‹ Correspondance généraleChapitre 11 sur 122 · A JEAN WALLON · texte numérisé non relu

A JEAN WALLON

[Rue Saint-Louis en l'isie, presque en face la rue Boutharel, Paris. -C.B.] 23 Mars 1857.

Mon cher ami, je vous remercie profondément, non pas pour vos compliments qui dépassent positivement la mesure permise, mais pour quel-

(1) Sans doute une invitation à venir passer une quinzaine à Alençon.

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ques bonnes idées que vous m'avez fournies et que je saurai utiliser ^*l

À propos de notre ami Champfleury, vous êtes injuste. Lisez donc dans la Revue des Deux Mondes un morceau récent où il y a une grâce particulière '^^.

Dites bien à Madame Wallon que je suis incapable d'oublier la date du 29 '^l

Bien à vous.

Ch. Baudelaire.

Quand vous aurez quelque chose à m'écrire, mettez donc un W dans le coin de la suscription ^'*l

^'' La lettre de Jean Wallon à laquelle Baudelaire répond ici (sur papier timbré à sec d'un lévrier portant une lettre dans la gueule) a été reproduite chez E,-J. CrÉPET, p. ^^^-^^S. Les compliments du philosophe avaient trait à la préface des NOU- VELLES Histoires extraordinaires où il disait trouver un beau poëme, et les «bonnes idées fournies», principalement à la distmction du Beau, du Vrai et du Bien. Wallon était un spécialiste de cette question, ayant réluté en 185.J. le fameux ouvrage de Victor Cousin sur ces mêmes concepts.

'*' Dans sa lettre, Wallon avait dit que Champfleury trompait ses espérances, désertant de plus en plus, lui semblait-il, les régions de l'art et du beau pour se voir et se décrire à la loupe. — Le «morceau récent» vanté par Baudelaire : Les Sensations de Josquin ; il avait paru le 1 j mars.

'^) Il n'y a rien dans la lettre de Wallon qui puisse motiver cette prière. Peut-être s'agissait-il tout simplement d'une invitation à dîner pour le 29.

W Dans son horreur des importuns et pour fuir l'obsession de ses créanciers, il arrivait à Baudelaire de laisser passer plusieurs jours sans décacheter son courrier. D'où cette recommandation sans doute. Lui-même d'ailleurs, dans ses billets, accompagnait souvent la suscription de ses initiales, comme on le peut vérifier ici.

A POULET-iMALASSIS.

Mardi, 24. mars.

Mon cher Malassis, la quatrième feuille, que j'ai reçue ce matin, est corrigée avec bon à tirer. Les placards sont corrigés. Je regarde donc le travail comme presque finL

Mais je suis trop inquiet pour vous envoyer quoi que ce soit avant d'avoir reçu de vous :

1. — - La première feuille, recomposée avec la nouvelle dédicace, d'après l'épreuve retournée, portant bon à tirer — y compris cette épreuve, pour que je puisse vérifier.

2. — L'affirmation que vous avez reçu toutes mes lettres, ainsi que les deux feuilles suivantes avec bon à tirer (2" et 3"), et que vous n'aviez pas tiré avant le bon à tirer.

5. — Que je sache si vous avez , dans ces précédentes épreuves, rectifié, de vous-même, le système des guillemets, comme j'ai vu avec plaisir que vous l'avez fait, cette fois.

Vous avez encore oublié de m'envoyer, cette fois, l'épreuve en double, ce qui m'empêche de servir l'Artiste, la Revue française , ou la Revue des Deux Mondes^^l

Quant à la question des frais, n'en soyez pas inquiet. — Je touche l'argent de mes feuilletons au

") Baudelaire y voulait donner des extraits pour «lancer» son livre. Quelques Fleurs parurent néanmoins, avant la mise en vente, dans la Revue française (20 avril) et dans l'Artiste (10 mai).

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