‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiquesChapitre 98 sur 191 · LE MINISTRE DE LA GCEBRE BOUCHOTTE AU GÉNÉRAL PICHEGRU · texte numérisé non relu

LE MINISTRE DE LA GCEBRE BOUCHOTTE AU GÉNÉRAL PICHEGRU

LB MIKISTRS DB H OVBRRE AV GÉSBRiL PIGHB6RV , COMMÀNDAfIT L'ARMÉE Da RHlfl , AV QUARTIER CÉSBRAL i WISSBMB0DR6.

Je VOUS ai envoyé avant-hier, général , un arrêté du Conseil exécutif, approuvé par le Comité de salut public , qui vous investit du commandement en chef provisoire de l'armée du Rhin. Je m'attends que vous êtes à Wissembourg et , qu'ayant à votre disposition toutes les forces du Haut et Bas-Rhin , et vous concertant avec le général de Launay, qui commande celle de la Moselle, vous rétablii-ez bientôt les affaires de la République. La patrie doit espérer que l'esprit qui vous anime fortifiera le courage et la bonne volonté de nos frères d'armes , au lieu de les abattre , ainsi qu'ont fait certains généraux malveillants. Il est temps de purger les armées de tous les officiers suspects; attachez-vous à les découvrir; envoyezm'en les noms ; c'est un devoir de les écarter de l'armée.

Je vous ai adressé hier un courrier pour faire amener à Paris le général Landremont '"'.

J'ai reçu votre lettre de Blotzheim du a8 septembre. Les bonnes dispositions dans lesquelles vous présumiez que sont les Suisses à notre égard ne peuvent que plaii-e à des répuhlicains qui voient que ce peuple aime aussi sa liberté'*'. Cependant il convient d'avoù* toujours une certaine méfiance des gouverneurs, tout en se prêtant à entretenir la concorde. Le Conseil exécutif vous a autorisé à nommer celui des officiers généraux que vous aurez cru le plus en état de vous remplacer sur le Haut-Rhin. Vous lui donnerez vos instructions sur sa conduite militaire et politique '''.

Écrivez à tous généraux de division , commandants de camp , cantonnements et places pour leur donner les ordres et l'ensemble convenables , pour leur demander tous les rapports et les comprendre dans celui général de l'armée que vous commandez. Chacun n'a que trop voulu avoir son armée à part , et toutes ces petites prétentions ont nui au succès de nos armes. Les forces se sont trouvées trop éparses, tandis qu'en attaquant en masse nous battrons toujours nos ennemis. Qu'ik ne soient point prévenus des mouvements ; tâchez au contraire cpie tout le monde prenne le change sur vos projets ; interceptez toute correspondance , toute

'•' Cet ordre ne parvint pas à Pichegru, qui le déclara dans une lettre adressée au général Carlenc de Blotzheim , le 1 1 octobre 1793. (Orig., Arcli. de la guerre, armée du Rhin.)

<'> Cf. à ce sujet une lettre de Barthélémy au ministre des Affaires étrangères Deforgues, le a 3 septembre 1793 (Papiers de Barthélémy, p»bKés par Kaulck, 111.

79), et une lettre de Bâcher au même, datée de Bàlo, 39 septembre, où ce diplomate raconte qu'il a causé ta veille, dans le château de Blotzheim , avec le général Pichegru <t de nos relations avec les Suisses et des ménagements qu'elles exigeaient.»

'■'' Pichegru remit à la fm d'octobre le commandement de la division du Haut- Rhin au général de brigade Scherer.

[6ocT. 1793-] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 259

communication avec l'ennemi ; ne recevez point de pariementaires dans les places, ni au quartier général ; qu'ils restent aux avant-postes et que leiu^ paquets vous soient apportés par des ordonnances ; que la police des camps , des lignée et des places s'y fasse exactement et qu'il ne s'y introduise point de gens suspects. Enfin électrisez l'esprit des troupes; donnez-leur confiance dans leur courage, leurs forces , leurs positions , dans le peuple qui est derrière eux et dont ils ne sont que l'avant-garde , et vous serez étonné vous-même de ce que peut l'amour de la liberté chez des soldats républicains conduits par de véritables sans-cidottes.

Je vous envoie un courrier; j'espère qu'il rapportera de bonnes nouvelles. Je suis inquiet , d'après les dernières que j'ai reçues. Mais j'ai confiance dans vos talents et votre patriotisme et dans le sage emploi que vous savez faire de toutes vos ressources. Tâchez de connaître à fond celles de l'ennemi ; donnez toute votre attention h bien monter votre espionnage. Si vous avez besoin de fonds , marquezle moi ; je vous aiderai en tout. Jusqu'ici l'espionnage , dans la plupart de nos armées, était absolument contre nous et en faveur des ennemis, presque tous no» états-majors étaient gangrenés d'aristocrates, de fédéralistes et d'intrigants. .Ayez grand soin de vous bien entourer et de ne confier la partie secrète qu'au plus sé- . vère républicain; enfin ne négligez rien pour faire triompher promptement la cause de la liberté.

(Arch. de la guerre, armée du Rhin, reg. 47, p. 19.)

ARRAS, fi OCTOBRE 1798.

LE GKNÉRAI, JOURDAfi AU Ml.MSTRE DE LA GUERRE BOUtHOTTE.

A Arras, le 6 octobre 1793, l'an 11 de la République.

LE ClTOYBli JOORDàH AU ClTOJEfi BOVCnOTTB , MlflISTRF. DE LÀ GUERRE.

Citoyen mini»ti*e.

En conséquence de l'arrêté qui met à ma disposition l'armée des Ardennes ''', j'ai écrit au commandant de celte armée de mettre en mouvement, aussitôt le reçu de niadéptkhe, un corps de cinq mille hommes au moins, qui doit se rendre à Philippeville et de là se porter sur Beaumont. Je lui ai donné rendezvous jwur le 1 1 au plus tard. Ce corps est destiné à flanquer ma droite et donner de l'inquiétude à l'ennemi daus cette partie. J'ai donné des ordres au général Fromentin, qui arrive aujourd'hui à Guise, de se concerter avec le commandant (les forces qui sont à Hirson. Je ne crois |)a8 avoir encore besoin des troupes du camp de la Réunion-sur-Oise. Je ne pourrai les employer que pour regarnir les

'*> Arrêté du Comité de salut public, en date du a octobre 1793. (Cf. Aulard, VII, 18a.)

260 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [6 oct. 1793.]

einplaceiiients dont j'aurai tiré des troupes sur la frontière. Je serai demain à Guise et je compte vous donner sous peu les détails de l'attaque que je médite <^t que je ferai le plus tôt qu'il nie sera possible. 11 me larde de chasser de noire lerritoirc les brigands qui l'infestent. Croyez au désir que j'en ai , comme à mon paifait dévouement poiu- la République.

Salut et fratei-nité.

(Ori(j. , Arcb. de la guene, armée du Nord.)

JOUKUAN.

LE GÉNÉRAL LAUBADÈRE AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Atuilyse. — 11 applaudit au projet d'une descente en Angleterre et demande qu'on fasse rechercher dans les papiers du ministre Le Brun un mémoire qu'il a rédigé a ce sujet.

(Analyse, Arch. de la guerre, reg. C du Comité de salut public, DC, p. 575.)

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