À CASLMIR DE RODE t
16 décembre 1859.
Cette fois-ci, il n'y aura pas de retard.
Des épreuves, je vous en supplie.
Et l'épreuve de l'errata^^^?
Et l'épreuve des vers, si vous les imprimez ^^',
D'autant plus qu'il y a quelque chose à retoucher.
Q^uand j'aurai reçu le n° dernier, je verrai s'il j
a quelque chose à ajouter à l'errata.
Bien à vous.
Ch. Baudelaire.
<') Cf. la lettre précédente, page 385.
(*) Directeur de la Retue internationale, nous l'avons dit, où il signait une «Chronique internationale». On trouve son nom tantôt avec une particule, tantôt sans, et tantôt accompagné du prénom de Carlos, tantôt de celui de Casimir. Il semble n'avoir eu de valeur que celle qu'il s'accordait.
'^) Il y avait eu tant de fautes typographiques dans la première partie d'Eureba que Derode avait jugé nécessaire non seulement de faire un Errata, mais encore de confesser que cet Errata n'était pas complet! (Voir notre édition de cet ouvrage,
W Baudelaire n'a jamais publié de poésies à la Raue internationale qui d'ailleurs était orientée bien plutôt vers la politique que vers la littérature, mais on voit qu'il y en avait envoyé (cf. le billet au même, n° 4.82).
[Place d'Armes à Alençon (Orne).]
16 décembre 59.
Mon cher ami,
J'avais pensé d'abord à aller à 5 heures du soir au Café du Chemin de fer, mercredi. Mais je travaille le matin, dans la journée et le soir. De plus je suis presque toujours sans le sol. C'est une Odyssée pour moi que de traverser Paris''', et que de revenir, surtout quand j'ai des paquets non terminés sur ma table.
Venez à 6 heures du soir à mon hôtel, et comme il n'y a jamais rien à manger quand on les prend à l'improviste, j'aurai som de commander le dîner dès le matin.
II est inutile que je vous expédie vos notices^^l Je vous les donnerai moi-même.
Ah! Guys! Guys! Si vous saviez quelles douleurs il me cause! Ce maniaque est un ouragan de modestie. II m'a cherché querelle quand il a su que je voulais parler de lui'^'.
Bien à vous. ^ ^
('^ II habitait alors avec Jeanne, 22, rue Beautreillis, près de la Bastille, mais avait conservé sa chambre à l'Hôtel de Dieppe, rue d'Amsterdam.
W Les matières des Notices littéraires (L'ART ROMANTIQUE).
W Cf. Le Peintre de la vie moderne (L'ART ROMANTIQUE, p. 56) : «Quand il [M. G.] apprit que je me proposais de faire une appréciation de son esprit et de son talent, il me supplia, d'une manière très impérieuse, de supprimer son nom et de ne parler de ses ouvrages que comme des ouvrages d'un anonyme ».