‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 83 sur 191 · CARNOT AUX OFFICIERS MUNICIPAUX DE DUNKERQUE · texte numérisé non relu

CARNOT AUX OFFICIERS MUNICIPAUX DE DUNKERQUE

Paris, le ''' septembre 1798, l'an n delà République française.

LAZàBK CâKHOT, BKPKBSgXTAXT DO PEUPLE, AUI OFFICIERS MVmCIPAVX DB LA VILLE DE DVUKBRQVE.

Je reçois en ce moment, à mon retour du quartier général de l'armée, du Nord'-', votre lettre du a 5 de ce mois relative aux besoins d'habillement des bataillons; je mettrai au plus tôt sous les yeux du Comité votre demande tendant à obtenir la sortie de 700 aulnes de drap.

Gautliier le 20 septembre 179.3, refuse res fonctions, retraité le aa vendémiairo an 11 (i3 octobre 1798), mort à Perpignan le 3 décembre 1819. Le général de Leslrade avait fait les campagnes d'Allemagne en 1761 cl 176a, el d'Amérique de 1777 à 1783. Il avait conquis son grade de brigadier au siège d'York-Town.

'■' La date est en blanc.

C' Carnol avait clé envoyé à l'armée du

Nord par arr(5lé du a3 septembre 1798.

{(.(. p. 197.) — Il olail de retour à Paris le 28 el il s'empressa, le même jour, de renvoyer à l'administration des voitures el selleries de la République la diligence qui avait été mise à sa disposition pour se rendre à l'armée du Nord. (Cf. le reçu de l'administration dans les arcbives de la famille Carnot.) Il ccrivil aussi deux arrêtés. (Cf. Aulard, VI, 100.)

21 'i GOnRESPONDANCE fiiÎNÉRALE DE CARNOT. [aSsEiT. 1798.]

Quant aii\ nouveaux fonds dont vous avez besoin pour continuef les travaux de votre comité militaire, ils peuvent être mis à votre disposition par nos collègues ïrullard et Bci'lier; c'est à eux qu'il convient de vous adresser, et je ne doute pas qu'ils ne s'empressent de vous seconder de toutes leurs forces dès qu'ils auront reconnu par eux-mêmes le zèle et la pureté des membres qui composent le comité militaire. Il est certain que nos troupes sont dans le dénuement le plus absolu et ont le plus grand besoin de secours.

Vous avez pu remarquer, citoyens, que le Comité de salut public n'a pas perdu un moment à faire droit sur votre réclamation concernant les 20,000 livres que, par la loi du 1 1 mai, la commune devait payer '". Par cet acte de prompte justice, le Comité a voulu donner à nos braves frères de Dunkerque im témoignage de la satisfaction que lui a fait éprouver la belle conduite qu'ils ont tenue pendant le siège qu'ils ont essuyé; mais je ne vous dissimulerai pas, citoyens ofiiciers municipaux, que nous avons été péniblement affectés d'apprendre que ces mêmes hommes , qui venaient de se couvrir de gloire , sollicitaient une exception pour ne point sortir de chez eux, au moment où tous les autres citoyens de la République s'empressent d'abandonner tout ce qu'ils ont de plus cher pour se réunir aux armées actives. Sans doute, si une exception devait avoir lieu , ce devrait être pour les citoyens de Dunkerque, mais cette distinction serait humiliante et donnerait un exemple funeste; car déjà nombre de communes nous adressent de sem-

'') Les représentants Trullard et Berlier avaient transmis, le no septembre 1793, au Comité ime protestation de la ville de Dunkerque contre un décret de la Convention, en date du 11 mai 1798, accordant un secours provisoire de a 0,000 livres au citoyen School comme indemnité d'un pilla|;e commis dans cette cité en 1791. Voici un passage de cette lettre ^Orig. , Arcli. uat. , AF II lig) :

ffVous ne manquerez pas de convenir avec nous qu'il est dur de faire payer à une commune le dommage pour lequel toute action lui était déniée contre ceux qid l'avaient causé, et cette seule raison devrait déterminer le rapport du décret , parce que la justice est blessée. Il y a dans les circonstances un motif de plus : c'est une marque

de gratitude envers les lial)ilants de Dunkerque pour la bonne conduite ([u'ils ont tenue pendant le siège. Enfin nous regardons cette mesure comme politique et pressante. Les derniers mouvements de l'ennemi peuvent bien rapprocher l'ennemi de ces murs et l'on s'attache les hommes par les bienfaits, et surtout par les réparations des griels. Ceci est, plus qu'on ne pensera d'abord, une mesure de sùrejté générale. n Le aS septembre 1798, le Comité de salut public avait fait droit aui justes réclamations des Dunkerquois et, sur les conclusions de Barère, rapporté le décret du 1 1 mai précédent et ordonné que les 30,000 livres seraient à la charge du Trésor national. (Cf. Moniteur du a8 septembre, XVll, 706.)

blahles n'clamations, fondîmes sur ce même exemple et sous prétexte (le vouloir défendre leurs foyers, de sorte que la levée extraordinaire, sur laquelle nous fondons notre espoir, s'évanouirait en entier, si vous ne décidiez vos concitoyens à ce nécessaire et glorieux sacrifice. Nous ne doutons pas qu'ils ne s'empressent à se réunir à leurs frères d'armes , et nous écrivons à nos collègues TruUard et Berlier pour qu'ils veuillent bien se concerter avec vous sur cet objet important '''.

Gabnot.

aux officiers municipaux de la ville de dunkerque '^'.

(Orig. , arcb. uiud. cIo Dunkerque, A 3li, pièce n° 6&.)

GAÏBELLE, a8 SEPTEMBRE lygS.

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