‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 80 sur 191 · LES GÉNÉRAUX BEAHRGARD ET FAVART AU COMITE DE SALUT PUBLIC · texte numérisé non relu

LES GÉNÉRAUX BEAHRGARD ET FAVART AU COMITE DE SALUT PUBLIC

Analyse. — 1° Le général Beaiirgard '"' écrit de la Réunion-sui--Oise (Guise) qu'il s'allend à une attaque de la part des Autrichiens. Ses forces consistent en 800 hommes de troupes expérimentées et i5o cavaliers. Le surplus est composé de bataillons de nouvelle levée. Beaurgard a formé un camp retranché en avant de la ville pour exercer ces nouvelles troupes. Il redoute une attaque, qu'il ne serait pas en mesure de repousser. Le contingent des districts de Péronne et de Montdidier, arrivé aux postes de Landrecies , a rétrogradé par suite d'une panique, ir Je suis parvenu , de concert avec le général Parant '*' et le district de Saint- Quentin, par des mesui-es promptes et fermes, à faire retourner celte colonne fugitive à sa destination. Les ennemis du bien public avaient aussi sollicité h la désertion des jeunes citoyens réunis dans mon camp. Déjà l'appréhension de la fatigue et les suggestions perfides en avaient fait disparaître un certain nombre. J'en ai fait raser deux solennellement et à la tête du camp. J'ai lieu d'espérer (pie cet exemple contiendra les autres.» (Orig., Arch. de la guerre, ai'mée du'Nord.) — 9° Le général Favart écrit de Lille pour exposer l'état des subsistances de celte place et demander de prompts et importants secoui's. (Analyse, Arch. de la guerre, corr. gén.)

'" Charles- Victor Beaurgard, dit Woirgard, ne à Meti le )6 octobre 1764, fils d'un ancien militaire, engagé au régiment suisse de Dicsbacli en 'août 1784, caporal en juin 1784, sergent en février 178.5, congédié en janvier 1788, lieutenant au 1" bataillon de la Seine -Inférieure le 16 janvier 1 793, adjudant-major le 1 4 mars 179a, lieutenant- colonel en second le 10 septembre 179a, général de brigade provisoire le 13 avril 1798, confirmé le 3o du même mois, suspendu le 9 octobre 1798, mis en liberté le 10 août 1794, réintégré et employé à l'année de l'Ouest le 17 du mdme mois, réformé le i4 mai 1 795 , remis en activité à l'année de l'Ouest le .3i août 179», destitué le 3o janvier 1796, réintégré le i3 décembre suivant, remis en activité le 3o juillet 1799, réformé le a 1 mai 1801, commandant d'armes de la place d'Alexandrie en Piémont le 1 1 février 1 80a , réformé le 4 septembre 1802, remis en activité le 17 avril

1 809 , commandant d'une brigade de dragons à l'armée d'Espagne le 19 juin 1809, tué au combat de Valverde, près de Badajoz, 19 février 1810.

'" Barthélémy -Etienne Parant, né à Lesse (Meurthe) le aGjuillet 174a, soldat au régiment de Foix le i3 juin 17C3, caporal le 1" juillet 1764, sergent le 17 avril 1765, fourrier le 19 mai 1766, adjudant le 1" juillet 1776, porte-drapeau le 8 avril 1785, lieutenant le 16 septembre 1791, capitaine le la janvier 1799, général de brigade à l'année du Nord le 37 août 1793, général de division le aa brumaire an 11 (la novembre 1793), a cessé ses fonctions le i3 thermidor an m (a juillet 1795), réformé le 6 fructidor an III (a septembre 1795) et retraite le 11 germinal an iv(3i mars 1796), retiré à .Sainl-Gobain (Aisne), mort le 17 février 1817. Le général Parant avait servi à Saint-Domingue de 176a à 1765 et avait fait la campagne de Genève en 178a.

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CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [aOsiin. lyy.S.]

GAVRELLE, 96 SEPTEMBRE i '] ^^ ■ LE GÉNÉRAL JOURDAN AC MINISTRE DE LA GUERRE BODCHOTTE.

Au quartier général de Gavrelle, lo 26 septembre 1793, i l'an II de la lUpublique française, une et indivisible.

LE CITOYEN JOVRDAy , GÉnÉRÀL B;V CHEF BE L'ABMÉE DU XORD , AV MINISTIIE DE LA GVEKnE. .

Je suis arrivé hier au soir, citoyen ministre, et j'ai pris le commandement de l'armée du Nord. J'y ai trouvé le tout dans un si g-rand désordre que je ne peux pas encore connaître positivement Je nombre des troupes que j'ai à conunaiider, ni les officiers généraux qui sont sous mes ordres. Le citoyen Emouf , chef de l'état-major, travaille à mettre de l'ordre dans celte partie et j'espère qu'il y réussira. Je désirerais avoir pour mon adjudant général le citoyen Duchenoy, lieutenant au 2' bataillon de la Haute-Vienne, et qui est mon aide de camp depuis que je suis ofReier général '''; ce jeune homme est du plus grand courage, professe les principes du plus pur républicain et a beaucoup de connaissances. Je vous demanderais pareillement ])our aides de camp les citoyens Calate et Dalesme '*': le premier est capitaine des canonniers au a' bataillon de la Haute- Vienne et n'a pas subi le malheureux sort du bataillon qui a été fait |)risonnier au Quesnoy, parce que nos anciens généraux n'ont jamais voulu faire donner des pièces de canon à ce bataillon que j'ai connnandé pendant seize mois, et qu'il est resté à Maubeuge employé avec sa compagnie au parc d'artillerie, où il devient inutde, puisque celte compagnie est sous les ordres des officiers d'artillerie du parc ; le second , sous-lieutenant du 1" bataillon des chasseurs du Hainaul, à Jeumont, près Maubeuge. C'est un jeune homme d'un courage rare , qui est frère du citoyen Dalesme , chef du 2" bataillon de la Haute- Vienne '''. Je vous observerais qu'il me mampie beaucoup d'officiers généraux. J'ai trouvé à l'armée des divisions qui n'ont seulement pas de généraux de brigade. Je vous prie de m'en envoyer '''. Je vous préviens que plusieurs officiers, nommés généraux dans l'armée des Ardennes, s'adressent à moi pour demander leur destination '''. Il m'est impossible de la leur fixer, puisque je ne connais pas celte armée '"' ; il serait donc à propos de nommer un général en chef à l'année des Ardennes, qui recevrait toutes ces diverses récla-

"' On Ut en marge ces mots autographes de Boucholte : tt L'ordre est donné d'expédier, n

(^' Boucholte a écrit en marge : ttlls sont expédiés, n

'^> Jean-Baptiste Dalesme, né à Limoges le 20 juin 176.3, lieutenant -colonel dn 1" bataillon de la Haute-Vienne le 1 1 octobre 1791, général de brigade le 1 1 septembre 1793, mort à Paris le i3 avril i832.

t*' Boucholte a écrit en marge : irLui envoyer le tableau des officiers généraux du Nord.»

('' Boucholte a écrit en marge : «Lui envoyer celui des Ardennes pour qu'il puisse donner les indications qu'on lui demande, n

*" Boucholte a écrit en marge : «Le renvoyer à la lettre qui lui a été écrite précédemment sur l'armée des Ardennes.

Le général en chef est Ferrand. •>

[30 SBPT. 1793.] CORUESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. il 1

mations qui me sont adressées et auxquelles il m'est impossible de pouvoir n;pondre.

JOURDAN

( Orig. , Arch. de la guerre , armée du Nord.)

DCNKERQDE, 96 SEPTEMBRE lygS.

LES nEPRÉSENTANTS TRCLLARD ET BEBLIER AU COMITE DE SALUT PUBLIC.

Doniierque, le 36 septembre 1793, l'an 11 de la République une et indivisible '".

Les REPRÉSEUTÀyrS DV PEUPLE, ESTOTES PRÈS I'àRUBE DU ttORD , AU COMITÉ DB SALVT PUBLIC.

Nous avons reçu aujourd'hui, citoyens collègues, vos trois lettres en date des 19'*' et ai ''' de ce mois. L'avis que vous nous donnez a éié par nous aussitôt transmis à un comité de surveillance composé de tout ce qu'il y a do patriotes les plus prononcés et qui veillent avec nous.

La situation de Bouchard n'a pas ici produit de sensation désagféidjle. L'année est bonne, et la créature de Gusiine n'est regrettée de personne. 11 peut encore exister des traîtres , mais le règne de l'idolâtrie est passé et nous devenons de vrais républicains.

Trdllard, t. Berlier.

(Orig., Arcb. nal.. AF ir a38.)

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