement vrais et d'une notoriété constatée.
Nous ajouterons que Nice, à l'époque où notre armée y est entrée, renfermait dans son sein une immensité de scélérats de tous les pays , qui devaient naturellement se porter à de grands excès ; que les habitants de celte ville et de ce département sont ennemis des Fi-ançais, et qu'à l'exception d'un très petit nombre ils dépouilleraient, s'ils l'osaient, nos soldats, qu'ils font assassiner journellement par leurs bai-bets, qui sont les paysans du pys. H n'était donc guère possible qu'à l'arrivée de nos troupes il ne s'établît un désorrire qui devait favoriser les malveillants, les fripons et compromettre la discipline de l'armée; tout cela est si naturel que nous défions l'homme le plus prévoyant d'avoir pu l'empêcher.
Mais , ce qui est encore très ceilain , c'est que les effets les plus précieux appartenant aux émigrés avaient été volés par les Niçai-ds eux-mêmes, comme une propriété qui leur appartenait; il y a plus, c'est que les habitants de Nice qui avaient donné des preuves de civisme furent également pillés par les Niçards; il est facile d'avoir la preuve de ce fait.
(ie sont pouiiant les Niçards avides de richesses qui ont l'impudeur de faire solliciter une indemnité; eux qui méprisent et discréditent publiquement nos assignats qui perdent ici -lô p. i oo ; eux dont la numicipalité s'était avisée de taxer le foin à trente livres le quintal et que nous avons réduit à la moitié; eux qui ont encore des couvents de moines et de religieuses, que nous ferons disparaître aujourd'hui; eux, enfin, dont les pavsans et les artisans assassinent journellement ims braves , nos intrépides soldats , que les aristocrates travaillent en tous sens.
Quant aux talents militaires d'Anselme, il sulTit de comparer sa conduite, son plan de campagne avec ce ((u'a fait le traître Brunet, pour juger lequel des deux méritait mieux la confiance nationale. Le premier avait repoussé les Piémontais avec une très petite |)erte; le second a été repoussé avec une perte énorme, car
'"' Le mémoire justificatif du général la veille que des marins et des portefaix,
d'Anselme parut au mois de mars 1798. unis à la lie de la population, avaient mis
((X Moniteur, W,"]-»^.) au pillajje les magasins de la douane et
!** Le général d'Anselme entra en effet plusieurs maisons de la ville. (('.(. Krebs
dans Nire le 39 septembre 179"!. et c'est et Moris, I, i.3i.)
170 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [19 sept. 1798.]
plus de cinq iniUe honinies oui péri par l'ineptie et la trahison de ce chef'. C'est pourtant là l'ennemi d'Anselme , celui qui a ourdi sa jierte.
Pourquoi les dénonciateurs d'Anselme , loi-squ'ils ont été prodigues de calomnies, n'ont-ils pas instruit vos commissaires qu'Anselme disait pidjliquemcnl , lorsqu'on calonuiiait les braves Parisiens, les jacobins et les patriotes de la Convention et qu'on voidait sauver Capet : «Qu'on m'appelle et je marche avec dix compagnies de grenadiers au secours des jacobins , de tous les patriotes , et j'exterminerai la royauté et tout ce qui tient à la royauté?»
Voilà, citoyens collègues , des observations que nous croyons devoir vous comnumiquer pour lever absolument tous vos doutes sur le compte d'Anselme et lui faire enfin rendie la justice qu'il mérite et qu'il attend depuis trop longtemps. S'il faut que les coupables soient punis, il faut aussi que les innocents triomphent '^'. •
Paul Babras, Fréron, Ricord, Robespierre jeune. ( Orig. , Arcb. adm. de la guerre , dossier Anselme.)
55. PABIS, 1(J SEPTEMBRK l'ygS'^'. LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU MINISTBE DE LA GUEBBE BOUCHOTTE.
Analyse. — Envoi de pièces, à lui adressées par ies représentants du peuple près l'armée du Nord et relatives à la destitution du général Landrin et aux nominations provisoires qui en ont résulté '*'.
(Minute, Arcb. nal., AF il 238.)
LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Analyse. — Envoi de la copie du raj)port du général Ihler sur l'attaque qui a eu lieu le 1 9 septembre en avant de Landrecies.
(Analyse, Arch. de ta guerre, reg. du Comité de salut public. C, fol. 609.)
'') Le général Bruncl avait été arrêté clieiics, Arch. adm. de la guerre, dossier
après une troisième tentative malheureuse Anselme.)
faite contre i'Aulhiou le 99 juillet 1793. O Carnot est présent à la séance du
(Cf. Krehs et Moris, I, 396 etsuiv.) Comité. (Cf. Aulard, VI, 565.)
'*' Le Comité de salut public transmit '*) Cf. à la date du i.3 septembre
au ministre de la guerre, le la octobre (p. 187) la lettre des représentants Trul-
1793, rette lettre des représentants. (Orig. lard et Berlier au Comité sur les motifs
signé par Collot-d'Herbois et Hcrault-Sé- de la destitution du général L.andrin.
[ig SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ.
DliNKERQUK, 1 () SEPTKMBRK I7Î)3.