‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 66 sur 191 · LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AUX REPRÉSENTANTS TRULLARD ET BEHLIER · texte numérisé non relu

LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AUX REPRÉSENTANTS TRULLARD ET BEHLIER

Paris, le ai septembre 1798, l'an 11 de la République une et indivisible. AUX REPRÉSEKTAlfTS DV PEUPLE À DUNKERQVB , TBULLABD ET BERLIER.

Nous venons d'être informés , chers collègues , qu'il se trame à Dunkerque un nouveau plan de conjuration tendant à livrer cette ville aux

*'' Le nom de Carnol ne figure pas parmi les membres présents à la séance du Comité (cf. Auiard, VI, 687), mais on trouve sa signature au bas d'arrêtés datés de ce même jour. De plus il fil décréter par la Convention que toutes les matières premières qui concourent à la confection des poudres, telles que la soude, le salin, le cbarbon, etc., sont en réquisition. (Cf. Moniteur, XVII, 718.)

'^' La lettre de Bourbotte était datée de

la Rocbelle, le 11 septembre 1798. — Le 3 0 septembre, le Comité écrivait a\ix représentants Beilegarde et Fayau une lettre analogue , et le a 1 , à Fayau, ce billet laconique : !rLa conduite du général Tuncq sera examinée avec soin. Croyez que s'il est coupable , il sera puni. Nous vous prévenons que déjà il est en arrestation.»

''' Le ao septembre 1798, le Comité avait transmis au ministre de la guerre les observations de Bourbotte.

[ai SEPT. 1793.] CORRESPONDAiNGE MILITAIRE DU COMITÉ. 179

Anglais. H serait affreux qu'après les avoir ignominieusement chassés par la force, nous fussions victimes de la perfidie de ces implacables ennemis de la France "'. Nous avons cru devoir vous prévenir de ce fait important, afin que vous soyez sur vos gardes et que votre sévérité redouble à l'égard des personnes suspectes. Nous vous invitons à vous entourer de patriotes irréprochables et capables de vous procurer les connaissances locales que vous n'avez pu acquérir encore dans un pays que vous habitez depuis si peu de temps.

Les plaintes graves qui nous sont parvenues contre l'état-major général de l'armée du Nord nous ont déterminés à prononcer la destitution de la plupart des officiers qui la composaient. Nous vous envoyons la nouvelle liste que nous avons arrêtée de concert avec le ministre de la guerre '^'.

La multitude des traîtres, auxquels le sort de nos armées a été confié jusqu'à ce moment, doit nous rendre attentifs à connaître mieux le caractère des hommes que nous pouvons employer'''. Nous vous engageons donc, chers collègues, à vous faire une étude particulière de cet objet majeur, et de recueillir tous les renseignements que vous pourrez acquérir sur les talents et le civisme des hommes qui peuvent être portés aux emplois supérieurs dans les armées. Attachez-vous surtout à découvrir le mérite modeste parmi les commandants de bataillon, ou même parmi les officiers d'un grade inférieur'*'; nous nous en reposons avec confiance sur votre zèle et votre dévouement.

( .Minute sut. de Carnot , Arch. de la guerre , armée du Nord. — Reg. de corr. , Arch. do la famille Carnot.)

'" Le 17 seplenibrcle ({ônôrai .Souliain avail annoncé aux Dunkerquoi» la levée de l'élat de siège. (rCiloyens représentant», disait-il dans sa prucianiation , les satellites des des])ole3 ont fui de devant vos murs; votre courage a secondé celui des troupes; vous avez >aincu vos ennemis : votre territoire est libre coninic vos personnes le seront toujours. . . » (Cf. Foucart et Finot, II, i3i.)

''' Le ao septembre, le Comité de salut public avait ordonné l'arrestation du géni'ral en rbef Ilourbard , des généraui Landrin, Duniesny, Demars, Josopb de

Hédouville et Reribelniy, et de l'adjudant général Gay de Vernon (Cf. Aulard, VI,

''' Le Comité de salut public écrivit de nouveau, le a 5 septembre, aux représentants près l'armée du Nord et insista sur la nécessité de surveiller les oiliciers suspects. (Cf. Aulard, Vil, 56.)

'•' Les représentants du peuple suivaient sur ce point les recommandations du Comité de salut public. A l'armée du Rbin ils avaient élevé, le ao septembre, le cbef d'escadron Carlenc au grade de général de brigade.

ISO CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARISOT. [ai sept. 1793,]

LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE

Paris, 11' ai septembre 1798, l'an 11 de la République une el indivisible.

LES REPRESENTASTS DV PEVPLE, MEMBRES DV COMITE DE SÀLVT PUBLIC, AU CITOYEfi MINISTRE DE LA GVBRRE.

Nous recevons, citoyen ministre, votre lettre du 20 de ce mois, sur la nécessité de prendre des mesures pour la fourniture de 3 00,0 00 redingotes aux troupes de la République.

Quoique les administrateurs de l'habillement ne puissent point faire d'achats, vous ne manquez pas de moyens pour l'exécution de notre arrêté du 3i août'", soit en chargeant les administrateurs de district ou les municipalités de la confection de ces redingotes, soit par d'autres voies quelconques. C'est à vous, citoyen ministre, à examiner quel moyen serait le plus avantageux à la République; mais il est de la plus grande instance que vous vous décidiez très proraplement '-'.

Carnot, Jkainbon Saint-André, C.-A. Prieur, Collot-d'Herbois, Billaud-Varenne.

(Orig. , Arcli. nat. , AF II 4i3.)

''' Cet arrêté ordonnait de faire fabriquer sans délai 3oo,ooo redingotes à l'usage des troupes (Cf. Aulard, VI, soa).

'*' On lit en tête : «Les corps adiniiiis- Iralifs sont déjà cbargés d'babiller les volontaires de la réquisition; ils ne peuvent pas y satisfaire. On ne peut compter sur celte ressource que pour très peu. L'administration de riiabillement a I)eaucoup de drap bleu, mais elle sera obligée d'en faire l'emploi pour rbabillemenl que les déparlements ne pourront pas fournir; on ne peut donc l'employer pour redingotes. Le ministre veut-il proposer au Conseil de mettre en réquisition tous les draps de couleur propres à faire des redingotes, jusqu'à concurrence de la quantité nécessaire pour compléter le nombre que l'adininistration pourra fournir ou (|ui ne se

trouve point dans les magasins militaires, ainsi que le Conseil vient de le faire pour les couvertures??! — La question de l'babilleinent el de l'équipement des troupes préoccupait justement le Comité de salut ])ublic. Les dilapidations de l'administration étaient telles que la Convention avait, le 3 août 1793, fait arrêter les gardesmagasins de l'babillement des troupes, tant à Paris que dans toute la France. On mit à l'ordre du jour de l'armée du Nord du 18 au 19 octobre 1798 : «Le ministre de la guerre prévient l'armée qu'il existe dans les magasins de la République 80,000 redingotes; elles sont destinées seulement pour les troupes qui, pendant l'biver, resteront sous la tente ou bivouaqueront; mais, dans toute autre circoiistaure , nui ne pourra en obtenir.»

[ai SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ.

6t. PARIS, 9 1 SEPTEMBRE «ygS.

LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU MIMSTBE DE LA GUERRE BOUCIIOTTE

Analyse. — Envoi de la copie d'une commission donn(''e,ie 6 septembre 1793, par le conseil général de la commune d'Amiens, à Gérard Sceilier'^', ofTicier municipal, et Lefèvre, notable, à l'effet de traiter avec les fondeurs de Rouen pour fournir du canon en échange du métal des cloches descendues ^"^'.

(Minute, Areh. nat., AP 11 in.)

PABIS, 9 1 SEPTEMBRE 1793.

LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE AC COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Analyse. — II regrelle que la Convention ait pris le décret du ao septenibie sur les Piirôlemonls, et il envoie copie des lettres qu'il avait fait préparer pour assurer à la cavalerie un rerrutcnient immédiat, abondant et choisi.

(Orig. , Arcb. de la guerre, corr. générale.)

LES GÉNÉRAUX CHAPOY, DE LAU>AY, GIACOMOM , MENOU ET RO.NSIN AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.

Analyse. — i° Le général Chapuy "' écrit de Cambrai pour annoncer que ronnemi a frappé de réquisition la paroisse de Carnières. Il mande (jue depuis

'•> Marcliand de draps, député suppléant de la Somme à la Convention, appelé à siéger le a-j frimaire an n ( 17 déreinlirc 1 798) en reniplaremenl de .Sillery.

'" Cr lettre dos n-présciilanls Dclarrolï, Legendre et Loucliet, datée de Rouen, le 1 y seplendire 1 79.3 , et n-ile des roiiiniissaires de la municipalité d'Amiens à ces représentants, en date du 11 septembre.

(Arrh. nat., A F 11 lui.)

'■" Hené-Bernard (iliapuy, né à Nancv le 18 juin fjhii, soldat au régiment des colonies le 6 septembre 17G5, sergent en

novembre 1 76C , fourrier en décembre 1770, engagé au régiment de la Guadeloupe et end)ar(|ué pour les îles du Vent le mS déceud)re 177a, sous-lieutenant le 1" mai 177.^, lieutenant le 4 février 1 779, aide de camp du gouverneur du Sénégal de t78.'J au 1" janvier 1786, cbef du 3* bataillon franc de l'armée du Nord le 1" août 179a, général de brigade à l'armée du Nord le fi septembre 179.1, blessé de doux coups de sabre et fait prisonnier le 7 floréal an u (aO avril 179'!), rentré en France par écbangc le 1" vendémiaire

182 CORRESPOND ANC K GENERALE DE GARNOT. [ai sept. 1798.]

la levée en masse, on voit heaucouj) de jeunes (jens de dix-huit à vingt-cinq ans éniigrer pour prendre parti avec les Autrichiens. (Orig. , Arch. delà guerre, armée du Nord.) — a" Le général de Launay '"' se plaint des malversations qui se coinmetlent dans les fournitures de fourrages et mande que depuis six semaines on fait ohsei-ver à la cavalerie de l'armée de la Moselle des jeûnes qui ne sont pas prescrits par le calendrier- de la Gonvention. (Analyse, Arch. de la guerre, reg. du Gomité de salut public, G, fol. 599.) — 3° Le général Giacomoni écrit de Per])ignan que, le 17 septembre, la position du Vernet et le camp de Peyrestortes ont été enlevés. Gette jom-née, décisive pour le succès des annes de la République, est due en entier à la valeui- de nos troupes, rr Cette victoire, dans les circonstances où elle est remjwrtée , va produire un grand effet sur tous les esprits. Elle ranime la confiance, terrasse les coujjables espérances des ennemis de la patrie, et l'odieuse aristocratie, le vil égoïsme, la trahison jierfide cachent leui's têtes insolentes que les sans-culottes achèveront bientôt d'écraser'''.n (Orig., Arch. de la guerre, armée des Pyrénées orientales.) — 4° Le général Menou écrit de Paris qu'il est arrivé h midi dans cette ville, de l'armée des Côtes de la Rochelle , par ordre du ministre de la guerre ; qu'il s'est présenté aussitôt au Comité pour lui remettre les lettres des représentants et du général Rossignol, mais qu'il n'a pas été reçu. 11 attend en conséquence les ordres du Comité. (Orig. aut. , Arch. nat. , DXL 11, carton n° 3.) — 5° Le général Ronsin mande qu'il y a pénurie de chevaux à l'armée du Nord et qu'il faut remonter les corps de cavalerie. (Analyse, Arch. de la guerre, reg. du Gomité de salut public, G, fol. 5o5.)

an IV (93 septembre 1795), réintégré en brumaire an iv (octobre 179,5), admis à la retraite le 3 nivôse an vu (a3 décembre 1798), mort à Etain (Meuse) le i5 avril 1809. Le général Chapuy avait fait sous l'ancien régime les campagnes d'Amérique de 1778 à 178a.

O Jacques-Charles-René de Launay, ué à Sainl-Pierre-sur-Dives (Calvados) le ti/i avril 1788, fils d'un docteur en méderino, entré au service dans les gendarmes écossais le 37 décembre 1756, dragon au régiment d'Orléans le a5 avril 1760, maréclial des logis en septembre 1 761 , porteguidon le 1" mars 1768, congédié le 1" octobre 1766, rentré dans les gendarmes de la garde le i3 avril 1768, réformé le i5 décembre 1770, capitaine à la suite de l'infanterie le a 9 mai 1778, attaché au régiment de Limousin le 3 juin 1 779 , premier capitaine di! remplacement le ao novembre 178/1, chevalier de Saint-

Loius le a3 décembre 1787, réformé le 1" mai 1788, élu lieutenant-colonel du II' bataillon des volontaires de la Moselle le a5 août 1791, général de brigade le 3o juillet 1793 et de division le ao septembre suivant, général en chef provisoire de l'armée de la Moselle le 1" octobre 1 793 , destitua le 8 brum;iirc an 11 (39 octobre 1798), réintégré le i3 floréal an m (a mai 1795), commandant de la citadelle de Strasbourg le to messidor an ni (a8 juin 1790), retraité le t3 pluviôse an IV (2 février 1796), chevalier de la Légion d'honneur le ag mars i8o5 , grand prévôt à Aix le 99 janvier 1810, mort à Ouville (Calvados) le 11 janvier i8a5. Le général de Launay avait fait sous l'ancien régime les campagnes de Hanovre de 1 7.")7 à 1769. 11 signait Reiw Launay ou René Delauiuty.

'*' On lit en tête : tReçu le 1" octobre. 71

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